
Depuis près de 175 ans, ce passage emblématique est une pièce maîtresse de Bruxelles. La galerie Bortier, nichée au pied du Mont des Arts, vient de s’offrir une véritable renaissance. Aux manettes ? Thierry Goor, serial entrepreneur à qui l’on doit déjà le Wolf (depuis revendu) et le Fox. Rien que ça. Cette fois, son ambition était claire : rendre à cette galerie son aura d’antan, prisée des bouquinistes, amateurs d’art et chineurs d’objets anciens. Mais pas seulement. L’idée était aussi de dynamiser l’endroit en accueillant des talents variés : artisans de bouche, brasseurs, fleuriste, et même un café littéraire. Résultat ? Un lieu hybride où l’on peut flâner, siroter, déguster, fouiner et s’évader dans les mots.
Impossible de résister à l’appel de cette galerie Bortier 2.0. Alors, on a tout exploré : chaque porte poussée, chaque échoppe testée, chaque recoin déniché. Verdict ? Ça en jette ! Ce qui séduit d’emblée, c’est la diversité des visiteurs : des aventuriers nostalgiques, des bandes de copains, des travailleurs en quête de pause, des étudiants curieux, des couples en balade… Ici, tout le monde trouve sa place. On traverse simplement, ou on s’arrête pour s’asseoir là où le cœur en a envie. Une table au milieu de la galerie pour observer les passants, ou une immersion dans l’un des lieux pour découvrir un univers à chaque fois unique et inattendu.
Découvrez en vidéo notre immersion au cœur de la galerie Bortier à Bruxelles :
Plein de micro-adresses surprenantes
Tout au fond, il y a la Gazzosa, un italien qui tient dans quelques mètres carrés à peine. De quoi contenir une micro-cuisine, un comptoir, un escalier en colimaçon, quelques tables à l’étage, des bougies aux larmes de cire fondue, des quilles de vins nature. On s’installe avec simplicité pour goûter aux tajarin ragu bianco (une version délicieuse de la bolognaise sans tomate) à 14 €. Il y a aussi Polpo, comptoir marin imaginé par César Lewandowski (ex-Top Chef). On dépose un croc dans leur sandwich Sea Club composé d’un pain brioché garni de gravlax de truite saumurée, aneth, fromage de chèvre à la crème citronnée et œufs de truite. Prix : 15 €. Et c’est magique !
L’autre bonne adresse, c’est Naanry, concept indien imaginé par Yves Mattagne et son fils Sébastien. La déco complètement dingue vous propulse entre effluves d’encens, vieilles photos de famille, suspensions colorées et papier peint rétro. C’est bluffant, et on y mange un naan excellent à base de poulet croustillant, curry mayo, Bombay coleslaw, grenade et mangue. Une version végé à base de chou-fleur rôti est également dispo. Leur prix ? 14€, mais il y a de quoi manger pour deux.
Pour celles et ceux qui aiment justement bien manger, il y a de quoi s’offrir un joli marathon. Il faudrait du courage – ou être totalement fou – pour ne pas relooker le pastrami cuit et les épaisses tranches de pâté en croûte du stand Dierendonck, encore plus pour ne pas succomber au raclette bowl de Soeurs, surmonté d’une boule de gorgonzola d’une régressivité irrésistible. Pour celles et ceux qui raffolent de libanais, il y a Mezzeway côté rue, avec un buffet spectaculaire : tzaziki, houmous, caviar d’aubergine… tout y est.
Un zeste de culture
Mais comme il n’y a pas que la nourriture dans la vie (ah bon ?), on en profite pour prendre un petit bain de culture. On ne découvrira malheureusement pas ce jour-là la jolie collection de livres anciens et rares de Pierre Coumans, installé dans la galerie depuis 2007, ni le joyeux chaos organisé de Nicolas, passionné des puces depuis 30 ans, fermés ce midi-là. En revanche, la librairie de Fanny Genicot est bel et bien ouverte. Voilà 12 ans que cette passionnée a repris le commerce familial. Ici se côtoient magnifiques livres anciens et petites éditions modernes de Poche.
Prendre le temps
Ce qu’on aime surtout dans cet endroit, c’est qu’il nous permet de couper complètement du monde extérieur. Adieu l’excitation du centre-ville. Kawa Club, véritable centre névralgique de la galerie, incarne d’ailleurs parfaitement cette philosophie du « slow life ». Ce café littéraire vous propulse dans le salon d’Agatha Christie, mais où l’on sirote du matcha et l’on feuillette le dernier livre de l’influenceur food Whoogy’s. Ici, les pâtisseries sont tellement alléchantes que l’adresse écoule 100kg par mois de cheesecake et de tiramisu.
Ne reste plus qu’à trouver comment s’extraire de son fauteuil, à part peut-être pour se rendre au « bar à bibine », situé au milieu de la galerie, qui réunit sept brasseries bruxelloises. On y trouve aussi un très bon vin bio au fût (à 4,50€ seulement le verre) qui change de la cuvée du patron dont on ignore la provenance. Bon à savoir – car beaucoup l’ignorent – on peut s’installer partout où l’on veut lorsqu’on commande. Nul besoin de rester cantonné à l’adresse où l’on vient de commander. Oui, il semble que, grâce à la galerie Bortier, le centre-ville de Bruxelles n’ait jamais été aussi cool.
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