
Le grand ras-le-bol des restos « concepts »
Pourquoi toujours vouloir réinventer la roue ? On sent comme une fatigue dans l’air, celle des concepts trop léchés et des menus « expérientiels ». On en a soupé des restos-spectacles où le blabla se digère moins bien que le plat. Aujourd’hui, on veut juste… retourner au resto. Sans fioritures ni grand numéro, mais avec une exigence devenue non négociable : la fraîcheur, la justesse, le produit.
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Paul Ravet, chef de la nouvelle coolitude culinaire
Et c’est exactement ce que Paul Ravet a compris. Le chef - déjà derrière Pénar, version pimpée de l’ancienne Winery, et la guinguette de Wiener, ce QG des bons vivants entre hot-dog chiadé, huîtres fraîches et vin nature - remet le couvert à Boitsfort, dans les murs de son ancienne Winery rebaptisée Flâne. Un nom qui résume tout : ce désir d’oisiveté chic, ce besoin urgent de ralentir.
Même décor, nouveau tempo
Le lieu, lui, n’a rien perdu de son charme. Toujours ce mix entre restaurant et caviste, les bouteilles tapissant les murs comme un papier peint liquide. Les tables hautes font face aux baies vitrées, le bar a grandi, idéal pour observer la cuisine ouverte et son son enchaînement de gestes millimétrés. C’est vivant, c’est beau, ça glisse tout seul.
Carte courte, plaisir long
Le soir, le menu se décline en 4, 5 ou 6 services à prix doux pour Bruxelles : 58, 68 ou 78 euros. Les accords mets-vins suivent la même logique (32, 40 ou 48 euros). Ici, la carte parle peu, mais bien. Trois mots par plat, pas un de trop. Bar, oseille, fromage frais. Betterave, câpre, moutarde. Canard, patate douce, argousier. Citron, miel, lavande. Minimaliste ? Oui. Mais chaque bouchée sait où elle va. Le carpaccio de bar coiffé d’un sorbet d’oseille sur un coulis de fromage frais ? Complètement dingo.
Flâne ou l’art du « sans chichi » stylé
Flâne, c’est l’adresse qui réconcilie les becs fins et les bons vivants, les curieux du dimanche et les palais exigeants. Pas d’effets de manche, mais une vraie élégance dans l’assiette. Et surtout, ce goût de reviens-y qu’on croyait perdu. Le genre d’adresse que l’on retrouve par réflexe, juste parce qu’on s’y sent bien.
Bref, un restaurant qui ne cherche pas à impressionner, mais qui séduit déjà une clientèle dévote à l’heure du lunch. En 2025, le vrai luxe, c’est peut-être juste de bouffer tranquille.
Infos :
Où ? Rue des Trois Tilleuls 1, 1170 Watermael-Boitsfort
Quand ? Du mercredi au vendredi de 12h à 14h et de 19h à 21h. Le samedi de 19h à 21h.
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