
Lorsque les premiers restos italiens sont apparus en Belgique dans les années 60, on parlait de « cuisine italienne pour les palais belges », soit des plats devenus iconiques, mais assez éloignés de la version originale : pas de pasta al’ragu par exemple, mais une bolo’ au haché de porc et veau, qui ferait s’évanouir toutes les nonne d’Emilie Romagne. La cuisine de la Botte s’est ensuite gentrifiée pour entrer dans un registre plus authentique et fier de son terroir, certains le portant même à un niveau gastronomique.
Ces dernières années, nouveau changement de cap avec l’arrivée d’adresses simples et traditionnelles : l’osteria en mode cantine est devenue le nouveau Valhalla des foodies. les pâtes à la saucisse font le buzz en capitalisant sur le retour en grâce des recettes comme celles de nonna. Parce qu’ils sont réconfortants, rassurants et pas trop chers, les plats du pauvre s’invitent désormais sur la carte des trattorias les plus en vue. Que celui qui n’a jamais repéré le mot « nduja » (la fameuse saucisse piquante calabraise) sur la carte d’un restaurant nous jette la première polpette.
À Bruxelles, on pointera Nona, Primo, deux points de chute pour fans de la pasta-nostalgia. À Charleroi, Piergiorgio Murru et Massimo Sillitto, les fondateurs de la brasserie Quai 10, ont récemment ouvert Mama, une adresse qui rend hommage à leurs deux mamans. L’un de leurs plats fétiches : les pastina au bouillon, tout simplement.
Une affaire de famille
À Liège, Rino et Jonathan di Salvo ont bien compris que dans une trattoria nouvelle génération, on se doit de proposer des plats connus et appréciés. Déjà aux commandes du Piccolo Mondo, une enseigne fondée par leur papa, les frères ont donc récemment ouvert Fratelli, une adresse à l’ambiance plus décontractée.
En marge du choix de cinq ou six pâtes (la carte change tous les mois), le duo propose un minestrone qui n’en est pas tout à fait un. Inspirée de la cuisine toscane, leur « Ribollita » (la carte indique « minestrone » pour ne pas embrouiller ceux qui n’auraient pas révisé avant de venir) est une soupe qui a bouilli deux fois (d’où son nom) à base de haricots, chou toscan, tomates et pain rassis. Incarnation même de cette nouvelle cuisine de grand-mère, elle se déguste en plat ou, pour les gros mangeurs, après une série d’antipasti (arancini, polpette, pinsa et tutti quanti). À certains moments de l’année, Jonathan met aussi la fameuse saucisse à l’honneur. La sienne vient d’Italie comme son incroyable pecorino sarde parfumé à la truffe. On arrose tout ça d’un vin des Pouilles, de Toscane ou de Sicile (la plupart sont bios) et on termine par un dessert simple et efficace. Notre coup de cœur : la panacotta framboise twistée à la pistache.
En résumé
C’est quoi ? Une trattoria implantée au cœur de Liège dans un quartier où l’on se croirait à Little Italy.
Pour qui ? Pour une pause rapide à midi, pour une sortie en groupes de copains, ou pour tous ceux qui aiment l’idée de manger au comptoir.
L’ambiance ? Joyeuse et animée. Ici on ne peut pas luncher au calme ou incognito ! Cuisine ouverte et petites tables serrées : c’est bruyant !
Le service ? Sympa et sans chichi. Ici, on vise le lunch « veloce » et en fin d’après-midi, on peut aussi s’y arrêter pour un Spritz.
Le rapport qualité prix ? Plutôt bon. Le néo-minestrone est à 12€. Les pâtes coûtent 20€ max et les vins au verre sont proposés à un prix doux.
7 rue Sœurs de Hasque, 4000 Liège, @fratelli.osteria
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