
Il a le goût des années fac, des dîners de dernière minute et des snacks new-yorkais un peu fatigués. Le tuna melt, cet hybride de sandwich chaud au thon et au cheddar, est en train de signer un retour discret mais remarqué. Dans les coffee shops pointus, les bistrots de quartier revisités, jusque dans les fils TikTok de foodies nostalgiques, il ressurgit. Toasté, coulant, un peu rétro, carrément réconfortant – le genre de come-back qu’on n’a pas vu venir, et qu’on est plutôt content de voir arriver.
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Le tuna melt, c’est quoi exactement ?
Son ADN est simple : un pain toasté, une salade de thon à la mayonnaise (parfois relevée de céleri, de cornichons ou d’oignon rouge), une belle tranche de cheddar qui dégouline, et un passage à la poêle ou au gril pour que tout ça tienne ensemble dans un désordre savoureux. Le tout surmonté de généreuses feuilles de laitue iceberg pour mêler fondant et croquant, chaud et froid. Un plat sans prétention, pensé pour dépanner, nourrir, consoler. Il a la chaleur des plats pas instagrammables, mais qui remplissent vraiment.
D’où vient-il ?
On retrace ses origines aux diners américains des années 1960. À l’époque, le tuna salad sandwich était déjà un classique, mais un jour, raconte-t-on, un cuisinier aurait laissé tomber une tranche de cheddar sur une commande de thon. Il l’a passée au grill pour ne pas gaspiller. Naissance accidentelle d’un hit. Très populaire dans les diners, les lunchs counters et les cuisines familiales, il a connu son heure de gloire dans les années 80-90, avant de tomber en désuétude, ringardisé par la vague veggie, les poké bowls et le pain sans gluten.
Pourquoi ce revival ?
Parce qu’on est en pleine ère de la comfort food nostalgique. Après les mac’n’cheese revisités et les œufs mimosa stylisés, c’est au tour du tuna melt d’être remis sur le devant de la scène. Il coche toutes les cases : rapide, pas cher (du moins si on le prépare soi-même), régressif, rassasiant, et avec un petit twist vintage qui plaît à la génération Z autant qu’aux millenials.
Non, le tuna melt n’est pas qu’un effet de mode (pour une fois). Il parle à la mémoire sensorielle, à ce qu’on mangeait enfant ou ado, aux plats qu’on croit honteux avant de les revendiquer. Il incarne aussi un mouvement culinaire plus large : celui du retour à des recettes simples, sans storytelling prétentieux, mais avec un vrai savoir-faire dans l’exécution. On n’est plus dans la junk food mais dans la version décomplexée de la comfort food. Une cuisine chaude, simple, efficace, qui assume de venir du bas de la hiérarchie food et qui en joue avec panache.
Où en trouver à Bruxelles ?
On le retrouve chez Jacq’s Toastery, les maîtres du sandwich au fromage grillé, à 15€ accompagné de cornichons. Mais aussi chez Kosto, le nouveau repère à brunchs et cafés de spécialités au bord du canal, pour le même prix. Pour se la jouer new-yorkais vrai de vrai, rendez-vous chez Elbow Lunch Counter et son décor américian surrané. Dernièrement, c’est le Café Costermans, nouveau QG irrésistible du Sablon, qui l’a intégré à sa carte (14€), rehaussé avec de la sauce piquante.
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