La métamorphose de Sézane est déjà le phénomène mode de la rentrée - Une évolution prometteuse, forcément attendue au tournant. - Camille Vernin

La métamorphose de Sézane est déjà le phénomène mode de la rentrée

Au milieu d’un mois d’août au ralenti, Sézane vient de lancer le débat mode de la rentrée.
sosoir
Photo
D.R.

Nouvelle silhouette, cadence resserrée, prix plus élevés et adresse culturelle rue du Bac. Pour son grand rebranding, Sézane ne s’est pas contentée de refaire son logo. La marque veut franchir un cap et affirmer une identité plus haut de gamme. Un pari culotté, justement parce que l’ancienne formule fonctionnait.

Sophie Fontanel, la critique mode nous donne une leçon de style

Des silhouettes qui gagnent en volume.

Des manteaux couleur cacao, des cols droits, du cuir brun, du kaki, du taupe et des pantalons qui semblent avoir récupéré quelques centimètres de confiance en eux. Voilà Sézane à l’automne 2026 : au placard la blouse fleurie, place aux cabas à 590 euros.

Un virage qui dépasse la simple palette de couleurs, mais qui s’étend à toute l’identité graphique de la marque. Pour la rentrée 2026, la griffe chouchou des Parisiennes annonce une refonte complète. Les collections seront moins abondantes, les campagnes plus mode, et un lieu au concept inédit débarque aussi rue du Bac, au numéro 117.

Morgane Sézalory, fondatrice et principale actionnaire, relie cette transformation à sa propre quarantaine. Après avoir développé l’entreprise à l’intuition pendant vingt ans, elle veut désormais choisir davantage et donner plus de temps aux matières comme aux coupes. Autrement dit : Sézane veut quitter le milieu de gamme et se rapprocher du luxe.

La métamorphose de Sézane est déjà le phénomène mode de la rentrée - Camille Vernin

Ce qui change concrètement

Pour y arriver, le nouveau vestiaire se tient désormais plus droit. Les lignes sont longues, les manteaux couvrants, les épaules marquées et les sacs plus imposants. Sézane conserve quelques détails romantiques, mais ils ne définissent plus la collection. La nouvelle campagne annonce la couleur : photographiée par Mark Kean avec notamment Imaan Hammam, elle met en scène des silhouettes plus fortes et plus affirmées.

Mais ce changement de cap se lit surtout sur l’étiquette. La veste Jule atteint 590 euros, comme le grand cabas Basile. Le manteau Fletcher coûte 550 euros, plusieurs autres modèles se situent entre 275 et 450 euros et le pull Adelaide monte à 265 euros. À côté, les chemises restent autour de 100 à 135 euros et les pantalons entre 120 et 145 euros. La hausse de gamme visible se concentre donc sur les pièces fortes, la maroquinerie et certaines mailles, plutôt que sur tout l’assortiment.

La palette évoque bien ce nouveau style premium et contemporain : chocolat, olive, rouille, écru, beige, marine. Beaucoup de cuir et de volumes amples. Mais l’ancien Sézane n’est pas mort : une robe à pois, une chemise brodée et quelques touches franches subsistent.

La métamorphose de Sézane est déjà le phénomène mode de la rentrée - Camille Vernin
La métamorphose de Sézane est déjà le phénomène mode de la rentrée - Camille Vernin
La métamorphose de Sézane est déjà le phénomène mode de la rentrée - Camille Vernin

Le second gros changement concerne le rythme. Sézalory annonce des sélections mensuelles plus resserrées et davantage de temps consacré au développement. Cela ne signifie pas la fin du système des drops : au 24 août, Sézane continue d’annoncer des nouveautés et des retours en stock les mercredis et dimanches. Dans son entretien à Vogue Business, la fondatrice évoque ainsi une cadence mensuelle mieux éditée.

