Nous sommes ce que nous mangeons et ce n’est pas Pascale Naessens, papesse de l’alimentation saine et autrice de nombreux ouvrages compilant des recettes à la fois savoureuses et bonnes pour la santé, qui nous contredira. « Tout le monde devrait apprendre ou réapprendre à manger sainement. Cela permet de conserver ou retrouver la forme, la ligne, tout en prenant du plaisir. »
Peut-on réellement renforcer son organisme grâce à notre alimentation ?Elle offre en tout cas des possibilités : il est scientifiquement prouvé que des aliments comme les champignons, le brocoli, les shiitakés et l’ail sont bénéfiques pour notre système immunitaire. Il ne s’agit pas d’utiliser des produits miracles, mais d’un jeu d’équilibre entre des aliments vrais, vivants, et surtout, de la régularité. Je n’aime pas les mots comme booster ou superaliments.Comment trouver l’équilibre entre gourmandise et santé ?Il est faux de croire que manger sainement ne peut pas être délicieux. Nous avons longtemps confondu plaisir et addiction. Je suis convaincue que la cuisine, telle que je la préconise, à base d’ingrédients vrais et purs, est en réalité encore plus savoureuse. Ce type d’alimentation offre de la structure, de la profondeur et des nuances de goût, bien plus riches que celles des plats industriels auxquels nous nous sommes habitués. Nous pensons qu’ils sont meilleurs, mais c’est faux. Au contraire : plus on en mange, plus on en veut. Les aliments ultratransformés dérèglent notre système de satiété, nous poussant à continuer de manger sans réelle satisfaction. Notre plus grande erreur a été de confier notre alimentation à l’industrie agroalimentaire. Il est temps de retourner en cuisine, de redécouvrir le plaisir de préparer soi-même ses repas et la joie simple de créer et de partager avec ceux qu’on aime.Comment adapter une recette traditionnelle pour la rendre plus saine sans en perdre le goût ?Je ne suis pas partisane de l’idée de rendre les recettes traditionnelles plus saines. La plupart du temps, cela déçoit. Cuisinez plutôt en utilisant des aliments vrais et naturels. Et si un jour vous avez envie d’un plat traditionnel, préparez-le comme vous en avez l’habitude.Quelles techniques de cuisson préservent le mieux les nutriments ?Certains ingrédients conservent mieux leurs nutriments lorsqu’on ne les cuit pas trop longtemps. Des légumes comme le brocoli, les épinards, le cresson, les poivrons… perdent rapidement leur couleur, leur goût et leur valeur nutritive lorsqu’ils restent trop longtemps sur le feu. Une courte cuisson dans un peu d’eau avec un filet d’huile d’olive est idéale : les légumes restent vifs, croquants et pleins d’énergie. D’autres ingrédients, en revanche, comme les tomates, les carottes ou les champignons, deviennent plus nutritifs lorsqu’ils sont légèrement cuits. La cuisson des tomates libère le lycopène, un puissant antioxydant mieux absorbé lorsque la tomate a mijoté un moment dans un peu d’huile d’olive. Les carottes et les courges deviennent également plus tendres, plus sucrées et plus faciles à digérer après une cuisson douce. La variété est la clé : alternez le cru et le cuit. Vous obtiendrez ainsi non seulement des saveurs et textures variées, mais aussi une plus grande diversité de nutriments dans votre assiette. Ce qu’il vaut mieux éviter, c’est de trop cuire les légumes. Ce n’est ni bon, ni beau : la couleur s’éteint, la saveur s’affadit et les vitamines se perdent en grande partie dans l’eau de cuisson.Y a-t-il des astuces simples pour améliorer la qualité d’un repas ?Oui. Acheter soi-même, cuisiner soi-même et manger ensemble. Commencez par une bonne source de protéines : poisson, viande, fromage ou une alternative végétale et associez-la à beaucoup de légumes. N’ayez pas peur de l’huile d’olive, et évitez autant que possible les glucides raffinés comme le pain blanc, les pâtes, le riz blanc et les pommes de terre ordinaires. De cette manière, vous apportez à votre corps tout ce dont il a besoin : de bonnes protéines, de bons gras, ainsi que des fibres et des vitamines venant des légumes, sans excès de sucres rapides. Attention aux sucres cachés : pain blanc, pâtes, riz blanc, pommes de terre ordinaires ; l’amidon sans fibres n’est rien d’autre qu’une longue chaîne de molécules de glucose. Mangez surtout des aliments non transformés, qui maintiennent votre énergie stable et vous rassasient plus longtemps. Laissez les glucides rapides aux marathoniens, qui peuvent vraiment les utiliser. Nous, installés dans nos fauteuils, n’en tirons que du surpoids et des maladies.Que pensez-vous des régimes « à la mode » comme le keto, le jeûne intermittent, etc. ?Au fil de l’histoire, l’être humain a appris à survivre de multiples façons : en mangeant de la viande, du poisson ou des végétaux, avec beaucoup de graisses et peu de glucides ou l’inverse. Nous nous sommes toujours adaptés à notre environnement. Donc, peu importe la façon dont on mange, mais deux choses sont essentielles : que les repas soient composés d’aliments non transformés, et que l’on trouve une manière de s’alimenter que l’on peut vraiment maintenir dans le temps. Et c’est là que le bât blesse. Le modèle de santé dominant repose encore souvent sur la restriction calorique, une approche qui a fait plus de mal que de bien. Personne ne parvient à la suivre durablement, avec pour résultat l’effet yo-yo, la frustration et parfois encore plus de poids et de mal-être. Pour ma part, j’ai un vrai coup de cœur pour une alimentation modérément pauvre en glucides : c’est, à mes yeux, la plus savoureuse, la plus variée et la plus facile à adopter donc aussi l’une des plus saines.Pascale Naessens, Archi-Simple (Racine).
Manger uniquement une soupe le soir, bonne ou mauvaise idée ? La réponse en images :