
Pour le réveillon, « la raclette c’est le gros carton ces derniers temps. Et cette année, on est encore monté d’un cran », constate auprès de l’AFP Bernard Boutboul, président du cabinet Gira Conseil, spécialisé dans la restauration. « C’est convivial, réconfortant, et ça ne demande pas des heures de préparation », souligne l’expert.
De quoi séduire Sara Gaillard, qui a tenté l’expérience en famille pour le réveillon de Noël de l’an dernier. « Ça permet de passer un bon moment sans se compliquer la vie », explique la Lilloise de 34 ans. « Tout le monde aime le fromage, chacun peut manger à son rythme, et avec les enfants, c’est beaucoup plus facile. »
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Rapport qualité-prix imbattable
Du côté de la grande distribution, la tendance est nette. « Je prédis une fois de plus un Noël à la raclette », a affirmé mercredi sur France 2 Dominique Schelcher, PDG de Coopérative U. « On nous commande déjà davantage de plateaux de raclette pour les fêtes que les autres années », a assuré le patron du quatrième distributeur alimentaire français. Une tendance qui a émergé « depuis deux ou trois ans », selon lui, en pleine crise inflationniste. En plus de son côté simple et convivial, la raclette séduit aussi et surtout pour son rapport qualité-prix, souligne le dirigeant.
En 2022, le coût moyen d’un panier de Noël traditionnel – comprenant dinde fermière, saumon fumé, foie gras, Saint-Jacques, champagne ou encore accompagnements surgelés – s’élevait à 138 euros pour un foyer français, selon une étude du cabinet NielsenIQ. À l’inverse, un repas raclette pour quatre personnes, avec charcuterie, fromage, pommes de terre et une bouteille de vin blanc, revenait à moins de 35 euros.
« On est dans un contexte anxiogène, économique et géopolitique. Les gens n’ont pas envie de se prendre la tête : ils veulent aller à l’essentiel, se faire plaisir et se rassembler », abonde Candice Alvarez, consultante lifestyle de l’agence de conseil en stratégie NellyRodi.
Surtout à la Saint-Sylvestre
Malgré son essor, la raclette à Noël ne fait toutefois pas l’unanimité. « C’est devenu un vrai must de la fin d’année, clairement. Et c’est vrai qu’on observe une décontraction des repas, de la réception à la maison. Mais de là à remplacer le repas de Noël par une raclette… », estime Anne-Claire Paré, dirigeante du cabinet spécialisé en tendances pour la restauration Bento. Fan de fromage fondu, Mickaël, 38 ans, (qui n’a pas souhaité donner son nom) adorerait déguster à Noël, mais sa famille refuse.
Du côté des fromageries, la tendance n’est pour l’instant pas évidente. La Fermette, dans le centre de Paris, assure vendre davantage de fromage à raclette ces dernières années. Mais à Septeuil, petit village des Yvelines, le fromager Stéphane Uriot ne voit pas encore de changement notable pour le réveillon du 24 décembre, la raclette restant surtout associée à la Saint-Sylvestre. « Les gens cuisinent plus au réveillon de Noël qu’au réveillon du jour de l’An », explique-t-il.
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