
À 28 ans, le défenseur néerlandais refuse de jouer les panneaux d’affichage, pour préférer le statut de « social creator » sur TikTok et Instagram. C’est du moins le mot chic trouvé par le groupe de presse Mediahuis pour le désigner lui et son coéquipier Terrance Pieters. C’est le timing parfait pour tomber dans son feed : jusqu’au 30 août, la Coupe du monde de hockey se joue entre Amstelveen, aux Pays-Bas, et Wavre, en Belgique. Janssen figure dans la sélection néerlandaise, championne olympique à Paris en 2024 et lancée dans le tournoi par une victoire 5-1 contre la Nouvelle-Zélande. Et s’il a le combo parfait de l’athlète néerlandais (mâchoire carrée, cheveux coiffés au gel et maillot orange fluo), sa vraie spécialité réside ailleurs.
Un geste répété jusqu’à l’obsession
Le drag-flick. Pour les néophytes, c’est ce geste fouetté qui transforme une balle arrêtée en projectile lors d’un penalty corner. Et c’est l’un des grands techniciens de la pratique. Rien d’inné là-dedans. En 2025, il avouait s’être étalé tout seul lors de son premier tir. Depuis, il s’est sculpté une frappe unique. Une mécanique perso qu’il démonte et bidouille en permanence pour rester illisible.
Un job qui vous rince
Sur penalty corner, dix types se tuent à la tâche pour vous poser la balle, et le stade entier retient son souffle. Janssen connaît le tarif. À l’Euro 2025 ? Zéro conversion sur cinq en poules. Demi-finale contre la France ? Il en claque deux, envoie les Pays-Bas en finale et signe son 79ᵉ but en sélection. Propre. Un job qui se paie cash surtout. Fin 2025, son genou lâche. Cinq mois à regarder les autres courir. La faute à un tendon rincé par des milliers de drag-flicks répétés.
Mais l’obsession se paie cash. Fin 2025, son genou lâche : cinq mois au placard. La faute à un tendon rincé par des milliers de drag-flicks répétés jusqu’à l’overdose. De quoi mesurer toute la fabrique invisible qui se niche derrière les huit secondes impeccables qu’on scroll au petit déj’.
Sportif, avec un « vrai » boulot le mardi
Loin du cliché de l’athlète-influenceur enrichi à coups de placements de produits, Jip Janssen troque son maillot orange pour un costume de salarié chez adidas deux jours par semaine. Il y bosse en commercial planning sur l’app de la marque. Pourquoi se coltiner des réunions entre deux entraînements ? « Le hockey me fait vivre aujourd’hui, mais ce n’est pas une rente pour la vie », confiait-il au média lifestyle néerlandais LINDA. Un constat d’ailleurs partagé avec l’ensemble de ses pairs. Même pour les plus grandes stars de la discipline, le hockey de haut niveau demande un investissement colossal pour des salaires qui restent très modestes par rapport à d’autres sports professionnels.
Côté image, Janssen emballe ses partenariats (comme sa collaboration bien réelle avec la marque Thrive) dans une esthétique lifestyle léchée et hautement désirable. Quand il vous montre le contenu de sa valise pour la Coupe du Monde ou déballe la routine d’un samedi typique de champion olympique, le geste est si propre et beau qu’on le regarde comme une séquence de magazine.
Depuis mars, il partage le micro avec son ami et coéquipier Terrance Pieters dans Helemaal Goed Joh, un podcast né de leurs conversations en voiture après les entraînements. Blessures, pression mentale, argent, critiques, vestiaire ou réseaux sociaux : les deux internationaux veulent raconter la partie du sport de haut niveau qu’on ne raconte pas dans l’interview d’après-match.
La force de Jip Janssen tient donc avant tout dans son mélange des genres. À Naarden, son club formateur, le terrain principal porte son nom et les gamins font la queue à chaque fois qu’il revient donner un coup de main. « Chez nous, tous les jeunes veulent devenir Jip », résumait une dirigeante à Hockey.nl. La preuve d’une influence réussie.
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