Pourquoi certaines personnes n’ont-elles jamais froid, même en hiver ? - Et non, ce n’est pas mental.

Pourquoi certaines personnes n’ont-elles jamais froid, même en hiver ?

On le connaît tous ce ou cette pote qui commande une bière en terrasse en plein mois de décembre quand tout le monde claque des dents. Mais comment expliquer un tel écart de ressenti ?

Le thermomètre flirte avec zéro et on a adopté le total look bonhomme Michelin avec l’écharpe remontée jusqu’aux yeux et la triple couche de chaussettes. Quand juste à côté de vous, il y a cette personne qui vous sort avec désinvolture « Bah, ça va, il fait bon non ? ».

Pour expliquer cette injustice thermique, on a tout entendu. Certains parlaient de l’épaisseur du tissu adipeux (le gras, ça isole), d’autres des fluctuations hormonales. Parfois, c’était même la gestion du stress qui était mise en cause. Alors oui, ça joue : la testostérone aide un peu la gent masculine, et une bonne masse musculaire fait office de radiateur naturel. Mais la science vient de livrer une réponse beaucoup plus fascinante : si certaines personnes ne gèlent jamais, c’est parce que leurs muscles fonctionnent différemment.

Sur le même sujet : vos astuces pour combattre le froid

ACTN3 : le code secret ?

En cause ? L’ACTN3, un gène bien précis censé coder une protéine musculaire : l’alpha-actinin-3. Pour la faire courte : cette protéine est le carburant des mouvements explosifs. Elle sature les fibres musculaires à contraction rapide. C’est elle qui nous permet de sprinter pour rattraper le bus ou de soulever des poids à la salle. On estime qu’environ 1,5 milliard d’humains sur Terre possèdent une version mutée de ce gène. Une mutation dite « non-sens » qui stoppe net la production de cette protéine.

Résultat ? Privé de cette protéine de « vitesse », le corps compense. Il développe davantage de fibres à contraction lente. Ces dernières sont moins gourmandes en énergie et, surprise, elles sont bien meilleures pour conserver la chaleur corporelle. C’est comme avoir un mode « économie d’énergie » activé par défaut.

Le test du bain glacé (qu’on ne vous conseille pas)

Pour démontrer ce phénomène, les chercheurs suédois et lituaniens ont plongé 42 volontaires dans une eau à 14°C. L’objectif ? Voir qui craquait le premier. Et le verdict est sans appel : les participants porteurs de la mutation (ceux privés de la protéine de vitesse) parvenaient à maintenir leur température corporelle bien plus efficacement que les autres. Ils ne tremblaient pas, ou peu. Leurs muscles produisaient de la chaleur plus efficacement, sans gaspiller d’énergie.

Le revers de la médaille

Pourquoi l’évolution nous a-t-elle fait ce cadeau ? Il faut remonter à environ 50 000 ans, quand nos ancêtres ont quitté la chaleur de l’Afrique pour s’installer dans les contrées hostiles de l’Europe centrale et du Nord, ceux qui résistaient mieux au froid ont survécu. La mutation s’est répandue. Bref, c’est du darwinisme pur et dur. Mais avant de jalouser nos potes qui ne portent jamais de manteau, il faut savoir qu’il y a un petit revers à la médaille.

Si cette mutation protège du froid, elle diminue les performances sportives explosives. En perdant la protéine alpha-actinin-3, on perd en puissance pure. Vous ne verrez que très rarement des sprinteurs olympiques ou des haltérophiles de haut niveau porteurs de ce gène modifié. Alors la prochaine fois que vous verrez quelqu’un frimer en t-shirt, gardez votre doudoune et souriez. Vous êtes plus frileux c’est sûr, mais vous êtes plus explosif aussi.

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