
Bruxelles n’avait pas besoin d’une énième halle gourmande pour touristes. Le marché sature sous les concepts copier-coller. RATZ l’a bien compris en ne proposant pas un food market, mais un « food bazar » hybride et punk. Un écosystème de 3 000 m² où l’on vient dévorer une street-food coréenne brute avant de se perdre dans une kasbah futuriste, entre un Comedy Club, un ciné de 60 places et un vaste marché vintage.
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Silence, ça tourne
Pas de panneaux 4x3 agressifs, pas de matraquage digital. Juste du mystère. Assez pour attirer 7 500 followers sur Instagram sans rien dévoiler ou presque du futur projet. « Aujourd’hui, pour exister, il faut intriguer. On a choisi le silence », confie Laura Cornil. « Notre stratégie, c’est une invitation pour les initiés. On assume le côté marginal du rat : à la croisée entre l’abondance et la sagesse orientale et le rejet occidental. »
Casting cinq étoiles, assiettes sans filtre
Le line-up a de quoi faire bégayer la concurrence : 14 stations qui relient l’Asie au Moyen-Orient. « L’idée, c’est de manger comme dans une ruelle de Séoul : du vrai, du chaud, pas du ‘dressé pour Instagram’ », martèle Laura. Parmi les têtes d’affiche de ce nouveau lieu, l’inoxydable Georges Baghdi Sar (My Tanour) déclinera 5 univers levantins, tandis que les frères Leone (La Piola) assureront la caution méditerranéenne.
La révolution du fût : 98% sans bouteilles
C’est le vrai hack de RATZ. Avec 39 lignes de tirage, le lieu bannit la logistique lourde du verre jetable. « C’est une démarche jusqu’au-boutiste qui nous coûte cher en énergie, mais c’est non-négociable », explique la coordinatrice. Laura Cornil y injecte d’ailleurs ses propres recettes du Kawa Club : ice tea fleur d’oranger ou limonade gingembre ultra-chargée. Même le kombucha (RISH) et le vin arrivent en fûts réutilisables. Radical.
Du vin dès 5€
À l’heure où tout le monde vend des étiquettes, RATZ mise sur la « No Name Policy ». « On privilégie le Quality Over Label. Nos vins sont sourcés pour leur goût, pas pour leur blase, ce qui nous permet de sortir des pépites à 5 € le verre. » L’objectif ? Que le foodie pointu et le voisin d’Ixelles se partagent la même table sans check de compte en banque.
Machine sociale et upcycling massif
Sous le décor sourcé et chiné par Thierry Goor lors de voyage dédiés (tables fabriquées à partir de faces avant de trains, vieux planchers de gym), RATZ cache un moteur social sérieux : 100 employés à temps plein. « On ne veut pas être une simple machine à cash pour le quartier, mais un acteur humain, avec des emplois stables », conclut Laura Cornil.
RATZ n’est pas seulement le projet le plus massif de la bande (Wolf, Fox, Bortier), c’est surtout le plus affûté. Un bazar immersif qui promet une joyeuse dérive urbaine entre Bangkok et Marrakech. Ouverture des vannes le 19 février : préparez-vous au décollage.
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