La "solomoon" ou quand partir seul en voyage de noces est tendance

Que ce soit avant ou après le mariage, de plus en plus de couples décident de partir en voyage chacun de leur côté. On appelle cela les « solomoons », « unimoons », ce qui veut grosso modo dire « lune de miel en solo ». Décryptage de cette tendance dont le nombre d’adeptes ne cesse de croître à travers le monde.

Par Florence Frans. Photo : Pexel |

À l’heure où le mariage retrouve ses lettres de noblesse auprès d’une partie de la population, il est d’usage de partir en voyage de noces aux petites heures de la nuit (ou du matin), de préférence sur une île paradisiaque où un pseudo photographe vous attend sur une plage de sable fin afin de capturer un des premiers  « merveilleux » moments de votre fraîche union, que ce soit main dans la main et la bouche en cœur, en jouant une partie de cache-cache fictive ou en montrant fièrement votre anneau qui vous unira pour (toute) la vie. Mais un nouveau phénomène remettant tout cela en question émerge : le fait de partir en voyage de noces oui… mais seul !

#Solomoon, c’est quoi ?

Pour faire court et pour que votre grand-mère puisse tout comprendre, cela consiste à se marier, ou être sur le point de le faire, mais de prendre du temps pour soi à la place de le faire en duo. Le but étant de se raconter les expériences vécues chacun de son côté ensuite, et si possible en les partageant aussi sur Instagram sous le hashtag éponyme.

Simple. Mais peu compréhensible si l’on s’en réfère à notre conception traditionnelle du couple et de la famille. Pour la majorité des gens, l’amour, ça se vit encore à deux, ça se montre à deux, ça se mange à deux, ça se voyage à deux, ça s’Instagram même à deux, dans l’idéal ! Alors, pourquoi s’infliger cela… ?

Évolution des mœurs

Parce qu’un autre mouvement philosophique se met en place, un nouveau diktat du bien-être fait parler de lui. Celui-ci est censé aider à accéder au bien-être et à l’équilibre personnel : l’introspection. Aujourd’hui, plus que jamais, le développement personnel est devenu la nouvelle religion des gens en mal de vivre. Et pour cause, la méditation, la reprise d’études et autres disciplines de ce genre ont montré leur efficacité en la matière. Ceci sans doute en réponse à toute la pression que les millennials et les gens au bord du burn-out ressentent, cherchant à alléger leur existence ou à (re)donner un peu de sens à leur vie.

Cette gloire à soi, ce besoin de retrouver des rapports harmonieux entre le corps et l’esprit, cette soif d’indépendance… ne serait-ce pas une dérive de notre société pétrie de rentabilité, ou encore de l’usage des réseaux sociaux qui engendrerait le culte de l’hédonisme (à partager autant que possible sur les différentes plateformes de réseaux sociaux), voire de l’égoïsme ? Pourquoi ne pas vouloir partager ce paquet d’émotions, d’images et d’expériences avec l’être qui nous est le plus intime après nous (en principe) ? Une des réponses nous est fournie par Annie Daly, journaliste américaine ayant tenté l’expérience de la solomoon : «… il s’agissait de prendre du temps pour faire des choses inutiles, sans devoir me justifier auprès de personne (…) et surtout pour réfléchir à ce que sont mes valeurs fondamentales… ». Cela rejoint en effet le postulat de base de nombreux courants de pensée qui est que le bonheur vient d’abord de soi avant de venir des autres.

Ou serait-ce peut-être à cause de ce besoin de voyager à tout prix, de parcourir le monde dans sa globalité, de gober les miles comme si c’étaient une poignée de foulées entre deux pâtés de maisons, d’aller à la rencontre d’autres sociétés pour assouvir une cruelle, mais tellement enrichissante curiosité ? Ou encore parce que beau nombre d’amoureux se marient sur le tard alors qu’ils ont quelques années de vie commune derrière eux. Ils saisissent l’occasion de leur prestation de serments mutuels pour s’offrir quelques précieux instants en tête à tête avec eux-mêmes avant de replonger dans une relation binaire que l’on espère longue et heureuse pour eux ? 

Aussi, d’autres y verront simplement le fait de se témoigner leur confiance mutuelle et la puissance de leur amour dans l’épreuve de la séparation. 

Là où quelques experts montent au créneau pour défendre mordicus la nécessité des lunes de miel à deux afin d’asseoir la relation, d’autres pointent du doigt les rythmes effrénés de nos vies qui ne sont plus en adéquation avec les emplois du temps de chacun et la réalité professionnelle. Ce serait donc une des nombreuses évolutions que notre société, plus que jamais en transition, ait à subir, ou à vivre.

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