Alessandra Sublet : « Passé la quarantaine, quand on a déjà vécu des traumatismes amoureux, un chagrin d’amour est plus difficile à encaisser » - Faire des choix et les assumer - Charlotte Vanbever

Alessandra Sublet : « Passé la quarantaine, quand on a déjà vécu des traumatismes amoureux, un chagrin d’amour est plus difficile à encaisser »

Elle est libre, parce qu’elle assume qui elle est et ce qu’elle veut. Elle le martèle, en évoquant son roman : « faire des choix, c’est à la portée de tous », ça ne lui est pas réservé. On se prend donc un boost de motivation en écoutant Alessandra Sublet nous parler du bonheur.
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Sarah Chambon

Elle ponctue certaines de ses réponses par votre prénom, comme pour marquer le fait qu’elle est dans l’instant présent, investie dans cette conversation et qu’elle ne vous balancera pas des lieux communs. On ne s’attend pas à moins de la part d’une Alessandra Sublet solaire, dont l’authenticité a marqué ses 20 ans de télé. Ce qu’elle dit et écrit, elle le pense, elle l’a vécu et appliqué. « Rien n’est schizophrénique chez moi », sourit-elle. Aujourd’hui autrice (elle publie un 3e livre mais son premier roman Toi que je n’attendais plus) et conférencière, l’ex-animatrice de 49 ans évoque donc avec nous ce qu’elle connaît : l’amour, « qui reste une quête », mais que cette « indécrottable romantique » a retrouvé ; l’estime et le respect de soi, primordiaux pour avancer, et écouter ses envies pour se sentir libre en faisant fi du regard des autres.

Sarah Chambon
Sarah Chambon
Alessandra, il y a cette phrase dans le roman prononcée par la grand-mère de votre héroïne : « Nous sommes la personne avec laquelle nous allons passer le plus de temps, alors autant se donner le meilleur des contours ». Vous avez compris ça tôt dans votre propre vie ?
Assez vite. Parce que quand on fait des choix importants dans sa vie, que ce soit personnel ou professionnel, il faut vite s’en pardonner certains pour ne pas avoir trop de culpabilité, pour être beaucoup plus léger quand on met un pied devant l’autre. Très vite, je me suis dit : « ce sont tes décisions, c’est ta vie, donc assume ce que tu es, assume ce que tu veux, parce que c’est avec toi qu’il va falloir dealer le plus souvent, avec personne d’autre ». Je pense que quand on a compris ça, on avance un peu plus sereinement.
Et vous avez compris ça comment ? Vous qui avez toujours été éprise de liberté…
J’étais éprise de liberté très jeune, ça c’est sûr, parce que je suis partie voyager tout de suite après mon bac, à sac à dos, sans savoir où j’allais. Mais je pense que c’est mon métier – d’animatrice –, pendant 20 ans, qui a été un accélérateur du « je fais vite fi du regard des autres ». Parce qu’on a un métier public qui fait qu’on est jugé tout le temps. Et très vite, j’ai fait la paix avec moi-même parce qu’à partir du moment où j’avais choisi un métier public, il fallait que je sois en accord avec qui j’étais.
Parce que ça peut être quitte ou double ce métier : on peut très bien tomber de l’autre côté et ne vivre qu’à travers le regard des autres…
Oui, mais si vous faites tout, tout le temps, en fonction du regard des autres, ça veut dire que vous faites vos choix en fonction des autres, et que vous subissez la vie que vous menez. Moi, je trouve ça triste.
Ce que vous dites là et exprimez à travers ce roman semble logique et accessible. Pourtant, faire des choix et les assumer pour être aligné avec soi-même, ce sont des concepts qui plaisent mais qui ne sont pas tant appliqués…
C’est la raison pour laquelle je fais des conférences, j’écris des livres… Je pense qu’il faut le marteler pour que les gens l’entendent. Parce que c’est à la portée de tout le monde de faire des choix. Si on n’a pas envie d’en faire, ça reste une question personnelle. Mais on ne peut pas venir m’opposer aujourd’hui le fait qu’il faut avoir tel bagage, tel matelas financier ou telle culture pour pouvoir faire ça. On le fait ou pas, mais c’est possible.
Qu’est-ce qui fait que, au final, on y croit encore, à l’amour ? Selon vous, est-ce une rencontre providentielle ou une quête éternelle ?

Alessandra Sublet, Toi que je n’attendais plus (Ed. Robert Laffont)

Retrouvez ici l’interview d’Alessandra Sublet dans son intégralité (sur www.lesoir.be) et dans votre So Soir ce samedi en librairie en supplément gratuit du journal Le Soir.

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