
Chez Napolificio, on retrouve Enzo Trapani, un cuisinier passionné que les Liégeois avaient découvert avec Tutta N’ata Storia, une cantine de l’avenue Destenay qu’il a orchestrée pendant quelques années. Après l’avoir fermé, il avait choisi de se consacrer à la fabrication de mozzarella di bufala dans un petit atelier du quai Orban, à quelques minutes de son ancienne adresse. Une parenthèse artisanale qui n’aura pas suffi à combler son goût du partage. Car chez Enzo, la cuisine va de pair avec la présence des autres. Très vite, le contact avec les clients lui manque. Il décide alors de rouvrir une table au cœur même de son atelier. Un lieu hybride, vivant, où l’on mange presque au rythme du chef qui, le reste de la semaine, régale les clients du traiteur Mercato Alimentare (12 rue Saint-Paul). Petit signe qui ne trompe pas : le suffixe « ficio » se traduit par « fabrique » ou « atelier ».

Un décor simple et réconfortant
Dans son atelier aménagé en trattoria, pas de mise en scène superflue. La salle, décorée avec simplicité, laisse toute la place à l’essentiel : la cuisine. Depuis les tables, on observe Enzo s’activer derrière les fourneaux, dans une proximité rare qui donne au repas des airs de dîner chez des amis. Le menu, volontairement court, fait honneur à une cuisine du sud de l’Italie franche et généreuse. Le vendredi et le samedi soir uniquement, on débute par un assortiment de petits plats à partager : bouchées frites typiques de Naples, pizzas frites – spécialité locale dorée dans l’huile – ou encore un poulpe délicatement nappé d’une sauce tomate aux câpres et olives noires. Sans oublier la mozzarella, évidemment.

Les pâtes d’Enzo
Les piatti racontent, eux aussi, une histoire personnelle. Enzo cuisine ce qu’il aime, sans compromis. Les spaghetti alle vongole, dégustés lors de notre visite, frôlent la perfection : justesse des cuissons, équilibre des saveurs, simplicité maîtrisée. En fin de service, le chef s’attable d’ailleurs volontiers avec ses proches autour de ce même plat. Si les gnocchis évoquent davantage le nord de l’Italie, ils prennent ici une tout autre dimension. Servis avec un ragoût napolitain longuement mijoté et relevés de ricotta, ils offrent un plat réconfortant à souhait. Une cuisine de cœur, accessible aussi : toutes les pâtes restent sous la barre des 20 euros.
Du vin, des desserts, des histoires
Même philosophie du côté des vins, avec une sélection abordable pensée pour accompagner sans alourdir l’addition – ni l’ambiance. Et parce qu’un repas napolitain ne saurait se terminer sans une note sucrée, on garde une place pour les quelques suggestions de la carte, dont le baba au limoncello maison. Une liqueur artisanale fabriquée par Maurizio, ami du chef et figure complice en salle. C’est lui qui, tout au long du repas, tel une bible de la cuisine italienne, vous raconte l’histoire des produits, des recettes, les traditions… Le pain servi à table est fourni par L’Amicale des Boulangers, tandis que les produits sont soigneusement sourcés auprès des fournisseurs de confiance d’Enzo. Avec Napolificio, Enzo Trapani signe un retour sincère et sans artifice. Une adresse où l’on vient autant pour manger que pour ressentir – l’Italie, la vraie, celle qui se partage et se vit à table.
L’adresse ? 11 Quai Orban, 4020 Liège.
Découvrez en vidéo notre immersion dans les cuisines de Marcella :
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