
Café Costermans a ouvert ses portes il y a quelques jours au Sablon, comme s’il avait toujours été là. Pas besoin d’en faire des tonnes : l’endroit parle de lui-même. On y entre sans frapper, et on s’y sent tout de suite bien, entre élégance assumée et décontraction parfaitement dosée.
À première vue, on pourrait croire à une terrasse chic, un peu parisienne dans l’âme, avec ses airs faussement désinvoltes. Mais en poussant la porte, on comprend vite qu’on entre dans une histoire de famille. Les plaques de cheminée en fonte, les luminaires retapés, l’échiquier vintage en embuscade sous des blasons familiaux : ici, tout est clin d’œil mais rien n’est forcé. L’ancien se mêle au présent sans nostalgie pesante.
Une cuisine qui joue juste, signée Milan La Roche
Aux manettes de la carte, un nom qui revient de plus en plus souvent dans les discussions des becs fins : Milan La Roche (St-Kilda). Une cuisine sans poudre aux yeux, qui n’a pas peur de la simplicité mais qui maîtrise l’art du détail bien senti. On démarre avec des asperges vertes (12€), cuites pile comme il faut, et nappées d’une mayo citron-anis et d’un sirop d’agrumes qui fait le grand écart entre douceur et peps. En face, une assiette de charcut’ (12€) qu’on picore sans façon. Mention spéciale pour le jambon blanc — pas rose, non, le vrai, celui à l’ancienne, sans nitrite, qui fond sans blabla.
Le tartare de veau (23€) arrive ensuite, emmailloté dans des feuilles de moutarde, avec une mayo aux anchois et des perles d’avruga. Un twist salin qui réveille juste ce qu’il faut pour sortir le plat de sa zone de confort. C’est simple, frais, efficace. À côté, le merlu fumé (18€) joue la carte du carpaccio, posé sur un écrasé de pommes de terre, avec une sauce salsa pleine de peps. Ça fait le job sans chercher l’effet waouh. Et pourtant, on hoche la tête à chaque bouchée.
Impossible de ne pas commander les grenailles crousty (8€), qui se mangent comme des frites de fête foraine, surtout quand on les trempe dans leur duo de sauces sour cream et sweet chili. Et parce qu’on n’est pas en sucre mais presque, on termine avec un crumble aux pommes (8€), encore tiède, parfumé, à peine sucré, parsemé de pistaches concassées. Toujours ce petit twist en plus !
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Un décor vivant, entre les siècles et les ateliers
Le soir tombe sur le Sablon. En face, l’atelier s’éclaire, projetant sur la terrasse les silhouettes tordues de gargouilles et autres trésors endormis. On savoure ses dernières gorgées assis à celle que l’on surnomme déjà « la table des antiquaires ». Demain, à l’aube, ils viendront boire leur café, échanger des récits banals et surprenants, avant que les premiers clients n’arrivent.
Le service est souriant, présent sans insistance, encore un peu en rodage mais déjà bienveillant. Café Costermans n’a pas encore tout calé, il faut dire que le succès a été immédiat. Certains petits détails pourraient être encore affiné, mais c’est justement ce côté brut qui plaît. L’adresse a quelque chose d’un peu inachevé, comme une promesse qu’on voit déjà se dessiner. Un endroit qui donne envie de tisser des habitudes
Et la suite ? Le brunch du week-end promet déjà. Au programme : riz sauté au kimchi de la veille, omelette, pickles de radis, sésame, jeunes oignons, oignons frits. Un genre de bibimbap matinier qu’on nous promet « énergisant jusqu’au soir ». Ça donne envie d’y croire. Et surtout d’y retourner.
Infos :
- Où ? Place du Grand Sablon 5, 1000 Bruxelles
- Quand ? Ouvert le mardi, samedi et dimanche de 9h à 18h30 et du mercredi au vendredi de 9h à 23h.
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