
Les images ont fait le tour du monde. Sur les réseaux sociaux, des vidéos consacrées au phénomène du scream clubs fleurissent. On y voit des femmes et des hommes, jeunes et plus âgés, réunis pour crier. Les cris sont intenses, certains y mettent beaucoup de voix (et beaucoup de cœur au passage). Les scream clubs connaissent surtout du succès aux États-Unis et en Angleterre. De Londres à Chicago, les habitants hurlent à pleins poumons et en communion.
Scream clubs : mode d’emploi
Concrètement, comment se passe une séance de scream clubs ? Les personnes se réunissent dans des parcs, des collines ou au bord de l’eau pour crier de toutes leurs forces. L’objectif ? Évacuer le négatif, la pression et les tensions accumulées au quotidien. Le cri devient alors un exutoire, voire carrément une thérapie. Les participants se regroupent à l’endroit choisi, commencent souvent par des exercices de respiration ou quelques minutes de réflexion pour déterminer ce qu’ils vont libérer. Ils crient ensuite ensemble, parfois à plusieurs reprises, jusqu’à ressentir un soulagement physique et émotionnel. S’ensuivent des moments de silence ou de discussion permettant d’échanger sur l’expérience. Les participants décrivent souvent un apaisement immédiat, comme si une tension physique et mentale s’était dissipée.
Pourquoi ça plaît ?
Le succès de ces rassemblements tient à plusieurs facteurs. Il y a d’abord le stress ambiant. Entre pression et anxiété, les individus cherchent à se libérer. Les activités manuelles aident à atteindre ce fameux lâcher prise avec l’engouement autour de la céramique et de la poterie depuis quelques années, mais crier vient chercher quelque chose de plus profond et de plus puissant. Crier n’est pas dans nos habitudes : on se plaint, on ronchonne, on lève la voix, mais on ne crie pas en groupe et encore moins en public. Dans nos sociétés, le cri est perçu comme quelque chose de déplacer, d’incompris aussi, synonyme de colère.
L’influence des réseaux sociaux participe au succès des scream clubs. Une fois de plus, c’est sur TikTok que la tendance a émergé. Filmer un cri collectif pour le repartager amplifie l’effet viral, donnant envie à d’autres personnes de tenter l’expérience. Les scream club sont la plupart du temps gratuits, ouverts à tout le monde et donc inclusifs. Un critère qui plaît de plus en plus à la génération Z, désireuse de participer à des événements où tout le monde a sa place, sans la moindre distinction. Les scream clubs prônent également la sincérité : il n’est pas question d’être dans la performance et de se lancer dans un concours de celui ou celle qui criera le plus fort. Il y a aussi l’idée de vulnérabilité. Crier, c’est se mettre à nu, se montrer sous un visage loin d’être à notre avantage.
Si le phénomène rappelle la scream therapy des années 60-70, il se distingue par son aspect collectif et ludique. Le cri en public devient accepté, voire encouragé avec une dimension sociale essentielle. Le groupe transforme un acte individuel en rituel partagé, renforçant le sentiment d’appartenance. Les vidéos virales et les témoignages montrent que, même si ce n’est pas une thérapie professionnelle, l’expérience procure un réel bien-être momentané.
Les scream clubs sont pour le moment implantés dans les grandes villes. L’occasion pour les citadins de vivre une libération émotionnelle loin des contraintes du quotidien. Il n’existe pas de scream clubs en Belgique, mais il y a fort à parier que le phénomène va sans doute bientôt s’implanter chez nous à l’instar des runnings clubs, des supper clubs et autres tendances vues TikTok et Instagram.
Adeline Blondieau nous raconte en vidéo son parcours de comédienne à sophrologue dans « Sous le Soleil » :
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