
Il fallait oser. Transformer l’un des rituels les plus codifiés de l’été : le Spritz avec son grand verre ballon, ses glaçons qui tintent et sa tranche d’orange parfaitement coupée, en simple canette à ouvrir d’un geste sec. Pas très italien sur le papier, et pourtant.
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Adieu le verre ballon
Après 107 ans d’existence, Aperol lance pour la première fois sa version en canette : l’Aperol Spritz TO GO. 25 cl, 5 % d’alcool, capsule en aluminium et ouverture facile. Un pas de côté stratégique, mais surtout révélateur d’une époque où même l’apéro n’a plus le temps. Oui, l’apéro, comme le reste, semble s’être adapté à nos vies à cent à l’heure : bordéliques, mobiles, sans plan précis. On ne « va plus prendre un verre », on se retrouve quelque part, et on avise. Alors forcément, il faut se simplifier la vie.
L’apéro en version compressée
Et le Spritz en canette, c’est exactement ça : une version compressée du rituel. Plus besoin de verre à pied, du juste dosage, ni de débat existentiel sur la présence où non d’eau pétillante. Juste une boisson fraîche, calibrée et toute prête pour l’apéro. Un gain de temps que l’on voit d’ailleurs même derrière les bars aujourd’hui, avec la démocratisation des fameuses « pompes à cocktails », dont les préparations toutes faites permettent d’enchaîner les services pour vite que la lumière.

La revanche des boissons en canette
Aperol n’a rien inventé pour autant, loin de là. Les « prêts-à-boire » (« ready-to-drink » en VO), ont déjà bien préparé le terrain. Pendant longtemps, on les a zieuté d’un oeil sceptique : trop sucré, trop cheap, trop facile. Bref, trop difficile à assumer. Jusqu’à ce que les marques flairent peu à peu le filon. Cointreau a dégainé ses margaritas en canette version Cocktail Twists, Bacardi a décliné ses classiques, White Claw, lui, a carrément retourné la table avec ses hard seltzers, faibles en alcool, devenus le carburant officiel des étés millennial. Même le vin, longtemps protégé par une aura quasi sacrée, a fini en canette, sans que le monde s’écroule. Bien au contraire.
Oui, la canette a changé de statut. Elle n’est plus une solution de secours, mais un format désirable. Une réponse à une époque où tout doit être simple, rapide, transportable. Où l’expérience compte, mais sans les contraintes qui vont avec. Dans ce contexte, Aperol fait ce que font toutes les icônes quand elles sentent le vent tourner : il s’adapte. On prend les mêmes et on recommence : la couleur, le storytelling italien, le vernis lifestyle. Seule change la façon dont on le consomme.
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Nos rituels se réinventent
Et forcément, ça pose une question un peu inconfortable. Est-ce qu’on boit encore un Spritz, ou juste une version industrialisée de ce qu’il représentait ? Parce que le Spritz, à la base, ce n’est pas qu’un goût. C’est un tempo, une certaine lenteur, une excuse pour rester en terrasse plus longtemps. Là où la canette, elle, dit l’inverse : bois, avance, passe à autre chose.
Inutile néanmoins de jouer les puristes. La vérité, c’est que ce format coche toutes les cases de notre époque. Léger et pratique, il reste frais beaucoup plus longtemps qu’en bouteille. Parfait pour un parc, un festival ou un bord de quai, il évite une logistique pas possible. Enfin, il permet une consommation individuelle, que ce soit pour les jeunes, ou pour les personnes âgées qui ne sont plus obligées de gaspiller une bouteille entière de Prosecco qu’elles ont déjà parfois des difficultés ouvrir. Bref, le Spritz quitte la terrasse, mais garde l’essentiel : arriver pile au bon moment.
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