Brut, la néocantine où manger de bons produits de terroir

Sur un temps de midi, on a poussé la porte de Brut, un petit restaurant lumineux, qui prône les produits de saison et les matériaux recyclés, mais où on ne plaisante pas avec la nourriture, et qui nous a arraché quelques cris d’extase.

TEXTE ET PHOTOS : FLORENCE HAINAUT ET CARLO DE PASCALE. |

Sur papier, Brut est un peu la caricature du resto dans l’air du temps : une histoire de jeunes qui cherchent un projet qui fait sens, des circuits courts, des produits de saison et des matériaux recyclés. Le genre de néocantines qui poussent comme des champignons à Bruxelles, sans qu’on sache toujours très bien si les gens y vont pour la nourriture ou le décor. Mais chez Brut, l’assiette vous fera pousser des grands Ooooh et des petits Aaaah.

Loin du restaurant conceptuel et recyclable, Brut est un vrai endroit où la nourriture est prise au sérieux, autant dans son aspect sociétal, environnemental que gourmand. Faut qu’on vous explique un peu le décor, quand même, vu qu’on insiste dessus : Brut, c’est un petit resto tout lumineux, parquet au sol, banquettes en bois de récup, coussins aux couleurs naturelles, sous-plats en rondins, carrelages vintage, moulures au plafond et peintures bleu pétrole. Y a pas à sourciller, c’est extrêmement joli !

Dans l'assiette

Dès la mise en bouche, un carpaccio de bœuf Holstein au houmous et à la betterave blanche — le genre de truc qui fait un peu rire Carlo, qui n’en peut plus de la mode de la betterave —, on comprend qu’on est plus ou moins partout sauf dans un lieu créé uniquement pour permettre de poster de jolies photos sur Instagram. J’adore ce moment, au cours de nos repas, où on se regarde avec des têtes de chats qui ont vu passer un écureuil, celui où, sans même prononcer un mot, on se dit Mais c’est vachement bien ici !

Notre a priori positif se confirme avec les entrées. Pour moi, un carpaccio de bœuf Holstein fumé et quinoa (qui rappelle tout de même méchamment la mise en bouche, dommage), pour mon voisin d’en face, une salade de saumon fumé (maison, au bois de hêtre, le fumage) et crème de betterave.

Comme il est 13 h et qu’on a encore du boulot, on laisse à regret la carte des vins sur le côté (elle est chouette pourtant) et on prend un jus de fruits frais et un thé glacé maison. En plat, je prends les Saint-Jacques grillées. Mais parfaitement grillées, pas une seconde de cuisson de trop, elles fondent comme des bonbons. Elles sont servies avec une crème de topinambours, une crème de bisque que je terminerai au doigt, des légumes racines grillés, des noisettes et du quinoa (comme dans mon entrée, re-dommage).

Bon, heureusement, le quinoa j’adore ça. Et puis valait mieux que ça tombe sur moi que sur Carlo, qui nous aurait ronchonné un truc sur les céréales et les betteraves. Lui, a opté pour le râble de lièvre, jus au thym et légumes racines, grillés et fondants, parfaits. La cuisson du lièvre est un art délicat et clairement le chef est un artiste. Je n’ai pas grand-chose d’intelligent à dire sur les plats à part Waw et Oufti, deux onomatopées fort pratiques qui évitent les circonvolutions pompeuses pour vous expliquer à quel point c’était parfait.

Verdict

On regrette un peu les redites entre la mise en bouche et l’une des entrées (le carpaccio de Holstein) et le quinoa présent à la fois dans mon entrée et mon plat (et mes dents, mais ça, ce n’est pas de leur faute). Si on voit le verre à moitié plein, on va se dire que c’était cohérent. Ce midi-là, on a mangé à la carte pour découvrir un maximum de plats. On a payé environ 60 € par personne (du coup, j’ai gardé le quinoa entre les dents pour en profiter plus longtemps !). Les entrées sont à 17 € et les plats entre 23 et 30 €. Ce n’est pas donné, faut admettre. Le lunch à 23 € aurait été un choix plus intelligent si on n’avait pas une chronique à écrire. Le vendredi, Brut propose un menu 5 services à 48 € qui depuis nous fait un peu de l’œil. L’endroit fait aussi traiteur et est ouvert toute la journée. N’hésitez pas à passer prendre un café et une pâtisserie maison. Ou le café gourmand, qui était nickel.

L'adresse ? 49 rue Antoine Labarre, 1050 Bruxelles. T. 02 342 09 75. brutfood.be

Suivez So Soir sur Facebook et Instagram pour ne rien rater des dernières tendances en matière de mode, beauté, food et bien plus encore.

Lire aussi :