
C’est l’une des adresses les plus emblématiques du centre-ville. Le Belga Queen fermait ses portes il y a trois ans à la suite d’une faillite. La brasserie haut de gamme imaginée par le chef et architecte d’intérieur Antoine Pinto affichait salle comble à son heure de gloire. À l’ouverture, en 2002, on faisait même la file pour voir les toilettes « transparentes ». Puis le piétonnier et la pandémie ont eu raison de lui.
La version 2024 du Belga Queen, ça dit quoi ?
Septembre 2024, l’adresse historique se redévoile aux gourmands bruxellois et aux touristes. Les nouveaux exploitants ont totalement remis l’ancienne banque du 18e siècle au goût du jour. La majestueuse verrière refait surface et les blasons des provinces belges brillent étincelants aux murs. Les lieux ont conservé toute leur authenticité, mais la déco et les nouveaux équipements ont été adaptés aux attentes des clients de 2024.
L’effet « wahou » est toujours d’actualité. Un restaurant avec autant d’espace au sol qu’au plafond, c’est quelque chose. Il y a toujours ces fameuses colonnes, et ces éléments de ferronneries style Empire… Il suffisait finalement de remplacer l’ancien mobilier tombé en désuétude par de jolis fauteuils minimalistes bleu paon pour rehausser le look sans toucher au mythe.
Au menu ?
Quant au nouveau menu, il est signé par le chef étoilé Wouter Van de Vieren, qui mixe recettes traditionnelles et twists modernes. Tous les ingrédients sont d’origine belge. Une cuisine raffinée qui se veut à la hauteur de la grandeur des lieux… mais aussi des prix. Comptez 36€ le waterzooi, 54€ la sole meunière ou 44€ le filet de chevreuil. Le meilleur indicateur de prix reste le steak tartare, affiché ici à… 32€.
Heureusement, la qualité et le goût sont au rendez-vous. Grâce à une viande rouge des Flandres de très grande qualité, coupée soigneusement à la main et accompagnée de frites délicieuses. Pari tenu aussi pour le canard sauvage et foie gras surmonté d’un alléchant sirop de Liège et accompagné de champignons sauvages de croquette aux amandes (36€). On notera aussi l’extrême fraîcheur de la demi-douzaine de Gillardeau au goût délicatement noiseté, mais impayables elles aussi (30€).
Le point fort : l’écailler
C’est forcément l’un des points forts du Belga Queen. Son écaillé situé à l’entrée, à nouveau complètement préservé dans les rénovations, pour proposer un bar à fruits de mer dans l’épure où l’on peut simplement venir déguster une douzaine, du homard, des crevettes et bien plus encore. Juste en face, le bar à cocktails propose de siroter un Lily’s, cocktail signature du Belga Queen, ou une sélection de vins belges. Seul bémol, le service, que l’on aurait espéré beaucoup plus attentif vu le prix du menu.
S’offrir un petit revival
Reste à savoir si l’adresse du nouveau couple d’exploitants, Nemo Luyckx et son épouse Lilit Miskaryan, connaîtra la même aura sans la signature BQ d’Antoine Pinto. Ce concepteur de projets fous dégainait à l’époque des adresses que les Bruxellois, et même les Parisiens, n’avaient jamais croisées de leur vie. Une liberté d’esprit totalement révolutionnaire à l’époque, mais que l’on retrouve dans de plus en plus d’adresses bruxelloises aujourd’hui. Le Belga Queen ne fait plus mouche comme avant, et il affiche surtout des prix démesurés. Ce qui ne l’empêchera sans doute pas de retrouver tout le food gotha de la capitale. Pour les nostalgiques des toilettes transparentes portes ouvertes et de la fameuse salle des coffres, c’est le moment de s’offrir un doux pèlerinage.
Infos :
Où ? Rue du Fossé aux Loups 32, 1000 Bruxelles
Quand ? Du dimanche au jeudi de 12h à 22h et le vendredi et samedi de 12h à 23h
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