
Mais après 17 ans de bons et loyaux services, le Toucan sur Mer, installé avenue Lepoutre à Ixelles, a été obligé d’annoncer sa fermeture définitive sur son compte Instagram. Une nouvelle qui surprend, tant l’établissement semblait pourtant fréquenté. « Aujourd’hui, être rempli ne suffit malheureusement plus à garantir la rentabilité d’un établissement », écrivent Jean-Michel Hamon et Charlotte Résimont Hamon dans leur post. Une phrase qui résume à elle seule la crise qui traverse actuellement une grande partie de l’Horeca belge.
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La fin d’une institution
Depuis près de deux décennies, Toucan sur Mer s’était imposé comme l’une des références bruxelloises pour les fruits de mer. L’adresse attirait autant les habitués du quartier que les amateurs d’huîtres et de plateaux iodés venus de toute la capitale. Dans leur message d’adieu, les propriétaires reviennent d’abord sur ce lien tissé au fil des années avec leur clientèle.
« Repas de famille, anniversaires, retrouvailles, mariages… Nous avons eu le privilège de partager avec vous tant de moments précieux », écrivent-ils, avant de remercier leurs clients, leurs fournisseurs, leurs partenaires et leurs équipes pour leur fidélité.
Quand une salle pleine ne suffit plus
Ce qui rend cette fermeture particulièrement frappante, c’est que le restaurant continuait à bien tourner. « Malgré une fréquentation souvent excellente et tous les efforts déployés par nos équipes, la réalité économique est devenue trop difficile », expliquent les propriétaires.
Pandémie, inflation, explosion des coûts de l’énergie, hausse du prix des matières premières, augmentation des charges salariales et évolution des habitudes de consommation : la liste ressemble au résumé des cinq dernières années dans l’Horeca. Mais elle met surtout en lumière une réalité de plus en plus souvent évoquée par les restaurateurs, mais encore trop souvent ignorée du public. Un restaurant peut afficher complet plusieurs soirs par semaine et pourtant peiner à dégager suffisamment de marge pour survivre.
Le symptôme d’un Horeca sous pression
Depuis plusieurs années, les restaurateurs bruxellois alertent régulièrement sur les difficultés croissantes auxquelles ils sont confrontées. Plusieurs évoquent le risque de voir émerger un Horeca à deux vitesses : d’un côté des établissements capables d’absorber l’explosion des coûts, de l’autre des adresses contraintes de réduire leur activité ou de disparaître. Le cas du Toucan sur Mer illustre parfaitement ce paradoxe. L’établissement n’a pas fermé faute de clients. Il ferme parce que l’équation économique ne fonctionne plus. Une nuance qui en dit long sur l’état actuel du secteur.
Néanmoins, si le Toucan sur Mer baisse définitivement le rideau, l’aventure familiale ne s’arrête pas pour autant. Dans leur message, les propriétaires tiennent à rassurer leur clientèle : Toucan Brasserie, l’autre établissement du groupe situé juste à côté, poursuivra ses activités. « Cette page se tourne, mais l’aventure continue », écrivent-ils. « Nous continuerons à vous accueillir autour de ce qui nous anime depuis toujours : le plaisir de la table, les huîtres, les fruits de mer et les beaux produits. » Une façon de préserver l’ADN de la maison tout en renonçant à un modèle devenu trop fragile.
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