D’où vient la fête des Mères ?

Dédier une journée à des personnes aussi importantes que les mères, cela semble bien normal. Cette célébration n’existe pourtant pas sous cette forme depuis si longtemps.

KEVIN DUPONT. PHOTOS : D.R. |

À l’heure de la globalisation, tout le monde célèbre les mamans, et ce dans le monde entier. Mais quant à déterminer l’origine de cette tradition, certains remontent plus ou moins loin dans le temps. Un consensus cependant se dégage autour d’un lieu et d’une époque pour la version moderne de cette fête : les États-Unis, au début du XXe siècle.

Les racines modernes

Jusque-là, c’est dans la religion que l’on trouve des "fêtes" pour les mamans. De celle accordée à la déesse grecque Rhéa au « Mothering Sunday » anglican (qui perdure encore aujourd’hui) en passant par les Matronalia romaines, des célébrations diverses ont vu le jour. Une caractéristique commune cependant : beaucoup ont lieu au printemps, synonyme de renaissance.

C’est en Amérique que l’on trouve la version séculière aujourd’hui en vigueur. Pendant la guerre de Sécession, des femmes ont voulu aider les familles divisées par le conflit en instaurant une journée des mères. Cela dit, malgré plusieurs efforts, difficile de pérenniser l’événement par la suite.

Ce n’est qu’entre 1905 et 1914 qu’une femme, Anna Jarvis, qui vient de perdre sa maman, va véritablement reprendre le flambeau, en rejetant tout héritage religieux. Il faut croire que cela a porté ses fruits. Aux aurores de la Première Guerre mondiale, le président Wilson entérine cette tendance. La fête des Mères est officiellement créée.

Une récupération idéologique

C'est ensuite une autre guerre qui participe à la propagation de la nouvelle fête en Europe. Les troupes américaines la célèbrent depuis peu mais leur nouvelle coutume trouve un terrain plus ou moins fertile outre-Atlantique.

L'Europe n'est en effet pas restée sans rien faire en la matière, mais la perspective est différente. L'heure est aux politiques natalistes. Il faut faire des enfants, et beaucoup ! C'est ainsi que l'on commence à décerner en France, avant même la Première Guerre mondiale, des décorations pour les mères particulièrement "méritantes", autrement dit celles qui ont créé des familles nombreuses.

C'est dans cette optique-là que durant l'entre-deux-guerres, plusieurs pays vont récupérer l'idée d'une fête pour encourager l'accroissement démographique. C'est le cas de la France, de l’Italie puis l'Allemagne sous le régime nazi. Sous Vichy, petite variante : on célèbre désormais les mères dignes du slogan du régime : "Travail, Famille, Patrie". C'est à partir de ce moment-là que l'on parle de "fête des mères".

Une américanisation de la fête ?

La fin de la Seconde Guerre mondiale remet la fête américaine au goût du jour. La célébration telle qu'on la connaît actuellement est définitivement mise en place dans les années qui suivent, y compris dans des pays comme le Japon, désormais sous la tutelle de la bannière étoilée. Aujourd'hui, de nombreux pays fêtent les mères à la date américaine, c'est-à-dire le deuxième dimanche de mai.

Une nuance toutefois par rapport à 1914 : la célébration est devenue beaucoup plus commerciale. Anna Jarvis s'était déjà soulevée contre cette déclinaison consumériste qui contrevient à l'idée qu'elle s'en faisait, à l'instar de ceux qui dénoncent aujourd'hui la même chose. Mais rien n'y fait. Après tout, tout le monde veut faire plaisir à sa maman, et ce n'est pas les marchands qui vont dire le contraire. 

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