Son approche holistique de la vie, ses rituels bien-être, fascinent. « Pour changer autant de choses, il faut avoir une attitude révolutionnaire », nous dit-elle, les pieds nus bien ancrés dans le sol, au début de l’hiver. Natasha Andrews, en mini-jupe ce jour-là, ne craint pas le froid. Elle est cohérente. Elle a trouvé sa connexion à la nature et aux saisons, au fil du temps. Elle a appris à écouter son corps pour lui permettre de vivre mieux, plus alignée, plus ancrée.
À 17 ans, elle quittait l’Australie et ses grands espaces pour Paris. Il lui a alors fallu retrouver cette connexion, instinctive et évidente, avec la nature. « Je ne me suis jamais dit alors que j’allais passer toute ma vie en France, se souvient Natasha Andrews. Je pensais que j’allais venir pour un an apprendre la langue, me cultiver. Je suis une artiste de base, donc je voulais découvrir la culture, l’art. Mais la vie a commencé à s’enchaîner. Et je trouvais alors toutes les excuses pour voyager en Espagne, au Portugal. J’avais cet appel à sortir de la ville. » Et à retrouver la nature. « Car c’est ma façon la plus efficace de me recentrer. Quand je suis devenue maman (elle a deux enfants avec Pierre Niney, NDLR), j’ai décidé que c’était le moment de retourner pleinement à la nature. Et on s’est installé au milieu de nulle part, sans voisin, avec des animaux… ». Le mode de vie de Natasha Andrews, centré sur le bien-être holistique, fait alors des curieux. Ralentir, cultiver sa vitalité pour au final mieux vivre aujourd’hui pour vieillir mieux demain ? Oh « la belle vie » que nous fredonne là Natasha Andrews. Ce refrain, elle le partage en couplets dans un (beau) livre, Flow(s), inspirant, par ses récits, ses recettes, ses rituels de yoga et de méditation et ses photos. Elle donne un « souffle d’inspiration » pour suivre ce chemin, entamer ce voyage intérieur, jusqu’à vivre autrement, reconnecté à soi, sur un rythme plus naturel, au fil des saisons.
Natasha, quand avez-vous réellement trouvé votre mode de vie ?Avec le recul, je sais que ça a été à travers le yoga et la nutrition. Parce que pour moi, me sentir en pleine santé m’a permis d’avoir cette stabilité, cet équilibre. Je l’avais comme base mais juste avant que je tombe enceinte de ma première fille, je n’avais pas encore trouvé mon équilibre, vers 27 ans. Ça n’allait pas et je suis partie en Inde pour la première fois et ça m’a complètement transformée. Je pratiquais le yoga mais en retournant à la source – puisque ça vient de là –, avec les textes anciens, de vrais professeurs, ça a vraiment déclenché un truc.Et là, vous vous êtes trouvée ?C’est là où j’ai réussi à construire une pratique quotidienne, et où j’en ai senti les bénéfices. Quelque chose s’est déclenché de l’ordre du spirituel en fait… Mais c’est vraiment un chemin. Et en revenant, j’ai dit à mon partenaire (Pierre Niney, NDLR) qu’il fallait qu’on retourne à la nature.Dès lors, vous vous êtes sentie bien, alignée ?L’alignement pour moi, c’est quelque chose de flexible. On va et vient. Quand on est à la source, en Inde, on pratique tous les jours assez intensément. Il n’y a pas d’élément perturbateur. Quand on rentre, il y a une adaptation aux imprévus, au stress, le tempérament des autres qui sont moins alignés que moi aussi. Il faut y faire face. Ma quête d’alignement, et c’est ça que j’essaie de transmettre, c’est qu’il ne suffit pas d’être toujours parfaite, on fera toujours faire des va-et-vient, mais vous verrez qu’en faisant des choses à l’intérieur, plutôt que ce soit un an d’écartement de soi, ce sera trois mois, un mois, une semaine… c’est élastique.Vous évoquez l’importance de la nutrition et de se sentir en pleine santé. Il existe sept piliers, qui doivent se répondre et se nourrir, dans la nutrition intégrative ou autrement holistique…La nutrition holistique, c’est la santé globale et préventive pour éviter donc de tomber malade. Il s’agit d’affiner l’écoute intérieure. L’idée n’est pas juste de regarder les symptômes – et se dire que si on a la gorge qui gratte on va prendre de l’origan – mais de regarder tous ces piliers. Et se poser la question : « Ah, je n’ai pas de contact avec ma communauté ; ah tiens, je suis trop stressée ;. » Parfois, ce sont un ou plusieurs de ces éléments qui sont en désalignement et on regarde et on essaie de les ramener au milieu. L’idée, c’est d’avoir un peu de tout (alimentation équilibrée, sommeil réparateur, résilience face au stress, activité physique régulière, équilibre émotionnel, connexion sociale/communauté, pratique de la pleine conscience).C’est difficile d’avoir un petit peu de tout ?Je pense qu’il faut sortir de cette quête de tout vouloir atteindre d’un coup. C’est vraiment un voyage. Il faut sortir du « il faut que je sois parfaite ». Même moi qui suis là-dedans, hier j’ai dormi 6 heures au lieu de 8 mais je ne vais pas me dire « j’ai mal dormi, du coup je ne suis pas alignée ». Non. Par contre, j’essaie de gérer mon stress. Je me pose, je respire pour faire en sorte de régler mon système immunitaire et essayer de rattraper mon sommeil à travers ces pratiques de résilience contre le stress. Au début, c’est abstrait parce qu’on ne le connaît pas. Mais quand on arrive petit à petit à apprivoiser ces pratiques, on sent le bénéfice.Changer son mode de vie prend du temps et ne doit pas s’apparenter à une contrainte en fait…C’est ça. C’est là où entre en jeu la philosophie « yoguique » de ces textes anciens qui nous enseignent à ne pas vouloir tout attraper, tout avoir.Il faut être moins exigeant avec soi ?…Natasha Andrews, Flow(s) (Edition Hachette)