
Les tendances voyages pour 2025 commencent déjà à se dessiner. La plateforme de voyages Expedia s’y est justement intéressée et dessine deux grands phénomènes sur lesquels il faudra compter dans le secteur du tourisme : les vacances JOMO qui invitent véritablement à la déconnexion et les destinations détour qui proposent de découvrir des lieux dans l’ombre de destinations très touristiques. Mais le guide de voyages Fodor’s a décidé de prendre le contre-pied de toutes ces trends en proposant sa « no list » c’est-à-dire sa liste des endroits du globe à ne visiter pas en 2025.
Quelles sont les destinations idéales quand on a un petit budget ? La réponse en images :
La « no list » de Fodor’s est dévoilée chaque fin d’année. Son objectif ? Mettre en évidence « les destinations où le tourisme exerce des pressions insoutenables sur le territoire et les communautés locales ». La liste se décline en fait en deux catégories : la première concerne des endroits du globe qui souffrent du surtourisme depuis longtemps et pour lesquels pas ou peu de progrès ont été réalisés pour endiguer ce phénomène. La deuxième catégorie, quant à elle, est dédiée aux destinations qui commencent à être progressivement impactées par le tourisme de masse.
Fodor’s détaille : « La liste des destinations à éviter vise à mettre en lumière celles qui souffrent d’une popularité intenable. Ces endroits sont populaires pour de bonnes raisons : ils sont magnifiques, intrigants et culturellement importants. Cependant, certains, très convoités, s’effondrent sous le poids de leur propre popularité. L’un des facteurs clés de ces défis est souvent la tendance des gouvernements à privilégier l’expérience des visiteurs au détriment du bien-être des résidents locaux. Cela peut entraîner des changements irréversibles dans ces destinations, les rendant excessivement chères, homogénéisées, voire détruites. Et soyons honnêtes : visiter de tels endroits ne rend que rarement les voyageurs heureux. Se déplacer dans des villes bondées de touristes est frustrant ; visiter des villes où les habitants n’apprécient pas votre présence est bouleversant ; et se promener dans une nature jonchée de déchets est déprimant ».
Bali (Indonésie)
La première destination citée par Fodor’s est Bali, en Indonésie. Destination incontournable pour les férus de bien-être, Bali est aujourd’hui victime de son succès. Selon le Bureau central des statistiques de la province de Bali, l’île a enregistré environ 5,3 millions de visiteurs internationaux en 2023, ce qui montre une forte reprise par rapport aux niveaux d’avant la pandémie, bien qu’en dessous des 6,3 millions de visiteurs de 2019. « Au cours des sept premiers mois de 2024, le nombre de touristes étrangers est passé à environ 3,5 millions, soit une augmentation de 22 % par rapport à la même période en 2023 ». Le guide de voyages pointe également du doigt la dégradation de certaines plages, autrefois paradisiaques, en raison des montagnes de déchets qui s’accumulent. Un phénomène d’autant plus préoccupant que le système local de gestion des déchets n’arrive pas à suivre le rythme.
Koh Samui (Thaïlande)
L’île de Koh Samui fait rêver avec ses eaux turquoise et ses plages de sable fin blanc. Un tel cadre attire forcément les touristes… et les réalisateurs. L’endroit va en effet être le théâtre de la troisième saison de la série White Lotus. Déjà prisée des visiteurs, Koh Samui risque de voir son afflux touristique augmenter. Elle serait alors concernée par ce qu’on appelle le set-jetting, une tendance voyage qui consiste à se rendre sur des lieux de tournage de nos séries et films préférés. « La destination a déjà retrouvé son niveau de fréquentation d’avant la pandémie : 3,4 millions de touristes sont arrivés l’année dernière, et ce nombre devrait augmenter de 10 à 20 % en 2024 » indique Fodor’s. À l’instar de Bali, Koh Samui est elle aussi impactée par une crise des déchets. Un membre de l’Institut de l’environnement thaïlandais révèle à Fodor’s que Koh Samui génère entre 180 et 200 tonnes de déchets par jour. Quand on sait que l’île a une surface de 228,7 km², on devine assez rapidement que les déchets risquent de devenir un problème de plus en plus important.
En parlant de set jetting, découvrez en vidéo six destinations à découvrir inspirées par les fictions :
L’Everest
La montagne était autrefois la chasse gardée des alpinistes. Mais ça, c’était avant. Elle est aujourd’hui le terrain de jeu de tout le monde, à commencer par les influenceurs. Il n’y a qu’à voir le phénomène autour de Kaizen, le documentaire d’Inoxtag sur son ascension de l’Everest pour s’en rendre compte. Conséquences, les visiteurs sont de plus en plus nombreux sur le plus haut sommet du monde. Avec à la clé de nombreuses dérives. Fodor’s explique : « Les touristes sans expérience de la montagne peuvent payer un travailleur local pour transporter leurs provisions, ce qui leur permet de vivre une aventure qui serait autrement hors de portée de la plupart des gens. C’est un problème de sécurité majeur, car les travailleurs locaux courent un risque plus élevé de blessure ou de décès lorsque leurs clients sont inexpérimentés ».
Le parc national de Sagarmatha, qui abrite l’Everest, a vu son nombre de visiteurs plus que doubler au cours de ces 25 dernières années. Environ 58 000 personnes le visitent chaque année. L’Everest est devenu un lieu de consommation. Les déchets s’accumulent là aussi dans les camps de base et sur les sentiers. Les visiteurs et les travailleurs produisent 790 kg de déchets par jour pendant la haute saison.
De grandes villes européennes
L’Asie n’est pas le seul continent touché par le tourisme de masse. L’Europe est elle aussi concernée, à l’image de Barcelone, en Espagne. Les locaux sont d’ailleurs descendus dans la rue pour clamer leur mécontentement avec sur les murs et les façades le même slogan « tourists go home » pour « touristes, retournez chez vous ». Parmi les destinations à éviter, Fodor’s recense également Lisbonne. La capitale portugaise ne cesse de séduire les touristes chaque année. Les conséquences sont nombreuses pour les locaux avec une hausse du coût de la vie et du logement. Les Lisboètes n’hésitent d’ailleurs pas à quitter leur ville. Lisbonne a perdu 30 % de sa population en 11 ans. Le guide de voyages cite également l’île de Majorque, les îles Canaries et Venise parmi les destinations à éviter. Pour mieux les protéger elles et leurs habitants.
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