Le Sake Bar, la vraie cuisine du Pays du Soleil Levant

Carlo et Florence nous emmènent en voyage cette semaine. A trois cumulets des institutions européennes, le Sake Bar importe lui-même ses bouteilles du divin breuvage japonais, mais propose aussi de la vraie cuisine du pays du Soleil levant. Carlo nous raconte...

textes et photos : Carlo de Pascale et Florence Hainaut |

 

Il y a saké et saké!

Je vais essayer de prendre des gants pour vous l’annoncer, mais la vérité est ce qu’elle est : au moins une fois dans votre vie, on vous a menti. Cet alcool corrosif au goût de spray pour WC, servi dans un petit verre avec une femme nue au fond, à la fin d’un repas chinois, ça n’était pas du saké ! Le meiguilujiu chinois est un alcool parfumé à la rose. On aime ou on n’aime pas, je ne suis pas là pour juger. Mais par pitié n’appelons pas ça du saké. Le saké est japonais et à peine plus alcoolisé que le vin. C’est une sorte d’alcool de riz obtenu par fermentation, comme la bière. Il en existe des milliers, avec une palette de saveurs qui n’a strictement rien à envier au vin et à laquelle notre palais n’est pas (encore) éduqué. Autre révélation : non, tous ne se boivent pas chauds. Enfin, ça peut, mais de la même manière que ça vous ferait mal aux flancs de chauffer le Châteauneuf-du-Pape reçu pour la communion de la petite, un très bon saké se porte généralement mieux quand il est loin du micro-ondes. J’ai dit « un très bon ». Et ça, ce n’est pas toujours facile à trouver dans nos contrées.

 

 

Formule lunch…

A trois cumulets des institutions européennes, à Bruxelles, le sake bar importe lui-même les bouteilles du divin breuvage. Ce que vous boirez ici, vous ne le trouverez nulle part ailleurs. Et contrairement à ce que son nom indique, l’endroit propose plus que ça. Nous y sommes allés un midi, attirés par la formule lunch. L’endroit est petit, une trentaine de places à tout casser, sur tables hautes ou au bar. Décor de bouteilles vides, grandes baies vitrées et service charmant, drôle et décontracté.

La formule « imposée » est d’autant plus pratique que de la vraie cuisine japonaise, on connait finalement peu de choses. Les sushis et les ramens, certes. Mais ça revient un peu à réduire la cuisine belge à la moutarde de Gand. Pas de poisson cru dans ce petit bar, mais des plats familiaux traditionnels.

Le lunch à 25€ comprend un assortiment d’entrées froides dont je serais bien incapable de vous détailler le contenu. J’ai cru reconnaître des lamelles de daikon (sorte de radis) mariné, du renkon (racine de lotus), un morceau d’aubergine confite et une patate douce frite. A côté, on slurpe une soupe miso et un thé non sucré.

 

 

 

Et un verre de saké, évidemment !

Comble de la délicatesse, la patronne, Saori Nishida, sommelière hors pair, a concocté un petit plan pour aiguiller les néophytes. Plus ou moins aromatique, rafraîchissant ou puissant ? Suivez le guide et trouvez le saké qui vous convient. On opte pour l’option « aromatique + goût riche » et nous voilà avec un Miyo Sakura, fin et délicat, ce qui s’obtient par un grain de riz particulièrement poli (du verbe polir et non pas du champ lexical de la bienséance).

La formule permet de choisir un plat parmi une liste qui varie. Ce jour-là, le choix cornélien s’opérait entre le curry de crevettes frites, le bol à l’aubergine piquante, celui au porc sauce citronnée, et les maquereau et crevette frits.

Carlo prend le porc, moi le maquereau. C’est la meilleure façon qu’il ne mange pas dans mon assiette, il n’aime pas ça. Son cochon est fin comme du papier à cigarettes et mon maquereau et ma crevette aplatis comme des crapauds, panés et frits. Difficile de faire plus simple, roboratif et gouteux à la fois. En dessert, le flan sésame noir donne envie que ce moment ne s’arrête jamais. On sort heureux et en sentant un peu le graillon, mais le graillon japonais, ce qui est nettement plus classe.

A noter, l’endroit organise régulièrement des soirées à thème : dégustation de saké ou festival de tokoyaki, ces boulettes japonaises de poulpe. Le soir, la formule «  trois verres de saké » pour 20€ fait qu’on a fort envie de revenir développer notre palais.

Sake Bar, 17 Rue Juste Lipse, 1040 Bruxelles. T 02 770 01 32.
www.sakebar.eu Ouvert le lundi midi, du mardi au vendredi midi et soir et le samedi soir.

 

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