
C’est l’arme ultime des parents épuisés, la carte joker que l’on sort dès la mi-novembre dès que vos enfants hurlent dans le rayon jouets ou refusent de terminer leur assiette : « Attention, le Père Noël te regarde. Si tu n’es pas sage, il ne passera pas. »
On s’est convaincu au fil des années que ce petit message de surveillance de masse façon Truman Show était capable de garantir un calme relatif, du moins durant le mois de décembre. Mauvaises nouvelles : on se serait fait berner. Une nouvelle étude vient nous saper le moral pour prouver que faire croire au Père Noël n’a absolument aucun impact sur le comportement de vos enfants.
Comment garantir que les jouets que vous offrez à Noël sont sûrs pour vos enfants ?
Le mythe de la « Police du Pôle Nord »
Il y avait pourtant de l’idée : un vieux monsieur omniscient qui tient une liste des enfants « sages » et « pas sages ». L’outil disciplinaire parfait qu’ont tous connus ou presque les kids des années 90 et 2000. Entre temps, la science est venue mettre les choses à plat.
Des chercheurs se sont en effet penchés sur la question en analysant le comportement d’enfants âgés de 3 à 12 ans. Ils ont comparé deux groupes : ceux qui croient dur comme fer au Père Noël, et ceux qui ont déjà compris que c’était leur Oncle Paul derrière une fausse barbe et un faux ventre.
Et le verdict est sans appel. Les enfants qui croient au Père Noël ne se comportent pas mieux que ceux qui n’y croient pas. Pire encore, la « croyance » n’a aucun effet sur leur générosité ou leur gentillesse. En gros, ne comptez pas sur vos enfants pour échanger leur bonne conduite contre un cadeau (même si c’est la maison Playmobil). S’ils sont sympas, c’est qu’ils sont sympas. Pas parce qu’ils ont peur de ne rien trouver sous le sapin
Pourquoi ça ne marche pas ?
L’étude suggère que même si les enfants disent comprendre que le Père Noël les surveille, le concept est trop abstrait pour influencer leur comportement au quotidien. La menace d’une punition lointaine (pas de cadeaux dans trois semaines) ne fait pas le poids face à l’impulsion immédiate de piquer une crise au supermarché ou de refuser de mettre ses chaussures le matin.
Le cerveau d’un enfant vit dans l’instant présent, pas dans la projection logistique du 25 décembre. De plus, les enfants ne sont pas dupes. Ils savent très bien, inconsciemment ou non, que vous finirez par craquer. Qui a déjà vu un parent respecter sa menace et laisser le pied du sapin vide le jour J ? Personne. Le chantage est vide, et ils le sentent.
On garde la magie, on vire la menace
Alors, faut-il tout balancer et dire la vérité ? Pas forcément. L’étude ne dit pas qu’il faut tuer la magie de Noël pour autant, elle dit juste qu’il faut arrêter de s’en servir comme d’un outil de management par la terreur. Conserver le folklore, les rennes, les lutins et les biscuits mangés dans la nuit, c’est génial pour l’imaginaire. Mais utiliser le Père Noël comme un flic invisible pour obtenir le silence à table, c’est aussi efficace que d’essayer d’arrêter la pluie en lui demandant poliment.
La conclusion des chercheurs est plutôt rassurante : la moralité des enfants ne dépend pas d’un mythe fantastique, mais de l’éducation réelle qu’ils reçoivent au quotidien. Autrement dit, le Père Noël est là pour le rêve, pas pour faire le sale boulot d’éducation à votre place. Désolé, il va falloir continuer à négocier les brocolis vous-mêmes.
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