Comment faire de son stress un allié ?

Nombreux sont ceux qui souffrent de stress, d’angoisse et de découragement devant la somme de choses à accomplir. Patrick Collignon, coach et auteur, nous explique comment utiliser ce sentiment parfois destructeur pour mieux avancer.

PAR GILDA BENJAMIN. PHOTOS D.R. |

C'était bien les vacances : pas d’horaire, des journées détendues, un rythme adapté sur nos moindres envies. Mais là, c’est reparti pour une course effrénée et autres tracas du quotidien. Et si on transformait nos bouffées oppressantes en bonne énergie ? Patrick Collignon, auteur de Merci mon stress ! Faire de ses tensions ses meilleures alliées (Éditions Eyrolles) a relevé le défi.

Est-il primordial de spécifier que le stress est une manifestation physique du corps ?
" Il s’agit en effet d’une des clés majeures de compréhension du stress, qui représente tout un bouleversement hormonal nous amenant à des réactions stéréotypées. En état de stress, on se retrouve tel une mangouste défendant sa vie face à un cobra ! La réaction de stress se situe à la base du tronc cérébral, directement en rapport avec les organes moteurs. Donc on agit mais on ne réfléchit pas, ce qui peut s’avérer problématique si on ne fait pas gaffe aux signaux d’apparition du stress."

Le stress peut entraîner une succession de maux : courbatures, céphalées... L’apprivoiser, c’est aussi se montrer à l’écoute de son corps ?
"Nous vivons dans une société où on ne préconise plus l’écoute de soi, mais plutôt la performance. Du coup, nous n’entendons pas les messages que notre corps nous envoie. On a d’ailleurs tellement peur de flancher qu’on en rajoute une dose en se répétant « Non, je ne vais pas craquer ». L’important est donc de repérer les signaux annonciateurs. Lors de mes coachings, je rencontre de nombreuses personnes qui ne se rendent pas compte qu’elles sont stressées. Elles viennent pour gérer leur colère ou à cause d’une accumulation de choses négatives, c’est assez révélateur... Pour gérer son stress, il faut réapprendre à s’écouter, à se respecter."

Comment distinguer le stress de la peur, la panique ou l’angoisse ?
" Le stress est une réaction qui dure le moment suffisant pour faire disparaître une menace. Par contre, l’anxiété et l’angoisse s’installent vraiment dans la durée et sont alimentées par la pensée. Le stress serait le dénominateur commun face aux difficultés rencontrées dans notre vie ou notre développement personnel. Quelqu’un qui n’a pas confiance en lui va stresser dans certaines situations qu’il se sent incapable d’affronter : faire un exposé, réussir une tâche nouvelle, passer un examen... C’est la peur de l’échec. Quand le stress s’installe, difficile de l’ignorer. Mais reconnaître les symptômes permet d’éviter qu’il nous bouffe plein d’énergie ou nous pousse à faire ou dire des choses regrettables."

Quel a été votre cheminement personnel pour aboutir à ce livre ?
"J’ai une formation de logopède et j’ai écrit une trentaine de livres sur l’informatique. Cela m’a permis d’acquérir des techniques de vulgarisation et de rentrer dans le monde de l’édition. Mais j’ai toujours été intéressé par l’humain. J’ai eu un déclic quand ma femme m’a quitté alors que nous avions un enfant d’un an et demi. Je me suis pris une fameuse claque. J’ai choisi de travailler sur moi et de retrouver l’espoir. Même dans une situation très compliquée, il y a moyen de faire un choix quant au chemin qu’on désire prendre. Je me devais d’aller bien, principalement pour ma fille. J’ai été engagé par l’ICHEC dans le cadre d’un projet pour aider les enfants à développer leur esprit d’entreprendre. Je pouvais enfin aider les gens à se réaliser, à bouger... J’ai été amené, par la suite, à écrire des livres sur le développement personnel. Cela s’est fait naturellement."

Il existe des périodes plus propices au stress, comme la rentrée. Comment y faire face ?
"Le stress peut nous aider à prendre conscience que ce que nous faisons va à l’encontre de nos souhaits. La pression du temps est énorme lors de la rentrée. Or, notre nature profonde n’est pas prévue pour qu’on se presse sans arrêt. Nos ancêtres avaient l’habitude de se lever et de se coucher avec le soleil, de vivre au rythme des saisons. La fin des vacances peut donc s’avérer déprimante,avec l’obligation d’adopter un autre rythme que celui qui nous semblait plus naturel. Ce qu’il faut se rappeler c’est qu’aucune situation n’est stressante en soi, c’est juste moi qui peux être stressé par elle."

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