On a mangé à la Dame de Pic Dubaï, l’étoilé perché à 100 m d’altitude d’Anne-Sophie Pic - La Dame de Pic Dubaï offre une vue unique sur la skyline de la ville. - Marie Honnay

On a mangé à la Dame de Pic Dubaï, l’étoilé perché à 100 m d’altitude d’Anne-Sophie Pic

À l’image du pont suspendu qui lui sert d’écrin, La Dame de Pic de la cheffe française Anne-Sophie Pic est une sorte d’ovni dans le paysage gastronomique de la ville. Mais derrière le luxe de cette table glamour, on décèle le talent de jeunes passionnés. Compte-rendu en direct des nuages.
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PYONGSUMARIA

Il est environ 20 h quand nous arrivons au pied de The Link, une sorte de pont suspendu à 100 mètres d’altitude qui relie deux tours du quartier des affaires de Dubaï. C’est dans cet écrin spectaculaire que se cache One&Only Za’abeel, un hôtel qui compte plusieurs restaurants, dont La Dame de Pic, l’une des tables de la cheffe française multi-étoilée Anne-Sophie Pic.

Arrivés au 25ème étage, il nous faut encore un moment pour cheminer vers l’entrée du restaurant inauguré en janvier 2024. D’abord parce que le parcours implique de traverser plusieurs bars et salons (l’hôtel est gigantesque) et aussi, à cause de la vue sur la Skyline de Dubaï, qui nous a subjugués de longues minutes.

Encore plus de cuisine gastronomique avec vidéo la recette d’asperges du chef doublement étoilé Pierre Résimont :

Une fois sur place, impossible de se tromper. Une œuvre plutôt atypique – un as de pique en métal constitué de fragments de la vie de la cheffe – par l’artiste Maxime Lhermet nous le confirme : nous sommes au bon endroit. Pour la table, on nous laisse le choix : celle près de la baie vitrée avec vue sur le financial district (un coin de la ville qui, depuis une dizaine d’années, a vu débarquer une jolie brochette de chefs étoilés, bien décidés à transformer la scène gastronomique dubaïote) ou une autre, près de la cuisine ouverte. On finit par trancher : ce sera la fenêtre. Ce qui nous privera du plaisir d’observer d’un peu plus près le travail de la jeune brigade à qui Anne-Sophie Pic (dont le QG reste sa table tri-étoilée de Valence) a confié les rênes de sa deuxième Dame de Pic.

Un décor blanc et or

Si on regrette de rater une partie de la chorégraphie qui s’opère en cuisine, on ne perd en revanche pas une miette du décor. Lors de notre interview de la cheffe il y a quelques mois, nous avions compris qu’elle accordait une importance toute particulière à l’aménagement de ses restaurants. Fidèle au blanc, sa couleur fétiche, elle a cette fois imaginé un écrin blanc et or, rehaussé de clins d’œil évocateurs de l’univers du bijou. Tout est arrondi, organique et frais. Un cadre plus glam’ que celui de la Dame de Pic de Paris. En même temps, c’est logique : on est à Dubaï. La jeune équipe qui orchestre le restaurant (tout jeune, mais déjà étoilé) compose des assiettes étincelantes, en phase avec la finesse et l’esprit taquin d’une cheffe, passée maître dans l’art de combiner subtilement fraîcheur, gourmandise et élégance.

Jamais sans mon berlingot

Pendant qu’on hésite sur l’entrée, une jeune cliente vêtue d’une robe longue en tulle et volants (griffée, on s’en doute) fait son entrée. Accompagnée d’une copine, elle dînera vite et… archi-léger, mais en partant, elle a évidemment multiplié les selfies sous les jolis luminaires du restaurant. Aux autres tables : des groupes d’amis ou des relations d’affaires à l’allure plus classique, réunis pour savourer les mets de cette table qui, actuellement, est considérée comme l’une des meilleures de la ville. Nous, évidemment, on ne se contente pas de picorer. On mise sur un trois services qui, grâce aux mises en bouche et aux petites douceurs servies avec le café, se transforme en cinq. En entrée, on commande les Berlingots, le plat signature de la cheffe : un hommage aux friandises de son enfance qu’elle décline en fonction des saisons.

Côté vins, la pertinence des choix de la jeune sommelière argentine nous rappelle qu’en termes de breuvages, la cheffe sait s’entourer de talents féminins. Pour accompagner les assiettes sublimées par de jolis dressages végétaux, elle nous propose des pépites insolites et nature, qui décoincent l’esprit « resto gastronomique ». En plat, on a testé le Wild John Dory (ou Saint-Pierre), un poisson australien au nom sexy, cuit sur la braise. Et comme nous, on ne devait pas rentrer le ventre dans notre robe non griffée, on a succombé à la dernière tentation de la soirée : un incroyable baba aux faux airs de hula-hoop qui venait tout juste de faire son entrée à la carte.

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