
On ne va pas se mentir : à Bruxelles, l’offre grecque s’est longtemps résumée au charme désuet de la taverne traditionnelle. C’était sympa deux minutes, mais on en a soupé de l’assiette de mezze fourre-tout. On avait presque fini par oublier que la Grèce est un pays qui bouge, crée et bouscule les codes. C’est là qu’IDEA entre en scène.
Carnet d’adresses : nos terrasses pour profiter des premiers rayons de soleil :
Enfin un « Grec de son temps »
Chez IDEA, la modernité se prend en pleine figure dès le seuil franchi. Déjà précurseur d’une Grèce affranchie, le lieu vient de s’offrir un upgrade radical. Sous l’œil du duo Lauriane De Paoli et Lakhdar Lakhdar-Hamina, l’espace a été sculpté pour coller à l’époque. À l’image de ces déesses grecques peintes à même le mur de briques blanches qui veillent sur les gourmands.
Ici, l’œil traîne partout : sur les cartes de menu au graphisme soigné, sur la vaisselle design qui sublime chaque mezzé, ou à travers la vitre qui laisse entrevoir le coup de feu en cuisine. L’ambiance est résolument cosmopolite. On y dîne dans un joyeux brouhaha où l’anglais, le grec et le français se mixent, confirmant que le quartier européen a fait d’IDEA sa cantine.
Le culte du produit
Néanmoins, la véritable force de frappe d’IDEA, c’est son sourcing. Le restaurant ignore la distribution classique pour importer directement ses pépites depuis des petits producteurs Bio ou AOP. Dans l’assiette, on découvre une Grèce qu’on ne voit que trop rarement : le Kopanisti de Mykonos, un fromage fermenté puissant, un Gruyère de Crète affiné 36 mois ou encore une huile d’olive extra-vierge d’Argolis.
Une carte qui dépoussière les traditions
En cuisine, trois chefs et le sous-chef Nikolaos Stagkos (fraîchement débarqué des meilleures enseignes d’Athènes) s’amusent avec les classiques. On a testé : leur tarama (14€, l’un des meilleurs de la capitale), leur moussaka vegan (23€, miam !) ou encore leurs dolmadakia à base de crème de feta fumée et de pistaches grillées préparés à la main (17€, tuerie).
Au menu également : du ceviche sardela, des sardines semi-maturées, raisins préservés et échalotes en osmose (25 €). Il y a aussi le poulpe fondant sur purée de fèves, huile de truffe et câpres frites (29 €). Ou encore des « dumplings » d’agneau frit (4 pièces) servis avec du fromage de chèvre (25 €). Un conseil : venez avec des renforts. Les portions sont taillées pour la convivialité et se dégustent à plusieurs mains.
Des vins vivants et de l’indépendance
Côté cave, on oublie le Retsina de supermarché. La carte est une ode aux vins natures et monocépages grecs, avec des pépites comme l’Orange Natural (Aslanis, Epanomi) ou le Pet Nat de Santorin (50 € la bouteille). On peut aussi se laisser tenter par un verre de Roya (Dry Muscat) à 8,5 € ou un Limnio rouge profond à 10 €.
Le verdict ? Une adresse indispensable qui redonne ses lettres de noblesse à la table grecque contemporaine. Prochaine étape : la Pancetta Revithada (25 €) au porc maturé et ragoût de pois chiches, juste pour confirmer le coup de food.
Infos :
Où ? Rue du Parnasse 1, 1050 Ixelles
Quand ? Ouvert du lundi au vendredi, midi et soir
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