Il y a Pantone et sa couleur, qui nous indiquent la tendance déco, mode, lifestyle de l’année à venir… Et a contrario, il y a le mot (ou expression) de l’année, déterminé par Oxford Languages (organisme lié à l’université d’Oxford), qui jette un regard sur l’année écoulée. Là où le premier pousse à la positivité, le second nous renvoie à une triste réalité…
Le choix du « mot »
Pour déterminer le mot ou l’expression qui symbolise l’année, des linguistes et lexicographes (éditeurs de dictionnaires) repèrent au fil des mois les mots et expressions, nouveaux ou émergents, ou qui connaissent un nouvel usage… Pour cela, ils analysent la presse, les livres, les réseaux sociaux, les sites web… Plusieurs mots et expressions, dont l’usage s’est amplifié ou qui ont pris un sens nouveau, sont alors identifiés et listés. Progressivement, cette liste est réduite à seulement quelques « candidats ». Et les « finalistes » sont ensuite soumis à un vote public (auprès de 30 000 personnes).
À noter que le « lauréat » n’est pas destiné à intégrer le dictionnaire, sa fonction est plus symbolique : il sert essentiellement de reflet de l’époque, il symbolise une ambiance, une inquiétude (ou un enthousiasme, mais soyons honnêtes, c’est plus rare). On l’aura compris : ce travail titanesque, anecdotique aux yeux de certains, revêt une importance énorme au niveau sociologique et culturel. Il ne s’agit pas de célébrer le mot élu, mais de pointer un état d’esprit… et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’au vu des derniers résultats, le monde ne va pas bien !
Et le « gagnant » est…
Pour 2025, le choix des experts s’est donc posé sur « rage bait », devant « aura farming » (ou booster son aura, en gros ; exagérer volontairement l’image de soi pour augmenter sa position sociale, son influence, l’admiration, etc.) et « bio hack » (qui concerne l’ensemble des pratiques visant à améliorer le corps et l’esprit, via des méthodes issues de la biologie, de la nutrition, des sciences, etc.).
L’expression « rage bait » est utilisée pour pointer les contenus digitaux pensés pour provoquer de la colère (et surtout, générer du clic, du clic, du clic !). Oxford définit le terme en ces mots : « Un contenu en ligne délibérément conçu pour susciter la colère ou l’indignation en étant frustrant, provocateur ou offensant ». Un appât de rage est « généralement posté afin d’augmenter le trafic ou l’engagement avec une page web particulière ou un compte de réseau social ». Un choix qui pointe donc une tendance exacerbée à la manipulation émotionnelle sur les réseaux sociaux dans le seul but de générer de l’engagement (des clics donc). Au vu des récentes actualités, le choix semble hélas approprié...
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