
On croyait que le pire était derrière nous. Qu’on avait touché le fond du mème, épuisé tous les formats absurdes que TikTok et Instagram pouvaient recracher sur nos écrans. Qu’il n’y avait plus rien à inventer.... puis l’EEFFOC a débarqué. Aussi appelé Adrian Eeffoc Brainrot ou Adriancore, il se présente sous la forme d’une décharge électrique numérique. Ca grésille, ça hurle, ça crépite dans tous les sens, comme un mashup visuel et sonore qui ressemble à tout et à rien en même temps. Et qui, pourtant, semble parfaitement résumer l’état de nos cerveaux carbonisés. Si ce bug dans la matrice s’est rapidement transformé en trend sur TikTok et Insta, c’est parce que bizzarement... on aime bien ça.
Mais c’est quoi le « Brain Rot », le mot de l’année 2024 ?
Mais c’est quoi exactement, l’EEFFOC ?
Know Your Meme et L’ADN parlent d’une sorte de brainrot 2.0. Vous savez, ce terme pour désigner le pourrissement du cerveau qui avait été élu mot de l’année en 2024 par l’Université d’Oxford. Ici, c’est exactement le même phénomène, mais en pire : des vidéos virales et incontrôlables, des montages où se télescopent des fragments de culture internet — « Adrian, Explain Our Friend Group », « Coffee spelled backwards is eeffoc », « A Barbershop Haircut That Costs a Quarter »… Tout y passe, recraché dans une tempête visuelle et sonore qui défie toute logique.
Une orgie sensorielle que l’on n’essaie même plus de comprendre. Ça clignote, ça grésille, ça saute d’une image à l’autre, ça passe de bruit blanc à remix techno en moins d’une seconde. Effets stroboscopiques, parasites visuels, arcs-en-ciel qui explosent... Ce serait un peu comme faire défiler son feed à 300 km/h, sauf que tout arrive en même temps. Et étrangement, ça provoque une sorte de mini extase, une seconde d’abandon aussi absurde que délectante.
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Pourquoi ça fonctionne (et pourquoi ça nous met aussi mal)
Car ce que l’EEFFOC révèle de nous finalement, c’est que nous sommes complètement rincés, saturés d’images, de sons, de notifications. Comme si ces vidéos venaient en fait nous tendre le miroir déformant de nos propres contradictions. Et nous servir de purge d’une certaine façon. En poussant l’absurde jusqu’à l’implosion, quelque chose en nous expérimente une forme de soulagement. Bref, on adore détester ça. Parce que c’est moche, vide, énervant... mais aussi parce que c’est exactement ce qu’on regarde en boucle constamment.
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