
Ah l’époque bénie où blinder son restaurant chaque soir suffisait à régler ses factures à la fin du mois ! Ce temps-là est officiellement révolu. L’enseigne bruxelloise Toucan sur Mer en a fait il y a quelques mois l’amère expérience. Après dix-sept années passées le long de l’avenue Lepoutre, le repaire iodé a officiellement baissé le rideau en juin dernier.
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Salle comble, caisse vide
Le duo aux manettes, Jean-Michel Hamon et sa fille Charlotte Résimont Hamon, n’a eu d’autre issue que d’abandonner le navire. En cause ? Un secteur Horeca qui se fait littéralement étrangler depuis plusieurs saisons : entre inflation galopante, factures énergétiques et coûts salariaux qui crèvent le plafond et une clientèle aux désirs désespérément volatils. Une équation psychologiquement et financièrement intenable. Le constat des ex-propriétaires est d’un cynisme absolu : afficher complet ne garantit désormais plus aucun filet de sécurité pour survivre.
Un casting quatre étoiles
Mais à Bruxelles, les beaux mètres carrés vacants ne prennent jamais la poussière bien longtemps. Marvin Weymeersch, grand manitou des gigantesques raves estampillées Hangar, flâne devant la devanture laissée à l’abandon. L’opportunité sent trop bon : une inspection expresse des lieux s’organise dans la foulée, puis une proposition de rachat validée trois jours plus tard.
Le patron de Hangar a embarqué avec lui son complice de toujours, le mastodonte de l’électro Félix De Laet, alias Lost Frequencies. Les deux acolytes nourrissaient depuis belle lurette le fantasme. À cette joyeuse bande improbable s’ajoutent d’un côté Cameron Heal, partenaire chez Hangar mais surtout neveu d’Yves Mattagne. De l’autre, Victor Roisin, gérant des adresses ixelloises Moutarde, Gratin, ainsi que le tout frais Petit Bailli.
Fini le poisson, place au Sud
Exit la bulot-mayo. La carte iodée est liquidée. À la place, la bande bifurque vers une cuisine « d’inspiration méditerranéenne ». L’ambiance est d’emblée annoncée cool et sans prise de tête, et taillée semble-t-il pour séduire la jeunesse locale. L’espace, lui, passera de quarante-cinq à cinquante couverts. Et une designer d’intérieur serait en train de plancher activement sur le relooking complet des murs.
Le nom Toucan saute aussi, mais sans égotrip. Le nouvel établissement évitant subtilement la moindre allusion aux franchises Hangar ou Lost Frequencies. Côté son, vu le CV des patrons, on s’attend à une acoustique de qualité. Quelques DJ sets se feront discrètement entendre, mais en sourdine. Le volume restera bridé histoire de composer avec une époque devenue allergique au moindre bruit. Si le chantier avance sans encombre, ouverture des hostilités fin janvier 2027.
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