Strava, Letterboxd, Goodreads… les hobby apps vont-elles nous sauver des réseaux ? - On vous en dit plus sur les hoppy apps. - Camille Vernin

Strava, Letterboxd, Goodreads… les hobby apps vont-elles nous sauver des réseaux ?

Et si le scroll rimait avec culture ? Strava, Letterboxd, Goodreads… De plus en plus d’apps de niche promettent une alternative plus saine aux réseaux sociaux classiques. À condition de ne pas devenir une nouvelle source de pression.
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Les réseaux sociaux nous aspirent. Un scroll de trop sur TikTok, une story de plus sur Instagram, et voilà une heure précieuse évaporée. Mais une nouvelle tendance pourrait bien rebattre les cartes du digital : les hobby apps. Exit le doomscrolling, place aux applications qui nourrissent nos passions plutôt que notre anxiété.

« No show », « ghosting », pourquoi la génération Z n’honore plus ses engagements ? Découvrez notre décryptage en vidéo :

Strava, Letterboxd, Goodreads : la revanche du contenu de niche

Ces applications ont un point commun : elles ne cherchent pas à capter notre attention à tout prix, mais à structurer nos loisirs. Strava pour les sportifs, Letterboxd pour les cinéphiles, Goodreads pour les amateurs de lecture… Plus qu’un simple catalogue personnel, elles créent des communautés autour d’intérêts communs. On y échange des opinions mordantes, on suit les recommandations de ses potes ou de personnalités inspirantes, mais sans la toxicité des réseaux sociaux traditionnels. Pas de course aux likes, pas d’algorithme oppressant ni de bulle de filtre : juste du contenu à valeur ajoutée pour changer.

Sur Strava, les runners trackent leurs performances, comparent leurs chronos avec leurs potes, et s’échangent des kudos. « Savoir que mes runs étaient visibles m’a boosté, ça m’a vraiment aidé à progresser », raconte Thomas, 34 ans, mordu de marathon. Letterboxd, de son côté, permet aux cinéphiles de noter leurs films et de garder une liste de visionnage à jour. Elle rallie notamment les adeptes via TikTok. Dans de courts clips vidéo, elle pose la question à un million aux acteurs de leur génération : « quel est votre film préféré ? ». Elle publie au passage toute l’actu liée au cinéma, des interviews, des bandes-annonces, jusqu’à un mème de Swann Arlaud dansant à l’after-party de Beyoncé.

« Avant, je regardais un film et je l’oubliais directement. Maintenant, je prends le temps d’analyser ce que j’ai vu, ça enrichit mon expérience », confie Clara, 28 ans, accro au cinéma. Sur Goodreads, les lecteurs se challengent avec des objectifs annuels et se motivent entre eux. « L’an dernier, j’ai visé 50 livres et ça m’a fait découvrir des styles que je n’aurais jamais testés », raconte Sophie, 31 ans. « Mais je me laisse aussi le droit de ralentir quand j’en ressens le besoin ». On y note aussi les livres, une aide bienvenue lorsqu’on se sent un peu perdu dans les rayons de la Fnac. Un succès tel que même les grands auteurs ont fini par l’adopter : Stephen King est suivi par 860 000 abonnés et John Green compte plus de 300 000 fans sur Goodreads.

Des alternatives plus saines aux mastodontes du social media ?

D’autres hobby apps fleurissent dans l’ombre des géants de la Silicon Valley. Discogs pour les collectionneurs de vinyles, Daily art pour les férus d’art, Stash pour les amateurs d’investissement, ou encore AllTrails pour les adeptes de randonnée. Elles se distinguent par un objectif clair : mettre en avant le contenu avant l’utilisateur. Contrairement à Instagram ou Facebook, où l’on se met en scène, ici, c’est l’activité qui prime. Sur Strava, ce n’est pas la tenue de sport qui compte, mais la performance. Sur Letterboxd, on ne poste pas de selfies devant un écran de cinéma, mais une critique argumentée. Une bouffée d’air frais à l’ère de l’ego digital hypertrophié.

De là à les concurrencer ?

Peuvent-elles pour autant supplanter les mastodontes que sont Meta ou X ? Probablement pas. Leur portée est volontairement limitée à un public passionné, là où les réseaux sociaux mainstream misent sur l’ultra-accessibilité. Mais elles répondent à un besoin de retour à des interactions plus qualitatives, loin de la dictature du buzz. En réalité, elles incarnent moins une rupture qu’une cohabitation possible avec les réseaux sociaux classiques. Une manière de créer un équilibre sain dans son utilisation du smartphone, et de détourner les écrans souvent diabolisés à des fins de culture générale et de développement personnel.

Reste que ces applications ne sont pas totalement exemptes de travers. Elles peuvent elles aussi entretenir une forme de pression sociale, où il faut toujours lire plus, courir plus vite ou mater plus de films pour être à la page. Une nouvelle forme de gamification qui, si elle motive certains, peut aussi engendrer une nouvelle forme d’anxiété de performance.

Et si, demain, nos feeds restaient le terrain de jeu des tendances virales, tandis que les hobby apps devenaient nos bulles d’échange et de découverte ? Un équilibre entre la dopamine du scroll et le plaisir d’un vrai engagement. Et si c’était ça, la vraie révolution digitale ?

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