
Après plusieurs semaines de rideau tiré, la friterie de la place Saint-Josse s’apprête à rallumer ses cuves. Et pour celles et ceux qui craignaient de voir débarquer un comptoir à frites premium façon néo-fritkot, soufflez, car c’est Zoila Palma Altamirano qui rempile. Voici ce qu’il faut savoir sur ce dossier qui a tenu le quartier en haleine.
Tout a commencé par une fin de contrat banale. En tant qu’espace public appartenant à la commune, le fritkot fonctionne par concession domaniale. Le bail arrivant à échéance fin 2025, la commune a dû légalement relancer un appel à candidatures.
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Gardienne du temple
Et le cahier des charges ne laissait aucune place à l’impro. Pour avoir le droit de squatter le pavé face à l’église, il fallait montrer les muscles et surtout montrer patte blanche sur le produit.
D’abord, des Bintjes du Payottenland fraîches et entières (épluchées et coupées sur place). Ensuite, une cuisson traditionnelle à la graisse de bœuf. Puis des sauces majoritairement artisanales. Sur les six candidats en lice, c’est Madame Palma qui a raflé la mise avec le meilleur score, prouvant que son expérience de terrain valait mieux que n’importe quel business plan léché.
Le QG est de retour
Si le lieu est sacré, c’est qu’il porte un héritage qui remonte à 1931. Pour la petite histoire, la baraque a longtemps été tenue par Martin Apers, figure locale qui y a bossé dès 1964 avant de prendre officiellement les rênes en 1970. Quand il a pris sa retraite en 2010 à 70 ans, c’est tout un quartier qui était en deuil. Madame Palma n’a donc pas seulement repris un snack, elle a hérité d’un pan entier du folklore bruxellois.
En la reconduisant pour les cinq prochaines années, la commune choisit la stabilité. Comme le souligne le bourgmestre Emir Kir, Palma est devenue « l’âme de ce lieu ». C’est elle qui assure la survie du cornet à l’ancienne, avec des frites à l’équilibre parfait : entre croquant et fondant.
Ce qui change (ou pas)
Ne vous attendez donc pas à une révolution, et c’est tant mieux. Les horaires devraient rester fidèles à l’habitude (environ 11h30-14h et 17h-21h30), avec ce service « à la cool » qui fait que l’on vient ici autant pour manger que pour avoir la patate.
La réouverture est imminente. Pour les puristes, c’est la victoire du savoir-faire sur les concepts calibrés. Madame Palma reprend les commandes, les Bintjes sont en place, et Saint-Josse retrouve son QG.
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