On a testé Tanto, le service de livraison bruxellois qui vous évite de passer votre dimanche en cuisine - Que vaut le nouveau service de livraison bruxellois ? - Camille Vernin

On a testé Tanto, le service de livraison bruxellois qui vous évite de passer votre dimanche en cuisine

Entre la déprime des barquettes du supermarché et la ruine des applis de livraison, il manquait un compromis décent pour les urbains débordés. Avec ses plats de chefs mijotés à Auderghem, Tanto réussit à nous faire manger sain, local et régressif sans toucher une casserole
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Tanto.

Il est 20h14. Vous venez d’enchaîner neuf heures de bureau, une séance de running, une douche à la va-vite, et votre panier à linge sale déborde. Votre cerveau réclame des nutriments, votre estomac crie famine. Les options habituelles ? S’endetter pour un poke bowl ou capituler devant un plat de pâtes citron-parmesan. C’est dans cet interstice que s’engouffre le service de livraison bruxellois Tanto.

Derrière ce projet, un tandem d’anciens étudiants de Solvay, Thomas et Javier. Pour éviter le burn-out culinaire qu’ils sentaient poindre chez eux, les deux complices ont eu la bonne idée de débaucher deux chefs passés par La Villa Lorraine, Jonathan et Brice.

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Huit plats par semaine

Le concept ? Une cuisine basée à Auderghem, d’où sortent chaque semaine huit recettes, pas une de plus. Et à l’heure du scroll compulsif, c’est exactement tout ce qu’on demande. Tout est cuisiné le samedi à partir de produits belges dégotés en circuit court (à moins de 100 km de la capitale) : porc Duroc d’Olives, bœuf de la ferme des Limousins, légumes et féculents de la coopérative Terroirist. Comme les deux chefs sont bouchers de formation, la viande arrive entière et se découpe sur place, la pâte de curry est pilée à la main et les aubergines sont gorgées de sel avant d’être rôties.

Côté logistique, on commande sur leur site jusqu’au mercredi minuit, et le colis déboule le dimanche après-midi ou le lundi soir, couvrant désormais les 19 communes bruxelloises (ainsi que Rhode-Saint-Genèse). Dans le carton ? Des barquettes Sofitray qui réduisent drastiquement le plastique et un SMS prévenant de l’arrivée du livreur.

Régressif en bouche, exemplaire sur l’étiquette

Place à la dégustation. Rien qu’au visuel et à l’odeur, il faut bien le reconnaître : on est déjà à mille lieues des plats tout faits de supermarché. Et au goût, la promesse est tenue : c’est fin, les cuissons sont parfaites, et l’ensemble tient remarquablement bien à la réchauffe (que ce soit au micro-ondes ou au four). C’est d’une simplicité confondante pour un résultat qui vaut vraiment le détour. Le vrai coup de force ? Proposer des recettes régressives tout en restant parfaitement saines. La portion est idéalement calibrée (500 grammes pile), tout comme l’équilibre nutritionnel (moins de 800 calories, 30 à 50 grammes de protéines). Surtout, aucun ingrédient obscur ne vient entacher l’étiquette – ni stabilisants, ni correcteurs d’acidité, ni amidons modifiés. Tout est fait maison.

Des repas sains, donc, mais sans rien d’ascétique pour autant. La carte navigue plutôt au milieu des grands classiques régressifs de chez nous, mais retravaillés en version légère. À l’ardoise cette semaine-là ? Hachis Parmentier, chili con carne, curry rouge thaï au poulet, pois chiches et légumes au lait de coco et boulgour, vol-au-vent, farfalles crémeuses au jambon et petits pois, rigatoni à la crème de butternut et épinards, boulettes-purée et haricots verts.

Le massage du mardi soir

L’autre grosse cartouche de Tanto, c’est la conservation. Conditionnés hermétiquement sans jamais passer par la case surgélation, les plats se gardent facilement 7 à 10 jours au réfrigérateur. En cas de soirée improvisée le mardi soir, zéro gaspi : la barquette attend sagement le lendemain. Cerise sur le gâteau : aucun abonnement n’est requis. Et bonne nouvelle pour les actifs, Tanto accepte les chèques-repas directement en ligne.

Côté addition : comptez 11 € l’assiette pour un pack de 4, et 10 € dès qu’on passe la barre des 8 (avec 25 € d’amorce étalés sur les trois premières commandes). L’idée fait mouche parce qu’elle remet l’église au milieu du village : bien manger, local, et sans triche. Alors oui, cela a un prix. On ne va pas vous vendre ça comme votre nouveau mode de vie à plein temps – sauf si votre compte en banque roule sur l’or, auquel cas foncez –, mais plutôt comme un joker à dégainer durant les grosses périodes de rush, ou tout simplement lorsque vous avez envie de vous offrir ce petit luxe, à la manière d’un bon massage. C’est l’option idéale pour les célibataires ou les couples, même si le concept perd évidemment de son attrait financier lorsqu’il s’adresse à une famille de quatre personnes. Et entre nous, ça ressemble aussi au cadeau parfait à faire livrer à un ami sous l’eau.

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