Monella et Fripon : les deux nouveaux restos qui font bouger Ixelles

Carlo et moi avons pas mal apprécié la balade culinaire de La Dalle, dont on vous parlait le week-end dernier. Nous nous sommes donc créé la nôtre, de Flagey à la porte de Namur. Deux étapes seulement, mais dans de tout nouveaux restos : Monella et Fripon.

TEXTE ET PHOTOS : FLORENCE HAINAUT ET CARLO DE PASCALE. |

On prend l’apéro chez Monella, le petit nouveau de Ugo et Francesco, le duo de génie de Racines, l’italien gastronomique sis un peu plus bas. Snack bleu et rouge, petit comptoir sur la rue (chée d’Ixelles), grandes tables sur terrasse partiellement couverte. Service au comptoir, musique qui oblige à parler un peu fort. Je goûte la bière spécialement créée par la voisine brasserie de l’hermitage, une dry hopped sour pas mal du tout nommée Montagna Sacra (4,50 €), Carlo opte pour la plus mignonnette des fioles contenant un negroni (10 €) qui m’arrache une larmichette d’alcool. Oufti c’est fort ! Et à vrai dire, ça manque d’un grand verre plein de glaçons, qu’on ne nous a pas proposé.

Ici il n’y a que trois choses à manger, six avec les déclinaisons. La pizza frite, que vendaient Ugo et Francesco sur les marchés, à leurs débuts. Version montanara : sauce tomate, ricotta de bufflonne salée, basilic (6,5 €). Ou crudo, notre favorite : ricotta fraîche, tomates cerises fraîches, basilic, jambon de parme (8,50 €) La schiacciate, qui est une focaccia croquante remplie de plein de choses. Pendant que je m’échine à couper ça proprement, Carlo me fait un cour ex cathedra sur l’histoire de la focaccia. Gros coup de cœur pour celle à la porchetta maison, tomates anciennes et roquette (9,50 €). Double slurp sur celle à la Parmigiana di melanzane (aubergines frites sauce tomate et mozzarella) (9,50 €) et léger manque d’assaisonnement pour la version burrata, roquette et tomates cerises (9,50 €). C’est énorme, gras et bon. Un vrai sandwich qu’on a envie de manger comme repas plus que comme apéro. Les bombes frites (7,50 € les deux) ont désormais eu le temps de tiédir. Dans la pâte, un coeur coulant à base de ricotta fraîche, fontina (fromage à pâte pressée), salami, jambon cuit et parmesan. C’est indécent de gourmandise. Vous l’aurez compris, ici on mange des carbohydrates frits avec des excellents produits dessus / dedans. C’est ultraréconfortant et roboratif.

En images, notre repas : 

Bon, à vrai dire on est déjà bien calés. Mais la balade jusque Fripon, le nouveau restaurant de l’hôtel du Berger, nous remet un peu d’aplomb. Le lieu a connu des fortunes diverses. Depuis quelques semaines une nouvelle équipe est en charge et la sauce a l’air de prendre. Thomas Kok et Kamila Ostrowska ont déjà dans les pattes Franz, Richard, Tortue et le café Maison du Peuple. L’horeca décontracté mais de qualité, ils connaissent. La carte est concoctée par Joël Geismar, ex du Garage à manger et fier papa d’El Camion, à mon humble avis le meilleur foodtruck de la capitale. Ce bar art déco des années 30, qui a accueilli des générations de couples illégitimes (l’hôtel a longtemps été un lieu “de rencontres” comme on dit pudiquement) est soigneusement rénové. Grande salle très chic, lumières tamisées, plantes, tables de bistro. Je sirote le cocktail Fripon (10 €) : gin belge Apotek, citron, menthe, sirop de sureau. Carlo passe à l’eau pétillante. Nous partageons l’entrée, une truite saumonée d’Ondeval (13 €) qui se mange “crue ou rien” d’après Carlo, et ça tombe ben, elle est servie en gravlax, dont la sauce bien relevée est une petite fessée. On partage aussi le plat : une tomate (mondée !) qui dégouline de crevettes grises (pas épluchées à la main, mais ça doublerait le prix facile), des frites cuites au blanc de bœuf, mayo maison (22 €).

Idem pour le dessert : cheesecake tout léger au fromage de Beersel, sirop de Liège et speculoos (8,50 €). Mention spéciale pour l’américain en trompe-l’oeil à base de betteraves, un plat végé qui ne se fout pas de la tronche des gens. Fripon fait de la vraie bonne cuisine belge et ne se sent pas obligé de la réinventer ou la déconstruire. Et ça fait du bien aussi. Le choix des producteurs / fournisseurs est pointu et très belge. Chouette carte de vins nature, cocktails intelligents. On peut y boire un verre et grignoter. Le service est désarmant de sympathie.

En images, notre repas : 

L'adresse de ces nouvelles tables ? Monella, 347 chaussée d’Ixelles, 1050 Bruxelles. monella.be Fripon, 24 rue du Berger, 1050 Bruxelles. lebergerhotel.be

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