
Pile en face de l’indéboulonnable Odette, ce coin de rue avait un potentiel de dingue. Ancien café de quartier devenu un nébuleux café-glacier, le lieu vient d’être repris par des jeunes loups du sérail horeca bruxellois. Leur mission ? Nous livrer une vision de la néo-brasserie de quartier avec supplément d’âme. Bienvenue chez Ralph.
Carnet d’adresses : nos terrasses pour profiter des premiers rayons de soleil
Braises et banquettes
Derrière le patronyme, on retrouve l’équipe de la Châtelaine du Liban, le repère libanais qu’on ne présente plus. Mais attention, ici, changement d’ambiance. On troque le mezzé pépère pour une cuisine méditerranéenne moderne, qui a du répondant, balancée entre fraîcheur iodée et lèche des flammes.
À peine la porte poussée, on est happé par l’espace. Un joyeux mix entre le confort d’un gastro et l’énergie brute d’un bistrot. Le mobilier mid-century en bois brut pose les bases d’un minimalisme étudié. Les banquettes vous tendent les bras. Mais le vrai spectacle se passe en cuisine, largement ouverte sur la salle. Pour couronner le tout, les toiles monumentales de l’artiste russe Zarina Groevaya – et créées expressément pour l’adresse – s’invitent sur les murs pour injecter un peps visuel qui claque.
Du partage sans bluff
On ne va pas se mentir : on frôle tous l’overdose de sharing-food. Pourtant chez Ralph, le « picorage » retrouve ses lettres de noblesse. Grâce à une vraie déflagration de goûts qui justifie enfin de piocher dans l’assiette du voisin.
On commence fort avec un Hamachi au ponzu agrumes et jalapeño (17 €). C’est frais, c’est vif, c’est une explosion d’umami. On enchaîne avec un orzo aux champignons sauvages (16 €) réconfortant à souhait, avant de tomber sur une pépite : la moussaka de bœuf sauce Mornay (15 €). Oubliez les versions plombantes, celle-ci affiche un fondant limite indécent.
Le culte de la viande
Mais la vrai boss ici, c’est la bidoche. Chez Ralph, on vient pour les pièces de viande sourcées et cuites à la perfection. Le T-Bone (78 €) est une déclaration d’amour aux carnivores : un filet tendre d’un côté, un faux-filet de caractère de l’autre, le tout sublimé par l’os qui donne cette profondeur de goût.
C’est une pièce de compète, à partager à trois (minimum !) avec des frites cuites à la graisse de bœuf (5 €). Croustillantes, dorées, fat. Puisqu’on a appris à calmer le jeu sur la viande, quitte à craquer, autant le faire avec les honneurs.
Le mot de la faim
L’équipe ? Solaire et sans chichis. Ils affichent une telle banane qu’ils nous ont posé sur la table, sans sommation, une mousse choco-huile d’olive-fleur de sel. Un shoot de douceur qui clôt le débat.
L’équipe, elle, a le sourire facile et sincère. Ils sont tellement heureux d’être là qu’ils nous ont déposé d’office une mousse au chocolat à l’huile d’olive et fleur de sel. Le point final parfait.
Ralph, c’est le shoot d’adrénaline qui manquait au Châtelain. C’est vivant, c’est sexy, et on y mange sacrément bien. Allez-y pour l’énergie, restez pour le T-Bone.
Infos :
Où ? Rue du Châtelain 10, 1050 Ixelles.
Quand ? Du mardi au samedi, de 19h à 23h.
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