Zoom sur le métier de DJ chic : quand une quinquagénaire électrise Bruxelles - Anissa Hezzaz

Zoom sur le métier de DJ chic : quand une quinquagénaire électrise Bruxelles

Oubliez les DJs transpirants en sweat noir, le casque vissé sur la tête. À Bruxelles, Pascale Peckers électrise les soirées les plus élégantes avec sa fille Clara. À plus de 55 ans, cette designer d’intérieur devenue DJ refuse l’invisibilité et transforme le dancefloor en écrin chic. Un pied dans la house funky, elle prouve qu’on peut vieillir avec audace et paillettes.
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Le beat comme arme anti-âge

À l’heure où la société range les femmes de plus de 50 ans dans la catégorie « invisible », Pascale Peckers a toujours refusé d’avoir cette étiquette. « Le seul moyen de ne pas vieillir, c’est d’apprendre des choses nouvelles », tranche-t-elle avec aplomb. Pas question pour Pascale Peckers de s’engluer dans la routine. Kitesurf, spinning chez Animo, projets immobiliers… Pascale est de celles qui ont toujours su se réinventer pour éviter de s’engluer dans une routine barbante. « Ce n’est pas parce qu’on a passé 50 ans qu’on est tenu à faire du tricot ou de la céramique », lâche-t-elle. Alors, en 2020, tandis que tout le monde avait ressorti du placard ses jeux de société, Pascale, elle, a appris à mixer.

L’une de ses deux filles, Victoria Bardiau s’est lancé quant à elle sur une autre voie, le yoga :

« J’ai dit à ma fille : j’adorerais devenir DJ. Elle m’a répondu : moi aussi. Alors on a pris des cours chacune de notre côté. » Quelques mois plus tard, les platines devenaient son nouvel accessoire couture.

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Avec sa fille Clara, elle forme We Are FAM, un duo mère-fille qui fait danser les soirées les plus sélectes de notre capitale

La mode a trouvé son DJ set

Avec sa fille Clara, elle forme We Are FAM, un duo mère-fille qui fait danser les soirées les plus sélectes de notre capitale et même au-delà. Chanel, la Fashion Week de Paris, l’hôtel Astoria : la crème de la mode belge et du luxe les réclame. Leur recette ? Un style musical pointu — une funky house élégante — et surtout une image parfaitement assumée.

« On ne vend pas que de la musique, on vend aussi une allure », confie Pascale. « Deux femmes bien mises derrière des platines, ça change du cliché du DJ en hoodie noir. »

À chaque set, leurs looks impeccables deviennent presque aussi attendus que leurs transitions musicales. C’est d’ailleurs ainsi qu’elle a réussi à convaincre un allié de taille : Edouard Vermeulen, le maître de la maison Natan. La première fois qu’il a fait appel à nous, il me disait : « J’aimerais qu’il y ait un peu de musique, mais je ne veux surtout pas que les gens dansent. Je ne veux pas qu’on dise qu’il y a une soirée chez Natan. Je veux que ça reste un dîner. » « Bref, à 2h du matin, tout le monde dansait. Et depuis, il n’envisage plus de faire une soirée sans nous.»

Aujourd’hui, elle peut se vanter d’être devenue la DJ attitrée de ses défilés et de ses événements privés, une complicité qui dit beaucoup sur la place que We Are FAM a su gagner dans le cercle très fermé du luxe.

Elle aime faire danser, oui, mais pas question pour autant de s’échouer derrière les platines de bars miteux ou de boîtes éreintées. Elle refuse les mariages, les boîtes de nuit qui s’éternisent et les soirées où le dancefloor à bout de souffle titube en réclamant des tubes ringards.

« À mon âge, je ne vais pas finir à cinq heures du matin avec trois types bourrés qui veulent Michel Fugain »

Sa scène à elle, ce sont les événements corporate et les fêtes privées haut de gamme, où la musique se savoure comme un champagne millésimé.

Un acte de résistance

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Ses platines sont donc un pied de nez au vieillissement convenu.

Au-delà de la musique, Pascale Peckers incarne un manifeste esthétique et féministe. « Dans notre société, les femmes de plus de 55 ans deviennent transparentes. » Ses platines sont donc un pied de nez au vieillissement convenu. « On peut continuer à être rock’n’roll, à s’amuser, à créer. Ce n’est pas une fatalité. »

À celles qui hésitent à se lancer dans un projet fou après 50 ans, Pascale assène son conseil comme une vérité couture : « C’est une erreur monstrueuse de croire que c’est fini. C’est justement le moment de relancer un nouveau projet. On ne doit jamais ronronner. »

Avec son duo We Are FAM, elle incarne une vision chic du DJing : pas un métier de nuit blafarde, mais un art de vivre brillant et élégant. Et si vieillir, c’était simplement ajouter une corde supplémentaire à son set ?

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