Le secret indien pour mieux respirer, bouger et manger - Sigrid Descamps - Journaliste

Le secret indien pour mieux respirer, bouger et manger

Et si le bonheur passait par une alimentation équilibrée et des soins naturels, inspirés de traditions indiennes ancestrales ? Nidhi Pandya, praticienne spécialisée en ayurveda, nous livre quelques pistes pour nous initier à cette « science de la vie ».
Sigrid Descamps Journaliste
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Amsterdam, un soir de printemps… à l’occasion du retour de sa collection emblématique Rituals of Ayurveda, la maison de beauté Rituals accueillait la praticienne américaine d’origine indienne Nidhi Pandya, spécialiste de l’ayurveda, qui a délivré les grandes lignes de cette approche holistique de la santé, qui fait ses preuves depuis des milliers d’années.

Le secret indien pour mieux respirer, bouger et manger - Sigrid Descamps - Journaliste
Nidhi Pandya incarne la troisième génération d’une grande famille de praticiens spécialistes de l’ayurveda.

Pratiquez-vous le yoga ?

Intégrez-vous du curcuma dans vos plats ? Vous grattez-vous la langue ? Vous appliquez-vous de l’huile sur le corps ? Si oui, sans le savoir, vous êtes déjà, un peu, adepte de l’ayurveda. « Toutes ces pratiques viennent de la même science, celle de la vie. Ayu signifie « vie » et Veda signifie « science ». L’ayurveda existe depuis 5 000 ans et s’appuie sur la sagesse naturelle, que les animaux possèdent - le cerf n’a pas besoin d’un expert en nutrition pour savoir qu’il est herbivore, l’ours sait quand il doit hiberner… – mais que nous, les hommes, avons parfois oubliée. »

Tu es plus Kapha, Pitta ou Vata ?

Impossible d’évoquer l’ayurveda sans parler des « doshas », qui nous définissent. Concrètement, l’ayurveda identifie trois grands profils : « Il y a les Kapha, les constructeurs, des natures stables, ancrées. Ils parlent plus lentement, aiment leurs zones de confort, sont plus doux. Puis, les Pitta, des profils intenses, concentrés, dotés d’un esprit affûté, ils peuvent aussi avoir la langue plus tranchante, mais cette intensité peut devenir une vraie force lorsqu’elle est canalisée. Enfin, il y a les Vata, en mouvement permanent. Créatifs, rapides, mais parfois sujets à l’anxiété ».

Plutôt que de nous enfermer dans une seule catégorie, il faut comprendre que « nous possédons les trois, mais avec une dominance ». Qui peut évoluer selon les périodes de vie, le stress, l’environnement… Connaître son dosha permet de mieux se connaître et d’adopter une approche plus intuitive et personnalisée de son bien-être. « Cela vous permet de mieux comprendre qui vous êtes, de vous diriger vers les aliments qui vont vous soutenir, les bons exercices, et même le bon partenaire… »

Se reconnecter à son souffle

Sans même connaître son dosha, il est possible d’assimiler quelques principes fondamentaux de l’ayurveda. À commencer par la respiration ! « Nos narines correspondent à différentes parties du corps. Le côté droit est le côté soleil, le côté gauche, la lune. » Lorsque ces deux polarités sont déséquilibrées, tout le corps en pâtit. C’est là qu’intervient le pranayama. « Ce sont des techniques pour équilibrer les deux côtés de votre corps. Tout fonctionne en coordination. » Avant toute chose, il s’agit de « se lier d’amitié avec sa respiration ». Apprendre à respirer, vraiment. Puis à moduler ce souffle pour « élargir le flux d’énergie » jusque dans nos cellules.

Stress : les femmes doivent en faire une priorité

Dans un monde rythmé par la performance, la vision ayurvédique du stress résonne particulièrement chez les femmes. « Les corps des femmes sont plus « juteux » que ceux des hommes », nous explique Nidhi Pandya. « Pensez à votre corps comme à une terre fertile : elle a besoin d’eau, de nutriments. Une terre sèche ne peut rien faire pousser. » Or, « le stress est une expérience très asséchante pour le corps ». Et à force de trop en faire, les femmes finissent par « épuiser leurs fluides ». Résultat : elles ressentent fatigue, anxiété, déséquilibres hormonaux.

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Une fois encore, la respiration va jouer un rôle important : « Chaque inspiration active le mode action. Chaque expiration active le mode repos. » Le problème : nous oublions de bien expirer. « Alors le corps chauffe, il s’assèche. » Nidhi Pandya nous incite à allonger volontairement l’expiration. Et à s’y exercer partout : en voiture, en marchant, en parlant. « Et si c’est difficile, fredonnez. Faites « OM », chantez… tout cela prolonge l’expiration. »

Autre pilier : le repos. Selon l’approche ayurvédique, » les femmes auraient besoin de plus de repos que les hommes. » Contrairement aux injonctions actuelles, se lever à l’aube n’est pas idéal : « Dormez. Reposez-vous. Inutile de vous lever avant 6h30. » (Qui fait ça ? NDLR.)

L’art du self-care, version ayurvédique

Autre pratique conseillée : l’huilage du corps. « En Ayurveda, nous huilons tout ce que nous pouvons. » Une tradition qui va au-delà du simple geste beauté. Le mot sanskrit pour huile, sneha, signifie aussi… « amour ». « C’est la pratique la plus aimante envers soi-même. » Chaque jour, on masse son corps avec une huile adaptée, ne serait-ce que cinq minutes. Les bénéfices sont multiples : nutrition de la peau, soutien du microbiome, stimulation du système lymphatique, libération d’ocytocine, l’hormone du bonheur.

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Dans sa gamme ayurvédique, Rituals propose plusieurs huiles, pour le corps et les cheveux. - Rituals

« Même logique pour le cuir chevelu : « Cela nourrit les cheveux, mais aussi le cerveau, favorisant un sommeil réparateur. » Et d’ajouter : « Mettez-y aussi une intention. Transformez les routines quotidiennes en quelque chose de plus significatif, cela devient instantanément plus beau. »

Manger chaud, vivre au rythme du soleil

Autre champ d’action, l’alimentation. Avant même de se pencher sur le contenu de l’assiette, retenons un principe fondamental : privilégier les aliments chauds. « Quand mettez-vous un aliment au réfrigérateur ?, interroge l’experte. Quand vous ne voulez pas qu’il se décompose. Mais quand vous le mangez, vous voulez qu’il se transforme. Si ce n’est pas chaud, cela ne peut pas se transformer correctement dans le corps ». L’idéal donc ? Des repas cuits, de tièdes à chauds, et surtout, limiter les boissons glacées. Un changement simple, mais selon l’experte, « avec un grand impact ». Surtout si on renoue avec le rythme naturel. « Avant l’électricité, nous vivions tous selon le soleil ». Aujourd’hui encore, notre digestion est plus efficace en journée. On prend donc son repas principal le midi, et le soir, on ralentit, on mange tôt et léger.

Prendre soin de soi peut donc emprunter plusieurs voies : « Vous pouvez rendre cela aussi complexe que vous le souhaitez ou simplement commencer par ces petites choses », conclut la praticienne.

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