
Marie Corthouts (ou Mama Lova pour ceux et celles qui, bien avant son arrivée au Bistrot Mentin, étaient déjà sous le charme de sa cuisine) aurait pu rester nomade. Son job aurait alors consisté à régaler ses convives d’un soir à coups de petits plats en apparence simples, mais, à y goûter de plus près, assaisonnés d’un « je-ne-sais-quoi » d’engagé.
Biberonnée à la consommation raisonnée et à la création de petits plats à haut potentiel culturel (comprenez : saupoudrés d’épices ou d’influences ramenées de voyages ou d’une escapade culturelle, quelle qu’elle soit), cette cuisinière autodidacte s’est pourtant installée dans l’un des bistrots les plus charmants de la Cité Ardente. Si personne ne vous l’a expliqué, vous ne pourriez pas deviner que ce petit café, planqué à l’ombre de la Collégiale Saint-Denis, a été créé de toutes pièces par les propriétaires du bâtiment. Ramenés directement d’Italie, le comptoir et certains éléments du décor ont pourtant été rachetés à une tenancière de café qui s’apprêtait à fermer boutique. En témoigne : son portrait qui trône à droite du bar.

Ardoise rock’n’roll
Compte tenu du caractère exigu de l’endroit, Marie Corthouts propose une cuisine typiquement de bistrot. Chaque midi, les propositions de l’ardoise font la part belle aux plats chauds ou froids, qu’on avale sur un coin de table, au comptoir ou sur la super-terrasse dès que le printemps se rappelle à notre bon souvenir. Passionnée de vins nature, la cheffe au look faussement cool (ses vêtements de designers belges ou trouvés en friperie sont au diapason de sa cuisine) distille ses conseils et ses bonnes bouteilles avec décontraction.
Proche de certains vignerons, elle aime associer ses plats à des vins outsider, comme ceux des Vins Pentus, un domaine viticole orchestré par deux Liégeois sur les coteaux de la Moselle. Les habitués déboulent au Bistrot Mentin pour un « sandwich qui change du sandwich ». Comprenez : avec du potiron pour twister une mozza hivernale ou sa version bien sourcée du jambon-beurre traditionnel. Les fans de bonne soupe savent qu’il y en a toujours une à la carte ; préparée avec des légumes d’ici, surtout si la cheffe a perçu l’urgence de les sauver avant qu’ils flétrissent.

Et le soir
Depuis quelques semaines, boostées par le succès de sa cuisine inspirante et raisonnée, Marie Corthouts et sa complice Célia ont troqué l’ardoise du soir contre une vraie carte. Du mardi au vendredi, on peut donc prolonger le plaisir en explorant d’autres facettes de l’univers du duo.
Si vous aimez être bien installés, venez tôt. Sinon, faufilez-vous entre les habitués et laissez le charme agir. D’un soir à l’autre, l’ambiance change. Le mardi, les huîtres sont souvent de la partie. Le jeudi, il n’est pas rare qu’un DJ vienne ambiancer le bistrot. Pour le reste, le mieux est de laisser faire l’artiste. Elle seule sait comment revisiter un carpaccio de Saint-Jacques avec de mini-bébés kiwis cultivés à Liège par un ami. Ses œufs mayo sont devenus légendaires, tout comme ses recettes de pâtes, clins d’œil à sa passion pour l’Italie.
Quand Marie n’est pas dans son resto, c’est d’ailleurs peut-être là-bas qu’elle se ressource… ou alors, elle cuisine chez ses copains. Les gars du bar Le Cappuccino, entre autres. Nomade un jour, nomade toujours. On ne se refait pas.
En pratique
11 rue Sainte Aldegonde, 4000 Liège
Ouvert le mardi, mercredi, jeudi et vendredi de 12h à 15h et de 18h à 22h. Le samedi de 12h à 15 h.
Découvrez en images Yamas, le resto où manger à la façon des «tavernas» de Paros à Liège :
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