La Belgique dans l’assiette
Derrière Boemvol, on retrouve le duo Maxime Grell et Ludovic Chevalier, deux fondus de belgitude qui signent ici le premier projet de leur jeune groupe Nonante Folies. Leur mission ? Offrir des lieux chaleureux qui fleurent bon la bière pression, les croquettes frites et le pain au boudin. Bref, qui transpirent la culture culinaire du Plat-Pays sans tomber dans la caricature.
On reste à Bruxelles pour découvrir en vidéo notre visite à la Taverne de Zhao, une nouvelle adresse spécialisée dans les nouilles géantes :
Boemvol — clin d’œil au mot néerlandais « bomvol », qui signifie « bondé », « plein à craquer » — s’étale sur 500m² au 25 rue Henri Maus. L’intérieur, signé par l’architecte Zazie Maquet, joue la carte d’un modernisme confortable : grande salle lumineuse, mobilier bois et métal, comptoir accueillant, codes bistrot revisités, et une terrasse où se croise une foule étonnamment hétérogène. Entre avocats en pause midi, touristes heureux d’échapper à une énième carbonnade tiède, et locaux curieux de redécouvrir leur propre centre-ville.

Ce qu’on aime manger
Côté carte, rien de prétentieux, et c’est bien le principe. On commence avec un duo de croquettes (crevettes et Vieux Brugge, 18€) et une assiette de crevettes grises de la Mer du Nord (8€) qu’on picore avec les doigts, entre deux bouchées de pain trempé dans une huile à l’ail confit. C’est brut, salin, jouissif.
En plat, on a suivi les conseils du serveur, qui nous raconte avec sincérité cette recette qui lui rappelle les dimanches chez son grand-père. Résultat : un coucou de Malines à la moutarde de Gand (21€) avec une peau dorée et croustillante et une chair fondante, déposée sur une purée beurrée. L’américain préparé (20€) fait le job lui aussi. Pas de twist inutile, juste ce qu’on attend. Accompagné de fritjes fraîches bien sûr !

Pas une claque, mais un pari réussi
Boemvol ne vous bouleversera pas. Ce n’est pas le but. Ce qu’il propose, c’est autre chose : un retour à une cuisine qui fait du bien, à des prix franchement honnêtes (surtout pour une adresse à deux pas du Sablon). On vient y chercher ce qu’on attendait. Et on le trouve. Une loyauté culinaire assez rare pour être soulignée.
Dans un monde où la food est devenue une mise en scène permanente, où chaque resto se pense galerie d’art conceptuelle, où chaque plat s’affiche sur Instagram avant d’être goûté, Boemvol arrive avec la fraîcheur de ceux qui n’ont rien à prouver. On s’y sent bien. On y mange bien. Et surtout, on y reviendra.

Ne manquez plus aucune actualité lifestyle sur sosoir.lesoir.be et abonnez-vous dès maintenant à nos newsletters thématiques en cliquant ici.
Sur le même sujet














