
Ce lundi 3 novembre 2025, sous les plafonds de Brussels Expo, les flashs crépitent, les tabliers sont repassés, et l’air sent la fierté et le beurre noisette. Devant plus de 2 000 chefs, journalistes et partenaires, le guide Gault&Millau Benelux a dévoilé sa 23ᵉ édition et surtout son verdict : le Chef de l’Année 2026 s’appelle Karen Torosyan, du restaurant Bozar** à Bruxelles.
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Une « quête obsessionnelle de perfection »
La rédaction du guide ne mâche pas ses mots : « Année après année, Karen Torosyan s’est imposé comme l’un des grands artisans du goût, guidé par une quête obsessionnelle de perfection, dans le geste comme dans l’assiette ». Le guide ajoute à cela : « De la plonge de ses débuts à la consécration d’aujourd’hui, chaque étape de son parcours témoigne d’une détermination rare. Ses distinctions et sa note croissante le prouvent : pas moins de trois awards jalonnent l’ascension de cette maison. À Bozar Restaurant, table culte, il magnifie les classiques avec un sens du détail quasi horloger et démontre, dans de nombreux plats, une maîtrise technique au service d’une cuisine profondément humaine : une cuisine qui raconte le travail, la passion et l’amour du produit. »
De l’Arménie à la Belgique
Une reconnaissance méritée pour ce chef d’origine arménienne, arrivé en Belgique à 18 ans, tombé amoureux de Bruxelles et de sa rigueur gourmande. À 21 ans, il fait ses premiers pas en gastronomie chez Jean-Pierre Bruneau, avant de passer au Chalet de la Forêt auprès de Pascal Devalkeneer.
En 2017, il décroche sa première étoile Michelin alors qu’il officie déjà au Bozar Brasserie. En 2018, il reprend la maison et la rebaptise Bozar Restaurant. Cinq ans plus tard, la récompense tombe : deux étoiles Michelin pour cette table installée dans le Palais des Beaux-Arts de Bruxelles.
Du pâté en croûte au panthéon
Dans l’univers parfois conceptuel de la haute gastronomie, Karen Torosyan fait figure de contre-courant. Son obsession ? La technique et la tradition. C’est lui, souvenez-vous, qui avait remporté en 2015 le titre de champion du monde du pâté en croûte, avec une recette digne d’un orfèvre : échine et poitrine de cochon, magret et foie gras de canard, pistaches, poivre vert thaïlandais et gelée de consommé au porto rouge.
Dix ans plus tard, il en reste le maître incontesté — celui qui a remis à la mode cette pièce oubliée, au point d’en faire un art. Mais Torosyan n’est pas un chef de musée. Derrière la perfection du geste, il y a une cuisine humaine et sincère, où chaque plat - du pithiviers au lièvre à la royale, en passant par son koulibiak feuilleté au saumon - raconte une histoire de travail et de transmission.
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