
Ni pour, ni contre : juste une autre option
Derrière NONA, il y a Charlotte Matthys, bio-ingénieure de formation, qui n’a jamais cherché à opposer les camps. « Mon univers tourne autour de la technologie, de l’hospitalité, de la nourriture et de l’innovation. J’ai toujours eu ce sentiment de vouloir créer un produit, quelque chose qui ait du sens », explique-t-elle.
Son constat est simple : « Aujourd’hui, on voit de plus en plus de produits liés à l’alcool ou au sucre… et je pense qu’il faut trouver un équilibre. Parfois on veut un certain style, parfois non. » D’où cette idée d’un produit qui permette de garder les codes du cocktail — sans imposer l’alcool comme passage obligé.
Des spiritueux sans alcool
Chez NONA, on parle sans détour de spiritueux sans alcool haut de gamme. Des bases conçues pour la mixologie, capables de remplacer un gin ou un spritz dans les recettes les plus populaires. « Mon idée, c’était de proposer une alternative : un produit sans alcool, ou en tout cas différent du cocktail classique. On choisit juste pour le plaisir. »
La fabrication suit la même logique de précision : distillation à la vapeur, aucun ajout d’alcool ni de sucre, et un travail poussé sur les botaniques. NONA June en combine neuf, NONA Spritz vingt-sept, NONA Ginger douze. Pour affiner ces profils aromatiques, Charlotte Matthys s’est entourée de chefs et de sommeliers, histoire de vérifier que le résultat fonctionne aussi bien sur le papier que dans le verre.
Dans la catégorie des sans-alcool, on retrouve aussi le Kéfir :
NONA Spritz, l’icône “flexi”

C’est avec NONA Spritz que la marque a réellement changé d’échelle. Notes d’agrumes nettes, amertume bien maîtrisée, esprit aperitivo intact : le produit s’est imposé comme une alternative crédible au spritz classique. Suffisamment sérieuse pour séduire les professionnels, suffisamment accessible pour s’inviter à la maison.
Aujourd’hui, NONA Spritz est disponible en supermarché, tout en étant servi dans des restaurants étoilés Michelin comme The Jane à Anvers. Et surtout, il s’exporte : la marque gagne en visibilité bien au-delà des frontières belges, portée par un public qui se reconnaît dans cette nouvelle manière de consommer.
Une success story à la belge

À moins de 30 ans, Charlotte Matthys revendique une vision très business, mais sans grandiloquence. « Je veux créer mon propre produit et voir comment il va évoluer. Je crois profondément que les gens adhéreront à cette autre façon de consommer. » Les prochaines années ? « Une période de croissance et d’innovation, quelque chose de simple d’accès, tourné vers le futur. » Les chiffres confirment que la trajectoire de Nona Drinks dépasse largement l’effet Tournée Minérale. En trois ans, la marge brute est passée d’environ 960 000 euros en 2021 à plus de 2 millions d’euros en 2024, soit plus du double. Un indicateur clé pour une marque de boissons, qui montre que la montée en gamme du sans-alcool peut aussi rimer avec rentabilité.
Son ambition reste pourtant étonnamment terre-à-terre : « Il n’est pas nécessaire d’avoir beaucoup d’argent pour faire bouger les choses. »Au fond, NONA ne vend ni sobriété imposée ni révolution. Elle accompagne une tendance déjà bien installée : celle des flexitariens de l’alcool, qui adaptent leur verre à l’instant, à l’envie, au contexte. Février ou pas, avec ou sans alcool, mais toujours avec du goût. Et c’est sans doute pour ça que l’alternative belge au spritz continue de faire parler d’elle — ici, et de plus en plus ailleurs.
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