Troisième élément et pas des moindres : le décor. En septembre, Sézane doit investir l’ancien Conran Shop au 117 rue du Bac. Le lieu accueillera une exposition du photographe ghanéen James Barnor, âgé de 96 ans, la nouvelle collection, des objets anciens et contemporains ainsi qu’un café-librairie conçu avec Ten Belles et Gallignani. Le site du numéro 117 fonctionne pour l’instant sur inscription, sans date publique d’ouverture. L’ambition est claire : Sézane ne veut plus seulement vendre des vêtements, mais proposer tout un univers mêlant mode, photographie, livres et art de vivre.

La métamorphose de Sézane est déjà le phénomène mode de la rentrée - Camille Vernin
La métamorphose de Sézane est déjà le phénomène mode de la rentrée - Camille Vernin

Une transformation très commentée

Sézane ne vend pas seulement des vêtements. Elle entretient depuis longtemps une relation étroite avec ses clientes. Depuis Les Composantes, lancé sur eBay en 2004, jusqu’à la création de Sézane en 2013, la marque a fait de chaque lancement un rendez-vous. Entre séries limitées, ruptures rapides et retours en stock, les clientes surveillent et commentent chaque sortie.

En 2025, le classement Brand Pulse de The Business of Fashion plaçait même Sézane en tête des marques du luxe accessible étudiées pour son lien avec le public. Mais cet attachement a un revers : les clientes ont le sentiment que Sézane leur appartient un peu.

Ce changement de style est donc vécu par certaines comme une rupture. Sur TikTok, Insta et Reddit, certaines comparent la nouvelle collection à Cos, Toteme ou Zara et regrettent les couleurs, les imprimés et les détails qui distinguaient la marque. D’autres jugent les volumes peu adaptés aux femmes petites ou rondes et pointent le manque de diversité des mannequins.

Les prix concentrent évidemment les critiques. À 590 euros le cabas, les clientes attendent un cuir, des finitions et une durabilité à la hauteur. Sézane ne joue plus seulement dans le milieu de gamme : elle s’approche du luxe accessible et sera jugée selon ses critères. Bien sûr, la fronde n’est pas générale. Certaines clientes saluent ce vestiaire plus sobre, à condition que la qualité suive.

La métamorphose de Sézane est déjà le phénomène mode de la rentrée - Camille Vernin
La métamorphose de Sézane est déjà le phénomène mode de la rentrée - Camille Vernin
La métamorphose de Sézane est déjà le phénomène mode de la rentrée - Camille Vernin

L’heure de vérité

Plus un vêtement devient sobre, moins il peut tricher. Sézane annonce davantage d’attention portée aux laines, cachemires, soies et lins. Pour l’instant, il s’agit d’une intention. La qualité ne se vérifie pas sur une campagne, mais après plusieurs mois. Même prudence avec le ralentissement : réduire le nombre de modèles sera vertueux uniquement si les pièces durent mieux.

L’autre challenge concerne l’identité. L’ancien Sézane était reconnaissable, mais menaçait de se répéter. Le nouveau corrige ce problème en s’aventurant sur un territoire déjà très fréquenté. Le marché ne manque ni de manteaux chocolat ni de grands sacs souples. En retirant les fleurs et les volants, la marque devra offrir autre chose : une coupe, une matière ou un détail que l’on puisse identifier sans lire l’étiquette.

C’est tout le pari. Sézane veut évoluer avec ses clientes historiques tout en restant désirable auprès des nouvelles générations. Et si ce virage suscite autant de réactions, c’est aussi la preuve de la force du lien construit par Sézane. Après vingt ans de fidélité, elles considèrent que ce changement les concerne directement.

Ne manquez plus aucune actualité lifestyle sur sosoir.lesoir.be et abonnez-vous dès maintenant à nos newsletters thématiques en cliquant ici.

Contenus sponsorisés

Magazine

MagazineJe découvre
SO FRIEND

SO FRIEND

So soir est une communauté… Découvrez nos concours et avantages so friend!

je découvre
CARNET D’ADRESSES

CARNET D’ADRESSES

Découvrez les bons plans sorties avec SoSoir

je découvre
MASTERCLASS

MASTERCLASS

Découvrez comment sublimer votre plateau de fromages.

je découvre