Faire son pain maison, produire du miel,... : ils ont changé leur manière de consommer

Avec le confinement, certains d’entre-nous ont sauté le pas et fait évoluer leur manière de consommer. Souvent vers davantage de durabilité et d’authenticité. Deux témoignages. 

Par Sigrid Descamps. Photo ouverture Puratos, photos D.R. |

Faire son pain

Fabian est hôtelier. Il a profité du confinement pour faire son pain et au final, c’est une révélation. « J’ai toujours aimé bien manger, c’est de famille. J’ai suivi une formation à l’école hôtelière et en gestion hôtelière. C’est dans ce domaine que je me suis lancé professionnellement (il est à la tête du Zoom Hôtel et de La Grande Cloche, à Bruxelles, NDLR.), tout en cultivant le plaisir de cuisiner, pas dans un restaurant, mais chez moi. J’ai toujours été passionné par la fermentation naturelle et j’ai commencé à faire du pain quelques mois avant le confinement, mais celui-ci m’a permis de m’y consacrer pleinement.

J’ai fait naître mon propre levain, avec de la farine et de l’eau. Après plusieurs jours, on a quelque chose de très actif. On apprend en l’observant, en dosant. Avec le confinement, comme je suis chaque jour à la maison, je peux le surveiller de près. Et quand il est prêt, je prépare la pâte à pain. Cela ne demande pas beaucoup de travail, mais il faut être toujours à côté. Et depuis mi-mars, j’arrive à en sortir chaque semaine des pains sensationnels, mais au début, j’en ai fait de très moches et très mauvais (rires).

C’est une vraie passion, je regarde des tutos online, je suis en relation avec des maîtres boulangers un peu partout en Europe. Ce qui est gai aussi, c’est que c’est une remise en question permanente. Rien n’est jamais gagné. On ne s’invente pas boulanger en quelques mois. A l’avenir, j’avais dit que je ne me lancerai plus dans de nouveaux projets, je voudrais un peu lever le pied après mes 50 ans. Je travaille sept jours sur sept depuis 25 ans, avec beaucoup de stress, de fatigue… La sérénité, le repos, acquis durant le confinement ont renforcé ce sentiment. Et si j’ouvre un nouveau concept, ce sera un hôtel-boulangerie, à l’image du Praktik Bakery de Barcelone, une formidable réussite! »

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Installer une ruche et un potager

Christophe est restaurateur, il s’est aussi retrouvé d ésoeuvré, l’occasion de créer quelque chose… « Durant le confinement, j’ai fermé les portes de mon restaurant (Chez Duche, à Charleroi). Je cultive déjà depuis plusieurs années, mais j’avais envie d’un terrain plus vaste pour cultiver à plus grande échelle, en permaculture, et pouvoir utiliser au maximum mes légumes bio.

En janvier, j’ai donc acheté un terrain. Et avec le confinement, j’ai eu le temps de m’y consacrer pleinement. Il y a tout à faire. S’est ajoutée à cela, l’idée d’installer une ruche, pour avoir ma production de miel personnelle. Je suis guidé par mon frère, qui est apiculteur. Je compte suivre des cours après le confinement. En attendant, je me renseigne sur le Net et je lis des ouvrages spécialisés. Dont une revue éditée par Wallonie Agriculture. J’ai profité du confinement pour passer à l’action : j’ai acheté une ruche, que j’ai démontée pour la repeindre, et j’ai procédé à quelques installations nécessaires, comme y mettre de la cire. Il faut compter environ 150 euros. Mon frère m’a filé l’équipement. Il est possible que j’en achète une seconde, ce qui est conseillé pour pouvoir mieux en surveiller l’état et le fonctionnement. Je dois désormais attendre qu’un essaim s’y installe. Soit il viendra de lui-même, soit je le ferai par le biais d’un particulier qui aura signalé un essaim chez lui.

Tout doit se mettre en place, tant pour la ruche que pour le potager. J’y consacre actuellement toutes mes journées, et c’est un vrai bonheur. Me retrouver les mains dans la terre, au rythme de la nature, c’est passionnant et gratifiant. Quand le restaurant rouvrira ses portes, je consacrerai mon temps libre au potager et à la ou aux ruche(s), j’envisage même de passer moins de temps au restaurant dans ce but. »

 

Tentés ? Vous trouverez un tas d’informations sur agriculture.wallonie.be et cari.be.

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