Friendflation, ou quand « être un bon ami » vous coûte un bras - L’amitié, entre temps partagé et addition salée. - Camille Vernin

Friendflation, ou quand « être un bon ami » vous coûte un bras

Spritz à 13 €, EVJF hors de prix et city-trips obligatoires... Pour beaucoup, l’amitié se vit de plus en plus à découvert. Alors, comment continuer à s’aimer sans finir en PLS bancaire ?
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On dit que l’amour n’a pas de prix... mais l’amitié, si. Un récent sondage a même dévoilé son coût exact : 433$ par mois (environ 370€) pour la Gen-Z, et 482$ (413€) du côté des Millennials. De quoi donner envie de rester enfermé devant The Last of Us en slurpant une portion d’Aïki Noodle. Bienvenue dans l’ère de la friendflation, un millième anglicisme pour témoigner d’une réalité très simple : avoir des potes, ça coûte un bras.

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Quand l’amitié devient un luxe

Entre le cocktail à 14€ en terrasse, une addition à la romaine partagée avec une table de sacrés bons vivants et une bague Hermès pour l’anniversaire de la pote la plus exigeante de la bande, les sorties entre amis ressemblent de plus en plus à une forme d’impôt déguisé. 

À tel point que le phénomène a été documenté. Aux États-Unis, près de 40 % des gens reconnaissent négliger leurs amis car il est devenu trop cher de les voir. Pire encore : un ami sur dix a déjà mis fin à une relation parce qu’il n’arrivait plus à suivre financièrement. Au Royaume-Unis, on estime qu’un enterrement de vie de jeune fille se rapproche en moyenne des 779£ (soit 900€), parfois plus de 1 200£ (1 400€) si ça se passe à l’étranger. Le dillemme : ruiner son amitié ou son compte épargne.

Où sont passés les troisièmes lieux ?

Mais la friendflation n’est pas qu’une question de cocktails trop chers. C’est le symptôme d’un monde où les « troisièmes lieux » (les parcs, les cafés, les places publiques où on se retrouvait gratuitement) se sont effondrés. Résultat : pour voir ses amis aujourd’hui, il faut consommer. Les bars remplacent les bancs et les voyages à l’autre bout du monde deviennent les nouveaux mariages. C’est comme si l’on payait pour entretenir son lien social en quelque sorte.

Résister sans se couper du monde

Mais que faudrait-il faire ? Feindre l’oubli d’un anniversaire, couper les ponts ? Non merci. Peut-être simplement se retrouver autrement : une bonne pizza à la maison et une bouteille de rouge suffisent parfois amplement. Inutile d’enchaîner les Spritz hors de prix en serrant les dents. Un pique-nique, un jeu de société, une marche dans le parc… tout ce qui coûte zéro ressemble soudain à une résistance joyeuse. L’amitié, c’est aussi se contenter d’être ensemble, sans forcément se ruiner ensemble.

Le mieux pour cela ? Parler ouvertement budget. Pas besoin d’en faire un drama, juste rappeler à ses amis que tout le monde n’a pas le même salaire, et qu’une bonne balade au parc vaut parfois aussi bien voire mieux qu’une addition salée dans le dernier resto à la mode. Si un ami vous fait sentir coupable parce que vous ne pouvez pas suivre financièrement, ce n’est pas votre budget qu’il faut remettre en question, mais la relation. Pour rappel, l’amitié est censée alléger la note, pas l’alourdir.

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