
Quand vous n’êtes pas chez vous ou au travail, où passez-vous le plus de temps ? Dans des restaurants, dans des cafés, dans les parcs, dans des magasins ou encore à la salle de sport ? Ces lieux sont repris sont le concept de «troisième lieu». Un terme popularisé par le sociologue américain Ray Oldenburg dans son ouvrage The Great Good Place, publié en 1989. Oldenburg décrit ces espaces sociaux comme étant des lieux de rencontre qui se situent en dehors de la maison (le premier lieu) et du travail (le deuxième lieu). Pour lui, les troisièmes lieux sont essentiels à la vie communautaire, car ils favorisent les interactions sociales, l’échange d’idées et le sentiment d’appartenance. En mettant l’accent sur l’importance de ces espaces, Oldenburg a ouvert la voie à une réflexion sur la manière dont nos environnements influencent nos vies sociales et notre bien-être.
En vidéo, on vous emmène découvrir le restaurant Matto :
Ces lieux se caractérisent par leur accessibilité et leur atmosphère accueillante, où chacun peut se sentir à l’aise pour échanger et interagir. Des initiatives locales, comme des événements culturels ou des marchés, contribuent également à dynamiser ces espaces et à les transformer en véritables foyers de vie sociale. Dans un monde où tout est de plus en plus digitalisé, les interactions ont tendance à se faire plus rare. Une tendance accentuée par l’arrivée en masse du télétravail en 2020 durant la pandémie. La vie sociale propre au deuxième lieu (le travail) se voit appauvrie, de même que celle propre au troisième lieu. A quoi bon sortir de chez soi pour rencontrer de nouvelles personnes quand on peut simplement swiper depuis notre fauteuil et sélectionner en quelques clics tous les critères que l’on recherche chez une personne. A quoi bon payer un abonnement à la salle de sport quand on peut gratuitement suivre toute une panoplie de cours de sports en ligne ?
Un lieu vital
En 2024, l’importance des troisièmes lieux est pourtant plus cruciale que jamais. Dans un monde où l’isolement social et la solitude sont en forte hausse, ces espaces jouent un rôle fondamental dans le maintien de liens humains. Ils offrent un répit face aux exigences du travail et de la vie quotidienne, permettant aux individus de se ressourcer et de se connecter avec autrui. Pour redonner de l’importance à ces troisièmes lieux, trop souvent relégué au second plan, on voit émerger de nouvelles activités qui favorisent le partage. Des retraites organisées en groupe pour retrouver du sens dans son quotidien, des espaces de co-working réinventés où l’on se sent comme à la maison, des ateliers créatifs où l’on vient pour boire un verre avec des inconnus avec une passion commune : la peinture, la céramique, etc. Et puis, depuis peu, on voit également un nouveau type d’activité : les runnings clubs, ces clubs de course qui redevienne le nouveau cool et où les gens aspirent à créer du lien social.
“Que l’on connaisse des gens ou pas, on a une bonne raison de participer : courir. Et petit à petit, on rencontre de nouvelles personnes. C’est une manière de se réapproprier la ville. »
Ainsi, les troisièmes lieux ne sont pas seulement des endroits où l’on se rencontre ; ils sont devenus des piliers de notre vie sociale, soutenant notre santé mentale. Des études montrent que des interactions sociales régulières peuvent augmenter l’espérance de vie de 50 %, comparable à des facteurs de risque bien établis comme le tabagisme ou l’obésité. Vous l’aurez compris, la prochaine fois que vous serez atteint du ROMO (Relief Of Missing Out), le phénomène inverse du FOMO, qui consiste à se réjouir de manquer un évènement, repensez à ceci : le troisième lieu est l’endroit où vous créer du lien social, si précieux pour votre santé.
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