Météor, le coup de génie du chef Maarten Van Essche à Malines

Depuis 2012, Chloé Roose arpente les tables bruxelloises derrière Brussels’ Kitchen, son guide indépendant consacré à la scène food de la capitale. Restaurants, chefs, nouvelles adresses ou lieux plus confidentiels : elle aime surtout raconter ce qui se passe autour d’une table, avec un œil attentif sur l’assiette, l’ambiance et tout ce qui fait qu’une adresse donne envie d’y retourner. Cette semaine, pour la première rubrique de « La bonne table de SoSoir x Chloé de Brussels’ Kitchen », direction Malines.
sosoir

« Samedi c’était mon anniversaire. Et pour la deuxième année consécutive, mon amoureux m’a emmenée chez Météor.

On aime bien les traditions chez nous. C’est un peu comme fêter Noël : on sait à peu près à quoi s’attendre, on connaît le scénario presque par cœur, et pourtant, chaque année, lorsque le moment arrive, on se réjouit exactement de la même façon. Voir plus.

Météor, c’est le resto de Maarten van Essche, situé à Malines, à 35 minutes de Bruxelles. Et avec La Belle Équipe à Bruxelles et Early June à Paris, il fait partie de mes trois restos préférés de ces dernières années.

On est mi-septembre, il fait déjà sombre et clairement un peu trop froid pour manger dehors, mais ce n’est pas grave – l’ambiance à l’intérieur est au moins aussi géniale que celle sur la terrasse devant la grande maison, où je reviendrai sans aucun doute au printemps prochain. Et c’est cette maison, justement, qui fait tout le charme du resto. Plutôt que d’arriver dans un restaurant, on a l’impression d’avoir été invités à dîner chez des très bons potes qui ont vraiment très bon goût – et qui sont, accessoirement, également très doués en cuisine.

On tourne la clé, laissée à l’extérieur sur la porte fermée, et on pénètre dans la maison. Devant nous, un couloir qui se termine par un escalier, du carrelage encore d’origine au sol, des murs en briques recouverts d’une épaisse couche de peinture blanche, et un éclairage extrêmement tamisé. Des portes ouvertes de part et d’autre laissent entrevoir, sur la droite, la cuisine, tandis que sur la gauche, notre serveuse nous guide vers les deux pièces qui communiquent entre elles, séparées par une poutre au plafond à peine perceptible, caractéristique des maisons en enfilade.

Une petite dizaine de tables, toutes recouvertes d’épaisses nappes blanches en lin et décorées d’une unique bougie et d’un soliflore avec quelques fleurs fraîches. Des chaises de bistro en bois, une suspension lumineuse ultra-sobre au centre de chacune des pièces, et, longeant le mur principal et encadrant de part et d’autre de la cheminée, des bûches, empilées jusqu’à mi-hauteur du mur. C’est tellement simple et tellement beau en même temps que cela relève presque du coup de génie. Le décor est chaleureux, sobre et élégant à la fois, et je m’y sens immédiatement bien, comme dans la plus accueillante des maisons.

C’est ma quatrième fois ici, et comme à chaque fois, je me rappelle à quel point je suis tout simplement amoureuse de cet endroit. Et je ne vous ai pas encore parlé de la carte.

Elle arrive justement, accompagnée de quelques crackers aux graines, de radis rôtis posés sur une petite crème aux herbes, et des explications de la serveuse. Météor est depuis quelque temps passé à un menu unique (à 99 € sans les boissons), qu’elle prend le temps de nous expliquer plat par plat. Et sans surprise, tout a l’air dingo.

Le menu débute par trois assiettes centrées autour de la tomate – pour faire honneur aux dernières tomates de l’été. La première assiette – et j’aurais presque envie de dire, « leur assiette signature » arrive, avec trois dégustations disposées à la manière d’un tableau. C’est si beau.

On goûte à un millefeuille tomate et pêche blanche, à un crostini au concentré de tomate et basilic pourpre et à des tomates entières déshydratées jusqu’à ne faire plus que la taille d’un raisin. Chaque bouchée est un concentré de goûts et de textures. C’est tout simplement délicieux.

Suivent alors les deux autres plats – un consommé de tomates, à la fois puissant et parfaitement équilibré, un délice, et un tartare de pastèque et tomates fraîches, avec quelques brins de thym frais du jardin qui donnent tout son relief au plat.

Déjà, je suis conquise. Émue, presque.

Avec ça j’hésite entre le kombucha homemade aux herbes du jardin et le verre de vin orange que me propose notre sommelière. Celui-ci est aromatique avec des notes de fruits exotiques, tout ce que j’aime. Moi qui avais prévu de rester au 0 %, je craque.

La soirée continue et les plats du menu se succèdent accompagnés de « oh wow, c’est vraiment bon ça » et des « il est vraiment trop fort Maarten ». On goûte aux poireaux les plus fondants que j’ai jamais mangés de ma vie, servis avec de la sour cream et des œufs de truite. Ensuite viennent les cappelleti maison (également un plat signature de leur menu) aux courgettes avec une huile de persil ultra-parfumée. Et ça, c’est peut-être un détail pour vous, mais moi je donne directement 10 points bonus aux restos qui glissent une assiette de pâtes fraîches dans leurs menus.

Un autre truc qui me fait ajouter +10 ? L’assiette de fromage qui est traitée comme partie intégrante du menu, et non comme un supplément, et qui est véritablement travaillée comme un plat.

Ici, un gorgonzola dulce avec un caramel de maïs, tartare de maïs et maïs rôti au barbecue. In-cro-yable.

Mais le vrai coup de théâtre – ou de génie, c’est vous qui voyez –, c’était l’assiette de bar en plein de déclinaisons. Un beau morceau de bar cuit à la perfection, accompagné d’un mini tartare, d’un sashimi, d’un tout petit morceau rôti dont la peau était parfaitement grillée et croustillante à souhait, et d’une joue de bar placée directement sur la table, à se partager à deux. Le tout avec des condiments aussi bons qu’inattendus : prune rôtie, lavande et pomme de terre Linze Deli, fondantes et délicieusement acidulées.

On a terminé avec un dessert au cassis – un produit que je trouve personnellement étonnamment sous-utilisé dans la gastronomie aujourd’hui, frais, simple et délicieux, comme tout le reste.

Côté addition, on a été super sages sur les boissons (on s’est tout les deux arrêtés après ce premier verre), et on s’en est sorti pour 225 € à deux. Comptez plutôt une addition aux alentours de 300 € pour deux personnes si vous voulez prendre les accords (48 € pour 4 verres) en plus du menu.

Une addition*, certes, plutôt dans la tranche élevée, mais pour une soirée qui valait largement chacun de nos euros ».

* Nous avons payé l’addition dans son intégralité.

Ne manquez plus aucune actualité lifestyle sur sosoir.lesoir.be et abonnez-vous dès maintenant à nos newsletters thématiques en cliquant ici. 

Contenus sponsorisés

Magazine

MagazineJe découvre
SO FRIEND

SO FRIEND

So soir est une communauté… Découvrez nos concours et avantages so friend!

je découvre
CARNET D’ADRESSES

CARNET D’ADRESSES

Découvrez les bons plans sorties avec SoSoir

je découvre
MASTERCLASS

MASTERCLASS

Découvrez comment sublimer votre plateau de fromages.

je découvre