Carnet de voyage(s) dans le sud #6

Jour de relâche avignonnaise et théâtrale pour notre journaliste. L’occasion d’aller du côté du beau et du bon, dans la région.

Par Isabelle Plumhans. Photos : Isabelle Plumhans, Flickr : Gaël Chardon. |

Jour 6. Où je côtoie l’art, façon stars.

Pour du stylé
Agnès b et ses beautés.

Agnes b., je l’ai d’abord connue créatrice. Entrepreneuse, aussi, à l’initiative de la crème teintée « abricot » de mon adolescence. Sauf qu’Agnès b est aussi une grande dame de l’art, tournée vers l’avant-garde, réalisatrice et collectionneuse infatigable qui possède sa propre galerie depuis 1983. A Avignon, Eric Mezil (commissaire d’ »Un monde qui se noie », à Arles) a sélectionné 400 oeuvres dans la collection de cette passionnée de beau; elles sont exposées à la collection Lambert. De la photographie, des installations, des sculptures, des dessins. Basquiat, Stephen Gill, Alighiero Boetti, entre autres. Coup de coeur pour la Nuit de Noël 1965, danse des corps qui disent l’indépendance toute jeune du pays. L’exposition s’ouvre sur un focus africain, un art cher à la créatrice. L’expo s’appelle « On aime l’art.»; forcément, avec un nom pareil, j’adhère!

On aime l’Art, à la Collection Lambert, 5, rue Violette, Avignon, jusqu’au 30 septembre.

Pour du décalé
Amélie P. P comme photos.

Je l’avais croisée l’an dernier, visitant l’expo de Charles Fréger « Yokainoshima », sur les monstres et rites japonais. Sublime travail, qui l’avait impressionnée. J’avais compris son amour pour la photo, mais je ne savais pas qu’elle s’y adonnait. Cette année, à la demande de Sam Stourdzé, directeur des Rencontres d’Arles, la comédienne Audrey Tautou expose une série de portraits décalés et mis en scène qu’elle fait d’elle… depuis 15 ans. Une façon de passer sa vie au crible de son visage, et de (se) jouer de son statut de star… en quelque sorte. Intéressant. (Profites-en pour visiter l’abbaye où se tient l’expo, joyau d’archi pré-romane: son Ermitage vient tout juste de ré-ouvrir ses portes après 10 ans de fermeture, et le lieu inspira, notamment, Van Gogh.)

Audrey Tautou, Superfacial, à l’abbaye de Montmajour, jusqu’au 24 septembre.

Pour se désaltérer (avec modération)
Tête sur les épaules

Le buste et l’oreille, c’est une allusion aux deux enfants star du pays, Vincent (Van Gogh) et son oreille et César (tout court) et son buste, donc. C’est aussi un bar à vin qui fait table d’hôte, joli décor installé dans les vastes et anciens locaux d’Harmonia Mundi, la librairie musicale. Bois, béton et grandes baies qui laissent entrer le soleil, bonnes ondes comprises. On y prend un verre, on y mange sur le pouce (voire un peu plus), on y reçoit de bons conseils pour ramener un flacon à la maison. Et, hommage à l’ancienne occupation du lieu, un corner vinyle va bientôt compléter l’offre. Le joli plan, hors du vacarme arlésien festivalier.

Le buste et l’oreille, 3-5 rue du Président Wilson, Arles (le lieu est tout neuf, et n’a pas encore de site internet, seulement une page Facebook, peu fournie)

L’objet du jour
Le Pass Grand Sud, pour un séjour pas austère parmi les pierres

Pour un plongeon dans la culture et l’histoire, on note l’existence du pass Grand Sud du centre des Monuments Nationaux. Pour un billet acheté à n’importe quel monument du grand Arles, de Tarascon ou Saint Remy, les autres entrées ailleurs sont à tarif réduit. La culture à prix d’ami, on dit oui !

Lire : "Jour 1. Arles. Où il est question de trains coquins, de photos et de piscine"

"Jour 2. Où on plonge dans le théâtre comme en amour"

"Jour 3. Où il est (ENCORE) question de train à l’arrêt, de chaleur et de coups de coeur qu’on se repasse pour le plaisir"

"Jour 4. Quand la température monte, qu’on se jette à l’eau et qu’on admire la vue. Entre autres."

"Jour 5. Où il est question de vent qui décoiffe, de pause italienne et de rythmes brésiliens qui font du bien."