
On croyait le paysage de la sainte trinité romaine (carbonara, cacio e pepe, amatriciana) saturé à Bruxelles. C’était sans compter sur l’ouverture d’Osteria Guitare, nichée rue de l’Hôtel des Monnaies à Saint-Gilles, entre le Parvis et la place Julien Dillens.
Notre carnet d’adresses pour la journée mondiale des pâtes
Aux manettes ? Alberto Piromallo, chef romain qui a d’abord usé les bancs du DAMS (la faculté universitaire de Disciplines des Arts, de la Musique et du Spectacle) en Italie, tout en faisant ses armes de commis. Initié aux fourneaux par sa grand-mère, puis formé auprès de chefs italiens tels que Pierluigi Gallo (aux commandes du restaurant étoilé Achilli al Parlamento* à Rome), il a fini par poser ses casseroles à Bruxelles à l’été 2026. Le nom de sa nouvelle adresse ? Osteria Guitare. Un repère qui compte mixer concerts intimistes, expos et cuisine.

Guitare et Abruzzes
Au menu ? Une carte courte de saison : 3 antipasti, 6 primi et 3 secondi. Celle-ci évolue tous les quatre mois et joue la carte de l’inclusivité en dispatchant des options viande, poisson végétarienne (avec alternatives sans gluten à la clé).
Mais la véritable curiosité du lieu réside dans sa pâte signature : le spaghetti alla chitarra. Rien à voir avec un coup de marketing pour bobos saint-gillois, on touche là au patrimoine culinaire des Abruzzes. Pour les profanes, ce spaghetti traditionnel ne se présente pas rond, mais carré. Son nom vient de la « chitarra », un outil en bois typique tendu de fils d’acier sur lesquels l’artisan passe le rouleau à pâtisserie pour découper la feuille de pâte fraîche. Cette géométrie carrée n’a rien d’anodin. Elle confère à la pâte une porosité et une mâche particulières, idéales pour agripper les sauces sans les laisser filer au fond de l’assiette.

Dans l’assiette, ça donne quoi ?
Les spaghetti alla chitarra se décline en trois recettes : pomodoro (17 €), aglio, olio e peperoncino (17 €), carbonara (20 €), amatriciana (20 €), cacio e pepe (20 €) ou ragù bolognese (22 €). Pour les intolérants, il est même possible de les demander sans œufs et sans gluten. Des assiettes simples, efficaces, et surtout accessibles.
À côté de la spécialité de la maison, quelques primi et secondi sans œillères régionales. Comme ce classique toscan : le pappa al pomodoro (cette soupe épaisse de tomates et de pain récupéré). Ou encore le calamar rôti flanqué d’une farce aux câpres et aux olives et de scarole amère, typique du Sud. En dessert ? Une crostata (tarte italienne) rustique à la ricotta et griottes acidulées, ou une torta aux pommes sans chichis.

On apprécie le profil accessible du chef, l’honnêteté de la cuisine, l’originalité de cette pâte carrée, ainsi que les fameux taglieri (planches de charcuteries et de fromages italiens) entre 15 et 20 €) à picorer dès 16h pour l’apéro. Bref, une adresse sympa de quartier. En espérant que la pâte carrée séduira.
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