
Peu de personnalités peuvent se targuer d’avoir une poupée Barbie à leur effigie. La joueuse de tennis Venus Williams vient de rejoindre ce cercle très fermé. La sportive a en effet inspiré une nouvelle poupée dans la série Inspiring Women où l’on retrouve d’autres grandes personnalités féminines comme Frida Kahlo, Rosa Parks ou encore la Dr Jane Goodall. «Barbie rend hommage à ses performances exceptionnelles et à son engagement infatigable pour l’égalité des chances dans le sport et dans la société» lit-on dans un communiqué de presse. La poupée reproduit fidèlement le look iconique de Venus Williams lors de sa victoire historique en 2007 à Wimbledon. Elle porte une tenue de tennis blanche, un collier vert, un bracelet de poignet, une visière, ainsi que des accessoires comme une raquette et une balle de tennis.

Cet été 2025 semble bien être celui de Venus Williams. En plus de sa poupée Barbie, elle vient de recevoir une invitation pour jouer son 25ème US Open. Le 23 juillet dernier, elle foulait les courts du tournoi de tennis de Washington après 16 mois d’absence. Un retour événement à 45 ans qui soulève des questions : l’ancienne numéro 1 a-t-elle toujours sa force de frappe ? Va-t-elle pouvoir rivaliser avec la jeune génération et remporter ce match ? Quoi qu’il en soit, elle est et restera une véritable icône. Et on vous dit pourquoi.
Une femme qui se casse les codes du sport
Voir un athlète revenir sur le devant de la scène est toujours très commenté, surtout quand il s’agit d’une femme. Pour son come-back, Venus Williams affrontait la jeune Peyton Stearns âgée de 23 ans. Plus de 20 ans et 500 places au classement WTA séparent les deux sportives. Sur le papier, on a l’impression d’assister à un David contre Goliath des temps modernes. Et comme à la fin du récit, c’est celui qu’on n’attendait pas qui a gagné le combat. Venus Williams s’est imposée avec la manière face à sa compatriote 6/3 ; 6/4. Elle est ainsi devenue la deuxième femme la plus âgée à gagner un match sur le circuit féminin après Martina Navratilova qui s’était imposée à Wimbledon en 2004 à 47 ans et 8 mois. Venus Williams a certes été battue au second tour, mais sa victoire tord le cou aux idées reçues. Non, une sportive n’est pas finie à 45 ans. Oui, elle est encore capable de gagner des matchs et de rivaliser avec les nouveaux talents.
Un duo légendaire avec sa sœur Serena
Impossible de ne pas mentionner Venus Williams, sans citer sa sœur cadette Serena. Les deux sportives ont régné sur le circuit féminin pendant une quinzaine d’années. Chacune de leur rencontre était attendue. Preuve de leur notoriété, une page Wikipedia sur leur rivalité a été créée.
Les sœurs Williams ont marqué leur sport et leur époque grâce à leur complicité et leur détermination. Les deux sont nées dans un quartier défavorisé de Compton, en Californie. Elles sont entraînées par leur père, Richard Williams, et réussissent à gravir les échelons d’un sport encore très élitiste, en imposant leur force, leur style, et leur histoire. Malgré une rivalité sur les courts, le duo a toujours fait preuve de solidarité. Elles se sont affrontées à de nombreuses reprises en finales de Grand Chelem, dans des matchs parfois très disputés. Elles ont aussi uni leur talent lors de matchs de double. La paire a glané l’or olympique à trois reprises, à Sydney en 2000, à Pékin en 2008 et à Londres en 2012. La compétition n’a jamais altéré leur lien unique, mais a renforcé leur sororité devenue presque sacrée.
Une sportive qui libère la parole
Venus Williams ne se contente pas de bien jouer au tennis. La sportive ose prendre la parole sur des sujets sensibles ou en tout cas encore trop peu mis en lumière. Il y a quelques semaines, elle se livrait sur sa fibromyalgie, une maladie qui touche entre 2 % à 5 % de la population mondiale, dont principalement des femmes. Dans une interview accordée à Today Show sur NBC News, Venus Williams ne cache rien du mal qui la ronge depuis 30 ans. Sa prise de parole est importante et essentielle « personne ne connaît ce problème, personne n’en parle et personne ne devrait à subir ça » insiste-t-elle.
La tenniswoman ne cache rien des douleurs provoquées par sa fibromyalhie. Elle confie que chaque mois, au moment des règles, elle était prise de crampes et de nausées. Les douleurs étaient si intenses qu’elle était obligée de s’allonger sur le sol avant certains matchs pour apaiser sa douleur. Venus Williams n’hésite pas à évoquer ses règles abondantes. Son flux était si intense qu’elle devait superposer les couches de vêtements pour dissimuler les saignements en cas de fuite. Enfin, elle dénonce et pointe du doigt le comportement de certains professionnels de santé. Venus Williams s’est confrontée au manque d’écoute, d’empathie, où elle s’est entendue dire plus d’une fois : « c’est normal d’avoir mal pendant les règles ».
Un modèle pour les jeunes Afro-Américaines
Le tennis a longtemps été considéré comme un sport élitiste destiné aux blancs, riches, issus d’une classe populaire aisée. Venus Williams est parvenue à briser ce plafond de verre. Son parcours a prouvé que l’on pouvait venir d’un quartier populaire, être noire, ambitieuse, et arriver à régner sur l’un des sports les plus codifiés au monde. Elle s’est imposée comme un modèle pour de nombreuses petites filles afro-américaines qui ont pu se censurer et ne pas oser pousser les portes d’un club de tennis proche de chez elles, car pas assez dans la norme.
Venus Williams a démontré que les jeunes filles noires ont elles aussi leur place sur les courts et sont capables de remporter les plus grands tournois du circuit. Elle a ouvert la porte à d’autres tenniswomen qui incarnent la relève comme Coco Gauff, la récente vainqueur de Roland Garros tout juste âgée de 21 ans, mais aussi Naomi Osaka qui a elle aussi fait bouger les lignes en évoquant publiquement sa santé mentale.
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Une entrepreneuse accomplie
Cette facette de Venus Williams est plutôt méconnue, et pourtant. La sportive est douée sur les courts… et dans les affaires. Venus Williams a très vite eu conscience que sa carrière de tenniswoman ne sera pas éternelle. Elle a alors anticipé et préparé l’après-tennis en bâtissant un empire personnel. Dès 2002, elle fonde V Starr Interiors, un studio de design d’intérieur basé en Floride, qui signe des projets résidentiels, hôteliers ou commerciaux. Un pari audacieux dans un univers a priori éloigné du sport, mais qui témoigne de sa volonté de bâtir un héritage au-delà de son image d’athlète.
L’Américaine est également à la tête de EleVen by Venus Williams, une marque de vêtements de sport lancée en 2007 dont le nom est tiré de la maison d’enfance de la sportive. Et quoi de mieux que d’être la meilleure ambassadrice de sa propre marque ? Venus Wiliams portait des tenues EleVen lors de sa victoire à Wimbledon en 2008, sa robe était évidemment blanche comme le veut la tradition du tournoi londonien. Tout un symbole.
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