Quand le nombre de touristes dépasse, parfois de très loin, la réelle capacité d’accueil d’une ville ou d’une région, ça dérape. Trop de monde génère trop de bruit, trop de pollution, pas assez de logements, des prix trop élevés, etc. Et cette surfréquentation affecte tout aussi bien les touristes, qui ne profitent pas de leur séjour, que la population locale, qui doit faire face à de nouveaux défis, notamment pour se loger et pour se nourrir. Sans parler des lieux mêmes, entre les bâtiments dégradés et les écosystèmes déséquilibrés.
Pour endiguer le phénomène, les autorités locales ont donc pris des mesures, en particulier après la pandémie de Covid-19. Celles-ci incluent aussi bien l’instauration de taxes, de droit d’entrée, la limitation du nombre de logements à court terme, et pourraient encore être renforcées dans les années à venir.
À Venise, un droit d’entrée et des restrictions partielles
Avec ses millions de visiteurs annuels, la Cité des Doges est sans doute le meilleur exemple de surtourisme en Europe. En 2023, L’UNESCO avait appelé à la place sur la liste des patrimoines en péril… ce qui n’a toujours pas été appliqué. De leur côté, les autorités vénitiennes ont introduit, en 2024, un droit d’entrée de 5 à 10 euros pour les touristes d’un jour, les jours de fortes affluences. Un droit dont il faut par ailleurs s’acquitter en ligne au préalable (toutes les infos sont ici).

Le but ? Réduire le nombre d’excursionnistes, qui saturent les infrastructures et consomment au final, assez peu. La ville a par ailleurs aussi interdit l’accès aux plus gros navires de croisière dans la lagune, et limité la taille des groupes guidés à 25 personnes. L’usage des haut-parleurs est également prohibé, afin de réduire la pollution sonore qu’ils engendraient.
À Ibiza, moins de voitures
Chaque année, l’île festive des Baléares accueille plus de trois millions de touristes alors qu’elle compte à peine 160 000 habitants. Face aux plaintes de ces derniers qui se sentent – à juste titre – « envahis », le gouvernement local a décidé de limiter l’afflux de visiteurs. Entre janvier et septembre inclus, seulement 20.000 véhicules de non-résidents peuvent désormais circuler chaque jour sur l’île (dont 16.000 de location, venant de la flotte de l’île). En outre, les véhicules devront être enregistrés en amont.

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À Dubrovnik, moins de touristes d’un jour
Autre cas bien représentatif du surtourisme en Europe, celui de Dubrovnik. On compte en moyenne 27 touristes par habitant ! La Perle de l’Adriatique a donc pris quelques mesures pour protéger son patrimoine et maintenir la qualité de vie de ses habitants. Ici aussi, le nombre de touristes d’un jour est visé, avec la limitation du nombre de navires de croisière autorisés à rentrer dans la ville, soit deux par jour. Et chacun doit rester au port moins de huit heures.

En outre, l’accès à certains sites se fait désormais uniquement sur réservation, afin de réguler le flux des visites. Enfin, le contrôle des autocars a été renforcé pour éviter que ceux-ci qui arrivent tous en même temps aux mêmes endroits, congestionnant la circulation et les parkings.
À Amsterdam, sus aux hôtels et locations
Pour freiner l’afflux de touristes, la ville a mis en place des mesures structurelles, visant notamment le secteur hôtelier : augmentation de la taxe de séjour (12.5 % du coût de l’hébergement, un des taux les plus élevés du Vieux Continent), gel de nouvelles constructions hôtelières, règles strictes pour la location de courte durée (15 nuits par an maximum dans certains quartiers).

À Bruges, moins de bateaux
La Belgique n’est pas épargnée par le surtourisme. La Venise du Nord voit en effet chaque année plus de 8 millions de touristes se balader dans ses rus (alors que la ville ne compte que 120 000 habitants). Et pour la plupart, des touristes d’un jour.

Depuis 2019, la ville a donc tenté de réduire ce flux en limitant à deux (au lieu de cinq précédemment) le nombre de bateaux de croisière pouvant accoster à Zeebruges par jour. En outre, la ville interdit l’ouverture de tout nouvel hôtel et locations saisonnières. Quant aux groupes guidés, ils sont limités à 20 participants.
Une autre façon de découvrir une région d’Espagne : le train
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