
Exit le bistrot bourru et bruyant. À l’ombre de l’avenue Marnix, une nouvelle adresse s’amuse à réinventer le genre, en troquant la gouaille des comptoirs en zinc contre une délicatesse affûtée. Bienvenue chez Bistra Noisette, le tout premier « bistra » de Belgique.
Joue-la comme comme Emily
Pousser la porte de Bistra Noisette, c’est un peu comme traverser un vortex menant tout droit dans un épisode d’Emily in Paris, mais sans les lieus communs grossiers, juste le chic. On quitte le chaos de la Toison d’Or pour atterrir dans un cocon ouaté : plafonds hauts, moulures sublimes, lumière douce et cette cour intérieure que l’on ne voit que dans le Marais. Rien d’ostentatoire, tout est ciselé. Normal, l’endroit a été pensé par la designeuse française Sarah Lavoine.
Ce qu’on aime, c’est qu’ici, le détail est roi. Les formes arrondies glissent de la carte aux serviettes, des assiettes à la théière, jusqu’à ce petit pois rouge délicatement posé comme un baiser au détour d’une tasse, d’une soucoupe ou d’un couvert. C’est élégant, enveloppant, et volontairement tenu secret par les propriétaires français du tout nouveau Faubourg 21, l’hôtel cinq étoiles+ qui abrite cette pépite. Comme s’ils avaient voulu savourer un peu leur création avant de la livrer à la ville.
Le premier « bistra » débarque à Bruxelles
Bistra Noisette revendique un terme inédit : « bistra ». Pas « bistro ». Une petite formule marketing qui a le mérite d’être bien pensée, mais qui exprime aussi de nouvelles aspirations culinaires où l’on décide de troquer la virilité rustique du zinc pour une partition plus subtile et joueuse, presque précieuse. Pas de plats qui cognent, plutôt des assiettes qui effleurent. Un bistrot qui s’avance sur la pointe des pieds
La cuisine, elle, vit toute la journée. L’avantage d’être planquée dans un hôtel : on peut débarquer à toute heure, sans s’excuser. À midi, on a testé leur carte à partager (ou pas, on ne juge pas). Le menu signé par le jeune chef français Martin Chasles ? Artichauts frits à la romaine, fromage blanc, menthe et gel de sauge, délicieux bien qu’un peu chiche. Aubergine fondante au miso blanc et feuille de shiso qui se dissout sur la langue. Ravioles croustillantes de volaille, yuzu et bouillon parfumé, l’équilibre parfait entre crousti et umami. Et notre coup de coeur : l’épaule d’agneau confite au Vadouvan et shiso, présentée en rouleau. C’est parfumé, croustillant et fondant comme on aime.
Et pour finir, un câlin en dessert
Impossible de partir sans la brioche perdue au caramel beurre salé, chocolat fondant et crème montée. C’est régressif, indécent et totalement nécessaire. Chaque bouchée flirte avec l’overdose de douceur, soit exactement ce dont on a besoin en ce moment.
Bref, le gros atout de Bistra Noisette, c’est que tout semble avoir été pensé pour surprendre le temps. Pas besoin de parler fort pour se faire entendre ni de jouer des coudes au comptoir. Ici, on s’attarde, on se laisse envelopper. Paris à Bruxelles ? Oui. Mais en plus doux et plus secret.
La vidéo du jour : Sanzarù, ce resto bien connu sera-t-il le nouvel étoilé belge ?
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